Amazon accusée de discrimination envers les femmes enceintes

Amazon fait face à un procès collectif de portée nationale déposé le 8 septembre 2026, accusant le géant de discriminer systématiquement ses employées enceintes. Quatre plaignantes représentent potentiellement des milliers de travailleuses licenciées après avoir demandé des aménagements légalement obligatoires.

Paolo Garoscio
By Paolo Garoscio Published on 9 septembre 2026 6h33
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Le futur site d’Ensisheim doit devenir l’un des plus grands centres logistiques d’Amazon en Europe par sa superficie. - © Economie Matin
77 MILLIARDS $En 2025, le bénéfice net d'Amazon a dépassé les 77 milliards de dollars.

Un procès collectif d'envergure nationale pourrait affecter la rentabilité d'Amazon. Déposée le 8 septembre 2026 devant la cour fédérale de New York, cette action accuse le géant de la logistique de pratiques discriminatoires systématiques envers ses employées enceintes, entraînant des conséquences financières pour elles et des risques juridiques pour l'entreprise. Quatre anciennes employées d'entrepôt représentent potentiellement des milliers de femmes touchées par ces pratiques.

Un procès potentiellement coûteux pour Amazon

L'association A Better Balance, spécialisée dans les droits des travailleurs, mène cette action en justice avec le cabinet Emery Celli Brinckerhoff Abady Ward & Maazel. La plainte s'appuie sur des violations alléguées de la Loi fédérale sur les droits des travailleurs enceintes et des lois de l'État de New York. D'après USA TODAY, environ 200 employées ont contacté la ligne d'assistance juridique d'A Better Balance en 2026, signalant des cas similaires à ceux décrits par les plaignantes.

Amazon affirme avoir approuvé 99,9% des demandes d'aménagement liées à la grossesse lors de l'année précédente. Cependant, les témoignages recueillis contrastent fortement avec ce chiffre. Un sondage du National Partnership for Women and Families de juin 2026 indique que 44% des mères ont requis des modifications temporaires de travail durant leur grossesse, dont 35% n'ont obtenu que des ajustements partiels et 9% aucun. Cette divergence soulève des questions sur les méthodes de comptabilisation d'Amazon.

Conséquences économiques sur les femmes enceintes

Willamina Barclay et Jennifer Hatch, deux anciennes employées, ont été licenciées après des événements liés à leur grossesse. Willamina a perdu son emploi le 22 juin 2025, peu après avoir présenté un certificat médical pour sa grossesse à haut risque, et Jennifer le 2 avril 2025 après avoir épuisé ses congés non payés. Ces licenciements ont des répercussions financières importantes pour des travailleuses à bas salaires. Inimai Chettiar, présidente d'A Better Balance, souligne l'importance de la Loi sur les droits des travailleurs enceintes pour protéger les femmes de choix entre santé et salaire.

Pratiques discriminatoires mises en lumière

La plainte décrit un refus systématique d'aménagements pourtant requis par la loi. FOX Business rapporte qu'Amazon demanderait une documentation médicale « inutile » pour chaque demande, même pour des besoins simples comme une chaise ou des pauses. Jennifer Hatch, par exemple, s'est vu refuser le droit de s'asseoir malgré la disponibilité d'une chaise. Cette bureaucratie impose des coûts cachés aux employées, obligeant à des consultations médicales fréquentes.

Le système de congés non payés (UPT) d'Amazon est central dans la plainte. Les pauses médicales et congés liés à la grossesse sont déduits du solde UPT, entraînant un licenciement une fois ce solde épuisé. Willamina Barclay a reçu un avertissement de licenciement après une hospitalisation d'urgence. Elle déclare souhaiter éviter que d'autres femmes subissent le même sort.

La nécessité de fournir une documentation médicale détaillée pour chaque aménagement demandé impose un fardeau économique aux employées. Bien qu'Amazon propose 20 semaines de congé de maternité payé, incluant quatre semaines prénatales, ce contraste entre les politiques affichées et la réalité alimente les accusations d'hypocrisie.

Implications légales et enjeux de conformité

L'affaire dépasse le seul cadre d'Amazon. La surveillance constante des employées via des scanners, même dans les salles d'allaitement, pose des questions juridiques sur le contrôle des pauses protégées par la loi. Ces technologies, présentées comme des outils d'optimisation, deviennent des instruments de pression sur les travailleuses enceintes.

En février 2026, la Commission pour l'égalité des chances en emploi (EEOC) a conclu qu'Amazon violait systématiquement la Loi sur les droits des travailleurs enceintes, renforçant la position des plaignantes. L'EEOC prévoit de proposer des modifications réglementaires à la PWFA en novembre 2026, possiblement en réponse aux pratiques observées.

Inimai Chettiar situe ce procès dans un contexte politique plus large, évoquant des politiques visant à restreindre le rôle des femmes sur le marché du travail. Les coûts de non-conformité pourraient dépasser les investissements nécessaires pour garantir des aménagements légaux. Des grandes entreprises du secteur logistique suivent de près ce dossier, conscientes des répercussions potentielles sur leurs propres pratiques.

Paolo Garoscio

Rédacteur en chef adjoint. Après son Master de Philosophie, il s'est tourné vers la communication et le journalisme. Il rejoint l'équipe d'EconomieMatin en 2013.   Suivez-le sur Twitter : @PaoloGaroscio

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