Le chômage en France repart à la hausse au deuxième trimestre 2026 avec 3,323 millions de demandeurs d’emploi sans activité, soit une progression de 0,8%. Cette inversion de tendance après trois mois de baisse interroge la solidité de la reprise économique et révèle des fragilités structurelles, notamment chez les jeunes dont le taux progresse de 5,9% sur un an.
Chômage : encore une augmentation en France au deuxième trimestre 2026

Après une baisse de 1,2% au premier trimestre, le nombre de demandeurs d'emploi sans activité a rebondi de 0,8% au deuxième trimestre 2026, atteignant 3,323 millions de personnes. Cette inversion de tendance, publiée le 28 juillet par le Ministère du Travail et France Travail, soulève des interrogations sur la stabilité macroéconomique française et la solidité de la reprise amorcée en début d'année. Les chiffres officiels confirment que la dynamique positive observée entre janvier et mars n'était qu'une parenthèse.
3,323 millions de chômeurs : le chiffre qui remet en question les prévisions
Une inversion brutale après trois mois d'amélioration
Le premier trimestre avait suscité l'optimisme avec une baisse de 1,2% du chômage en catégorie A (demandeurs d'emploi sans aucune activité). Trois mois plus tard, la tendance s'inverse brutalement. La hausse de 0,8% enregistrée entre avril et juin représente environ 26 000 personnes supplémentaires inscrites à France Travail. Ce retournement intervient alors que le taux de chômage global avait atteint 8,1% au premier trimestre selon l'INSEE, soit son plus haut niveau en cinq ans. L'espoir d'une décrue durable s'éloigne, laissant place à des craintes d'une stagnation prolongée du marché du travail. Les économistes qui tablaient sur une amélioration continue doivent réviser leurs modèles de prévision.
Au-delà du chiffre brut : ce que révèlent les données corrigées
La lecture des statistiques brutes ne suffit pas. Corrigé des changements méthodologiques introduits en juin 2025 (inscription automatique des allocataires du RSA et modification des règles de radiation), le nombre de demandeurs d'emploi en catégorie A affiche en réalité une baisse de 0,2% au deuxième trimestre. Le Dauphiné souligne que cette distorsion provient principalement de l'intégration progressive d'allocataires du RSA dans les fichiers de France Travail, un phénomène administratif plutôt qu'une dégradation réelle du marché. Néanmoins, même corrigée, la baisse reste marginale et ne confirme pas la dynamique de reprise espérée.
Catégories B et C : la précarité de l'emploi à temps partiel s'aggrave
L'analyse s'assombrit davantage en élargissant le périmètre aux catégories B et C (demandeurs d'emploi exerçant une activité réduite). Le nombre total de demandeurs d'emploi toutes catégories confondues atteint désormais 5,801 millions de personnes, en hausse de 1,3% sur le trimestre. Cette progression, supérieure à celle de la catégorie A seule, signale une montée de la précarité. De plus en plus de personnes cumulent un emploi à temps partiel subi et une recherche active d'un poste stable. Cette situation fragilise le pouvoir d'achat des ménages concernés et pèse sur la consommation intérieure, moteur traditionnel de la croissance française. L'absence de revalorisation des allocations chômage au 1er juillet 2026 (la dernière remontait à juillet 2025 avec un maigre +0,5%) aggrave la pression financière sur les demandeurs d'emploi.
Implications pour la croissance économique et les politiques monétaires
Un marché du travail instable : risque de déflation salariale
La volatilité du chômage observée au premier semestre 2026 (baisse puis hausse) traduit une instabilité structurelle du marché du travail. Les données publiées par France Travail montrent que les secteurs traditionnellement pourvoyeurs d'emplois stables peinent à maintenir leurs effectifs. Cette fragilité alimente un risque de déflation salariale : face à la concurrence accrue pour les postes disponibles, les prétentions salariales des candidats diminuent, tandis que les entreprises exploitent ce rapport de force pour contenir leurs coûts salariaux. Ce phénomène, s'il se confirme, pourrait freiner la consommation des ménages et, par ricochet, ralentir la croissance économique française.
Les jeunes, premiers indicateurs d'une fragilité structurelle
La situation des jeunes constitue un signal d'alarme majeur. Leur taux de chômage en catégorie A progresse de 5,9% sur un an, une hausse bien supérieure à la moyenne nationale. En intégrant les catégories B et C, la progression atteint même 6,3%. Ces chiffres révèlent une difficulté persistante d'insertion professionnelle pour les nouveaux arrivants sur le marché du travail.
