Le chômage français devrait atteindre son niveau le plus élevé depuis sept ans, selon seize économistes interrogés ce lundi. Pendant ce temps, les patrons de TPE réclament toujours — toujours — des baisses de charges. Et le gouvernement, lui, songe à ponctionner à nouveau l'assurance-chômage pour boucher les trous du budget. Le cercle vicieux est complet.
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C'est le plus haut niveau de chômage que la France pourrait atteindre en 2026, selon le consensus de seize économistes interrogés par BFM Business.
Quand l'État joue aux pompiers pyromanes
Force est de constater que nous sommes passés maîtres dans l'art de soigner le mal par le mal. Le chômage monte, les entreprises peinent à embaucher ou à maintenir leurs effectifs, et quelle est la réponse de Bercy ? Piocher dans les caisses de l'Unédic — l'organisme qui indemnise précisément les chômeurs — pour financer le budget de l'État. Cherchez l'erreur.
Ce n'est pas une nouveauté, me direz-vous. C'est exact. Mais à force de répéter les mêmes erreurs, on finit par les normaliser. La ponction sur l'assurance-chômage est devenue un réflexe pavlovien de tout gouvernement en difficulté budgétaire. Résultat : l'Unédic s'endette, les cotisations des salariés et des employeurs partent ailleurs que là où elles devraient aller, et le système perd toute lisibilité. Je ne connais pas beaucoup de chefs d'entreprise qui accepteraient de gérer leur trésorerie de cette façon. Mais l'État, lui, peut se le permettre. Enfin, pour l'instant.
Le problème de fond est simple à énoncer, même s'il est difficile à résoudre : nous avons construit depuis quarante ans un modèle social généreux, financé par une fiscalité et des charges qui étranglent progressivement ceux qui créent de la richesse. La facture arrive. Et elle est salée.
Les TPE savent ce qu'il faudrait faire — mais personne ne les écoute
Le moral des patrons de TPE s'améliore un peu, apprend-on ce lundi. Soixante-trois pour cent d'entre eux se disent confiants pour le second semestre. C'est une bonne nouvelle, et il faut la saluer. Mais regardons ce qu'ils réclament en priorité : des baisses de charges. Pas des subventions. Pas des guichets d'aide supplémentaires. Pas de nouveaux dispositifs administratifs. Des baisses de charges.
C'est d'une clarté désarmante. Ces femmes et ces hommes, qui emploient en France des millions de salariés, ont compris une chose que nos technocrates peinent à admettre : quand le coût du travail est trop élevé, on embauche moins. Et quand on embauche moins, le chômage monte. La démonstration est là, sous nos yeux, confirmée chaque trimestre.
En Allemagne, aux Pays-Bas ou en Suisse, la compétitivité des petites entreprises est un sujet de politique publique sérieux, traité avec des actes concrets. En France, c'est un sujet de discours. On promet, on annonce, on lance des concertations. Et pendant ce temps, les TPE paient leurs charges, taisent leur découragement et attendent.
La vraie question : jusqu'où peut-on aller ?
Seize économistes estiment donc que le chômage français pourrait atteindre son point le plus haut depuis 2019. Sept années de progrès laborieux effacées. Volkswagen supprime potentiellement 100 000 postes en Europe. Capgemini et d'autres grands groupes sont sous pression. La conjoncture internationale se tend. Et nous, nous entrons dans tout cela avec 3 000 milliards de dette, un État obèse et une fiscalité record.
Je ne suis pas catastrophiste. Les entrepreneurs français sont résilients — ils l'ont prouvé mille fois. Mais la résilience a des limites. Et ce que je constate, c'est que l'État continue de ponctionner, de réglementer, de complexifier, au moment précis où il faudrait faire exactement le contraire.
La question n'est plus : peut-on se réformer ? La question est : combien de temps encore peut-on éviter de le faire ?

