BYD et Geely bannis ? L’industrie automobile US contre-attaque

L’Alliance for Automotive Innovation, regroupant les principaux acteurs de l’automobile américaine, exhorte le Congrès à interdire définitivement la vente, l’importation et la fabrication de véhicules connectés chinois avant janvier 2027. Cette offensive législative vise à contrer l’expansion mondiale des constructeurs chinois comme BYD et Geely, accusés de bénéficier de subventions massives et de menacer la sécurité nationale américaine.

Paolo Garoscio
By Paolo Garoscio Published on 4 septembre 2026 7h02
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BYD et Geely bannis ? L’industrie automobile US contre-attaque - © Economie Matin
0,9%Le chiffre d'affaires de General Motors a baissé de 0,9% sur un an au premier trimestre 2026.

L'industrie automobile américaine mobilisée contre la menace chinoise

Le secteur automobile américain s'oppose fermement à Pékin. Le 3 septembre 2026, l'Alliance for Automotive Innovation a envoyé une lettre aux dirigeants du Congrès, demandant une interdiction permanente de la vente, de l'importation et de la fabrication de véhicules connectés chinois aux États-Unis avant le 3 janvier. Cette initiative, soutenue par des géants comme General Motors, Ford, Toyota, Volkswagen, Hyundai, Honda et Stellantis, reflète l'inquiétude croissante face à l'expansion mondiale des constructeurs chinois.

John Bozzella, président de l'Alliance, a exprimé ses préoccupations : « Les constructeurs chinois inondent le marché mondial avec des véhicules subventionnés et connectés », a-t-il écrit, soulignant l'importance d'une législation fédérale immédiate pour contrer cette menace, bien qu'elle ne se soit pas encore concrétisée aux États-Unis.

Avec 11 millions d'emplois et 1 500 milliards de dollars en jeu chaque année, l'industrie automobile américaine voit cette concurrence comme un défi stratégique majeur, face à une Chine mobilisant subventions, pratiques commerciales déloyales et vol de propriété intellectuelle.

Une stratégie législative déjà en marche

Le Congrès travaille sur des lois visant à contrer l'influence chinoise. En juillet 2026, la commission du Commerce du Sénat a approuvé le Connected Vehicle Security Act (S. 4429), interdisant explicitement les véhicules connectés chinois. La Chambre des représentants a soumis une version similaire (H.R. 8730) par John Moolenaar et Debbie Dingell. En mai, la commission Énergie et Commerce a validé le Motor Vehicle Modernization Act (H.R. 7389), ciblant les « adversaires étrangers » comme la Chine.

Ces initiatives bénéficient d'un soutien bipartisan à Washington, l'Alliance saluant les efforts tout en réclamant un équilibre permettant à ses membres de prospérer.

BYD et Geely, symboles d'une expansion fulgurante

Les préoccupations américaines se basent sur la réalité géopolitique : BYD et Geely augmentent leurs exportations vers l'Europe, l'Australie et d'autres régions, captant des parts de marché grâce à des véhicules pouvant transmettre des données sensibles au Parti communiste chinois. La domination chinoise dans les véhicules électriques est soutenue par des subventions massives et le contrôle de la production mondiale de batteries, menaçant les écosystèmes industriels occidentaux fragilisés.

Pour les États-Unis, l'objectif chinois de réduire sa dépendance pétrolière tout en supplantant les nations dominantes en fabrication automobile est préoccupant. Les constructeurs de Detroit, déjà en difficulté, craignent que l'arrivée de concurrents chinois n'assèche leurs marchés. Volkswagen prévoit de supprimer 100 000 emplois d'ici 2030 dans un contexte de restructuration.

Des implications qui dépassent le cadre américain

L'Alliance regroupe aussi des groupes non américains, comme Mercedes-Benz, dont 20 % du capital est détenu par des investisseurs chinois, ce qui pourrait compromettre son accès au marché américain selon certains projets législatifs.

La situation révèle les intérêts industriels mondiaux imbriqués. L'Alliance insiste sur une politique « équilibrée » pour permettre à ses membres de prospérer aux États-Unis, tout en équilibrant protection nationale et relations commerciales stratégiques.

Les élections de mi-mandat en novembre 2026 pourraient changer la dynamique parlementaire, ralentissant l'adoption des mesures. John Bozzella appelle à agir avant le 3 janvier 2027, affirmant qu'une interdiction permanente enverrait un message bipartisan fort, répondant à la stratégie chinoise de domination mondiale dans la fabrication automobile.

La lettre au Congrès marque un tournant, l'industrie demandant l'interdiction des concurrents chinois au nom de la sécurité nationale et du maintien d'un secteur employant des millions de travailleurs américains. L'État continue de soutenir le secteur automobile par diverses mesures.

Les enjeux technologiques au cœur des préoccupations

La sécurité est un enjeu majeur : les véhicules connectés collectent des données sensibles, et la transmission éventuelle de celles-ci aux autorités chinoises inquiète les responsables américains. Les législations en discussion ciblent les logiciels et composants matériels des véhicules, cherchant à prévenir toute infiltration chinoise dans l'écosystème automobile américain.

L'urgence de la réaction s'explique par l'évolution rapide du marché mondial. Bien que les véhicules chinois soient encore rares aux États-Unis, leur expansion ailleurs est notable. L'industrie automobile américaine souhaite éviter de répéter les erreurs passées où la domination chinoise s'est imposée avant que des mesures efficaces soient prises. En agissant maintenant, l'industrie espère préserver son marché domestique face à une concurrence asymétrique.

Paolo Garoscio

Rédacteur en chef adjoint. Après son Master de Philosophie, il s'est tourné vers la communication et le journalisme. Il rejoint l'équipe d'EconomieMatin en 2013.   Suivez-le sur Twitter : @PaoloGaroscio

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