L’Italie introduit une amende de 75 euros pour les piétons qui utilisent leur smartphone en traversant la route. Cette mesure, contenue dans une réforme du Code de la route soumise à consultation jusqu’au 13 septembre 2026, vise à responsabiliser financièrement les « smombies », ces piétons absorbés par leur écran.
75 euros l’amende : l’Italie déclare la guerre aux smombies

En Italie, consulter son smartphone en traversant la rue peut désormais coûter 75 euros. Cette nouvelle mesure vise à sanctionner les "smombies", ces piétons absorbés par leur écran, et s'inscrit dans une réforme du Code de la route encore en discussion jusqu'au 13 septembre 2026. Outre l'amende, ce comportement génère des coûts économiques significatifs pour les ménages italiens.
Les smombies : un coût croissant pour les ménages
Le terme "smombie", contraction de smartphone et zombie, désigne ces piétons focalisés sur leur écran, souvent des jeunes dans les grandes villes italiennes. Roberto Merli, président de l'association Condividere la strada della Vita, souligne l'importance pour les piétons de respecter les règles de circulation et d'éviter l'usage du mobile en marchant. Les coûts engendrés par cette distraction sont nombreux : soins médicaux en cas d'accident, primes d'assurance majorées, frais juridiques, sans oublier les jours de travail perdus et leurs conséquences financières.
La réforme du ministère des Infrastructures et des Transports interdit l'utilisation de smartphones, tablettes et autres appareils numériques lors de la traversée de la route. Sur le trottoir, l'usage reste permis. Le montant de l'amende, initialement fixé à 75 euros, peut être réduit à 52,50 euros si elle est payée dans les cinq jours. Cette mesure s'inscrit dans un effort de simplification des sanctions, réduisant le nombre d'amendes de 82 à 21, et vise à responsabiliser les piétons financièrement. Certaines exceptions existent, comme les appels d'urgence, à condition de maintenir une écoute attentive.
Les coûts cachés de la distraction
L'amende n'est que la partie visible des conséquences financières. Un accident causé par un piéton distrait peut entraîner des frais médicaux importants. Les assurances ajustent leurs tarifs face aux sinistres croissants liés à la distraction numérique. La réglementation impose aussi aux piétons de s'assurer que les conducteurs les ont vus avant de traverser, ce qui peut engager leur responsabilité en cas d'accident. Roberto Merli met en garde contre le traumatisme des conducteurs impliqués dans de tels accidents, même lorsqu'ils ne sont pas fautifs.
Adopter de nouvelles habitudes numériques est essentiel. Utilisez votre smartphone uniquement dans des zones sécurisées comme les trottoirs ou les bancs, privilégiez les appels en mode mains libres, et activez le mode "Ne pas déranger" en marchant. Ces précautions réduisent le risque d'amende et d'accidents. En fixant un prix à la distraction, le gouvernement espère encourager des pratiques plus sûres et réduire les incidents liés aux smartphones. Reste à voir si cette stratégie réussira à modifier les habitudes des piétons italiens.
