Plus de la moitié des Français ont déjà renoncé à un achat à cause d’une pression promotionnelle excessive, selon une étude menée en juin 2026. Les soldes perdent leur pouvoir de déclenchement : 37,8 % des consommateurs affirment qu’aucune période promotionnelle n’influence particulièrement leurs décisions. Cette saturation s’accompagne d’une crise de confiance : 85,4 % doutent de la sincérité des prix affichés hors promotion.
Les promotions permanentes saturent les consommateurs

La saturation promotionnelle produit l'effet inverse
Les soldes d'été touchent à leur fin. Derrière les vitrines tapissées de pourcentages de réduction et les campagnes marketing omniprésentes, une réalité s'impose : les consommateurs ne mordent plus à l'hameçon. L'Observatoire Notify de la relation client, publié en juillet 2026, révèle que 52,8 % des Français ont déjà renoncé à un achat à cause d'une communication promotionnelle jugée trop insistante. Autrement dit, ce qui devait déclencher l'achat finit par le tuer.
Le paradoxe est saisissant. Les marques multiplient les remises, élargissent les périodes de soldes, inventent de nouveaux rendez-vous commerciaux (Black Friday, French Days, ventes privées), et pourtant le consommateur se détourne. Pourquoi ? Parce que 41,4 % des Français estiment que les promotions sont désormais permanentes, auxquels s'ajoutent 32,9 % qui les jugent « en partie » permanentes. Lorsque tout est en promotion tout le temps, plus rien ne l'est vraiment.
Les soldes ne font plus recette
Interrogés sur la période promotionnelle qui influence le plus leurs achats, 37,8 % des consommateurs répondent : « Aucune en particulier. » Ce chiffre mérite qu'on s'y arrête. Il signifie que plus d'un tiers des Français ne cale plus ses décisions d'achat sur le calendrier commercial. Les soldes d'hiver ou d'été n'arrivent qu'en deuxième position (22,6 %), devant le Black Friday (15,5 %), les fêtes de fin d'année (13,8 %) et les ventes privées (10,3 %).
Le système s'enraye. Les périodes promotionnelles, censées créer de l'urgence et du désir, perdent leur pouvoir de déclenchement. Plus encore : 52,1 % des consommateurs déclarent acheter moins et faire davantage attention pendant ces périodes, tandis que 13,5 % affirment les éviter complètement. Le calcul rationnel reprend le dessus. Face à l'inflation des remises, le consommateur devient méfiant, compare, attend, ou simplement renonce.
Une crise de confiance installée
Reste que le problème ne se limite pas à une simple lassitude. Il s'agit d'une crise de confiance. L'étude Notify indique que 50,3 % des consommateurs estiment que les prix pratiqués hors promotion ne sont plus crédibles. Si l'on y ajoute ceux qui répondent « plutôt oui », on atteint 85,4 %. Autrement dit, l'immense majorité des Français doute désormais de la sincérité des prix affichés.
Le mécanisme est connu. Pour afficher des remises spectaculaires, certaines marques gonflent artificiellement leurs prix de référence. Le consommateur, qui n'est pas dupe, finit par considérer que le « prix barré » n'a jamais existé, et que la promotion n'est qu'un artifice marketing. La confiance, une fois perdue, ne se reconquiert pas facilement. Surtout lorsque 75,2 % des personnes interrogées estiment que les marques abusent des sollicitations promotionnelles au point de nuire à leur propre image.
Le retour du prix juste ?
Que faire face à cette saturation ? Continuer à arroser les boîtes mail de codes promo et les vitrines de stickers « -50 % » ? La logique économique impose une évidence : si les promotions permanentes tuent la confiance et n'augmentent plus les ventes, alors il faut revenir à une tarification plus stable, plus lisible, plus honnête. Le « prix juste », en somme, celui qui ne nécessite ni artifice ni période spéciale pour paraître acceptable.
Le message est clair : trop de promotions tue la promotion. Les marques qui persistent dans cette logique risquent non seulement de perdre en efficacité, mais aussi de détériorer durablement leur image. Le consommateur, saturé, reprend le contrôle. Il achète moins, mais mieux. Et il ne se laisse plus dicter ses décisions par un calendrier commercial devenu illisible.