Goldman Sachs prévoit que le pétrole Brent pourrait dépasser 120 dollars le baril d’ici fin 2026 si les perturbations du détroit d’Ormuz persistent. Un scénario qui ferait exploser l’inflation mondiale et amputer sévèrement le pouvoir d’achat des ménages français.
Pétrole : 120 dollars le baril ? Pas impossible pour Goldman Sachs

À 87,68 dollars le baril aujourd'hui, le Brent pourrait franchir la barre des 120 dollars d'ici fin 2026. Cette projection alarmiste émane de Goldman Sachs, qui détaille un scénario catastrophe lié aux perturbations prolongées du détroit d'Ormuz. Pour les ménages français comme pour l'économie mondiale, les conséquences d'une telle envolée seraient brutales. Entre inflation galopante et pouvoir d'achat amputé, personne ne sortirait indemne d'un choc pétrolier de cette ampleur.
L'avertissement de Goldman Sachs : un scénario crédible
La banque d'investissement américaine a publié une note d'analyse sans équivoque : si les perturbations actuelles du détroit d'Ormuz persistent et que la production du Golfe ne se rétablit que fin 2027, le Brent dépassera les 120 dollars au quatrième trimestre 2026. Ce seuil critique représente une hausse de 37% par rapport aux cours actuels. Goldman Sachs prévoit même un prix moyen de 100 dollars pour l'ensemble de l'année 2027 dans ce scénario dégradé. Le scénario de base, plus optimiste, table sur un retour à la normale fin juillet 2026, avec des prix redescendant à 80 dollars au quatrième trimestre et 75 dollars en 2027.
Quand le détroit d'Ormuz devient un goulot d'étranglement
Le détroit d'Ormuz gère environ 20% du pétrole mondial et des expéditions de gaz naturel liquéfié. Ce passage maritime stratégique, large de seulement 33 kilomètres à son point le plus étroit, constitue l'artère vitale des exportations pétrolières du Golfe Persique. Les tensions géopolitiques impliquant l'Iran, les États-Unis et les Houthis yéménites ont provoqué une chute dramatique des flux. Selon les données de Goldman Sachs, la production du Golfe a chuté à moins de 45% des niveaux d'avant-guerre. Les frappes de drones sur le terminal de Bassora en Irak, survenues récemment, ont suspendu les chargements de pétrole brut, aggravant encore la situation.
De 87 à 120 dollars : les conditions d'une envolée
Le Brent a déjà connu des sommets vertigineux en 2026, atteignant 126 dollars lors du pic de crise. Puis il a reflué jusqu'à 87,68 dollars actuellement. Cette volatilité illustre la nervosité des marchés face aux aléas géopolitiques. Les analystes de Goldman Sachs soulignent que « la dernière escalade au Moyen-Orient et la baisse estimée des flux du Golfe à moins de 45% des niveaux d'avant-guerre impliquent des risques haussiers nets » par rapport à leurs prévisions initiales. Pour que le baril atteigne 120 dollars, trois conditions doivent être réunies : la persistance des perturbations du détroit d'Ormuz au-delà de juillet, l'incapacité de l'OPEP+ à compenser les baisses de production, et le maintien d'inventaires mondiaux à des niveaux critiquement bas.
Quelles conséquences pour l'économie mondiale et les ménages ?
L'inflation énergétique, premier domino
Un baril à 120 dollars déclencherait une cascade inflationniste mondiale. Le pétrole irrigue toute l'économie : électricité, chauffage, carburants, plastiques, produits chimiques. Chaque hausse de 10 dollars du baril se traduit mécaniquement par une augmentation de 0,2 à 0,3 point de l'inflation globale dans les économies développées. Avec un bond de 32 dollars (de 88 à 120), l'inflation pourrait grimper de 0,6 à 1 point supplémentaire. Les banques centrales, qui tentent de maîtriser l'inflation depuis 2024, se retrouveraient face à un dilemme : augmenter les taux d'intérêt au risque de provoquer une récession, ou tolérer une inflation plus élevée. Les automobilistes français ont déjà subi la flambée des carburants, avec des prix dépassant les 2 euros le litre.
Transport maritime, logistique : des coûts qui explosent
Le transport maritime, qui achemine 90% du commerce mondial, fonctionne au fuel lourd. Une hausse du pétrole se répercute immédiatement sur les coûts de fret. Les compagnies aériennes, déjà fragilisées par les turbulences géopolitiques, verraient leur facture énergétique s'alourdir dramatiquement. Ryanair a récemment enregistré une chute de 34% de ses profits, illustrant la vulnérabilité du secteur. Les transporteurs routiers répercuteraient ces surcoûts sur les prix des marchandises. Résultat : les produits alimentaires, les biens de consommation et les matériaux de construction deviendraient plus onéreux. La logistique du dernier kilomètre, déjà sous pression, subirait un choc supplémentaire.
Les inventaires mondiaux ne joueront pas les amortisseurs
Pourquoi les réserves stratégiques sont à sec
Goldman Sachs tire la sonnette d'alarme sur l'état des stocks mondiaux. « Le tirage estimé des inventaires au deuxième trimestre, de plus de 3 millions de barils par jour, laisse le marché plus vulnérable qu'en février, compte tenu des faibles stocks de diesel des pays de l'OCDE et des réserves stratégiques de pétrole », préviennent les analystes de la banque. Les pays de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) ont puisé massivement dans leurs réserves stratégiques depuis 2024 pour stabiliser les cours. Les stocks de diesel, carburant crucial pour le transport routier et l'agriculture, atteignent des niveaux historiquement bas. Cette situation réduit drastiquement la capacité d'absorption des chocs d'approvisionnement. En cas de perturbations prolongées, aucun coussin ne viendrait amortir la hausse des prix
