Six Français sur dix partiront en vacances cet été, mais dans des conditions de plus en plus contraintes. Entre la canicule qui chasse des destinations traditionnelles et l'inflation qui grignote les budgets, les Français bricolent. La vraie question, celle que personne ne pose, c'est : pourquoi sont-ils aussi à court ?
47%
C'est la part des prélèvements obligatoires dans le PIB français en 2025, record quasi-absolu parmi les grandes économies développées.
Les Français se serrent la ceinture, et c'est l'État qui tient la boucle
Les Français adaptent leurs vacances. Ils troquent la Toscane pour l'Ardèche, le club de bord de mer pour le camping municipal, le restaurant étoilé pour le pique-nique familial. On nous présente cela comme une forme de résilience, presque une vertu. Je veux bien. Mais soyons honnêtes : ce n'est pas la canicule qui a appauvri les ménages français. C'est une fiscalité devenue proprement confiscatoire.
Avec 47% de prélèvements obligatoires rapportés au PIB, la France bat des records. Un salarié au salaire médian — autour de 2 000 euros nets par mois — a vu son pouvoir d'achat stagner, voire reculer en termes réels depuis 2020. Les charges sur les salaires restent parmi les plus lourdes d'Europe. Résultat : les entreprises hésitent à augmenter, et les salariés ne récupèrent jamais vraiment les fruits de leur travail. En Suisse, un travailleur comparable conserve 20 à 25% de revenus disponibles en plus. Vingt à vingt-cinq pour cent. C'est une semaine de vacances supplémentaire, un resto par mois, une épargne qui existe vraiment.
L'État dépense, les Français se privent
Force est de constater une mécanique implacable : pendant que les Français rationalisent leurs dépenses estivales, l'État, lui, ne se prive de rien. La dépense publique française dépasse 57% du PIB. Aucune autre grande économie développée ne fait pire. L'Allemagne est à 49%, les Pays-Bas à 46%. Ces pays ne sont pourtant pas des déserts de services publics. Ils ont simplement fait le choix de dépenser moins, mieux, avec davantage d'efficacité.
Je ne dis pas que l'État ne doit rien faire. Je dis que dépenser toujours plus en obtenant toujours moins est une faute économique grave. Et cette faute, ce sont les ménages qui la paient, directement dans leur portefeuille, et indirectement dans leurs arbitrages de vie. Vacances raccourcies, destinations revues à la baisse, loisirs sacrifiés : voilà le vrai impôt caché que personne n'affiche sur une feuille de paie.
Les chefs d'entreprise, eux, connaissent cette réalité mieux que quiconque. Chaque euro de cotisation supplémentaire, chaque taxe additionnelle, c'est un euro en moins pour embaucher, investir ou augmenter. La compétitivité ne se décrète pas dans un discours : elle se construit centime par centime, dans des choix budgétaires que la France refuse depuis vingt ans de faire.
Et si on osait enfin la question qui fâche ?
Le vrai débat de cet été n'est pas de savoir si les Français préfèrent la Bretagne à la Sicile. Il est de savoir combien de temps encore nous accepterons qu'une machine étatique obèse confisque une part toujours plus grande de ce que nous gagnons, au nom d'un modèle social que plus personne n'ose remettre en question sérieusement.
Des millions de Français passeront leurs congés à compter leurs euros. Pendant ce temps, les dépenses publiques, elles, ne prennent pas de vacances. Ce n'est pas une fatalité. C'est un choix politique. Et un choix que nous pouvons, collectivement, décider de changer — à condition d'en avoir le courage.

