Logivolt mobilise 500 millions d’euros pour déployer la recharge résidentielle dans 26 000 immeubles d’ici 2030. Ce financement hybride public-privé, sans reste à charge pour les copropriétés, transforme l’économie de la mobilité électrique. Mais les obstacles financiers subsistent pour atteindre les objectifs gouvernementaux.
Recharge résidentielle : Logivolt mobilise 500 millions d’euros

Logivolt, filiale de la Caisse des dépôts, a obtenu un prêt vert de 300 millions d'euros du groupe BPCE, portant ainsi sa capacité d'investissement à 500 millions d'euros depuis 2021. L'objectif est d'équiper 26 000 immeubles et 1,7 million de places de stationnement d'ici 2030, sans coût supplémentaire pour les copropriétés. Cette initiative se déroule alors que les voitures électriques représentent déjà 35 % des nouvelles immatriculations en France.
Un financement innovant pour Logivolt
Logivolt combine capitaux publics et privés pour son modèle économique. Depuis 2021, la Caisse des dépôts a investi 190 millions d'euros, complétés par un prêt vert de 300 millions d'euros du groupe BPCE. Ce montage financier hybride partage les risques tout en augmentant les capacités de déploiement.
La Caisse des dépôts joue le rôle d'investisseur de long terme, apportant une crédibilité institutionnelle. Le groupe BPCE intervient ensuite avec un prêt vert, profitant de conditions avantageuses grâce aux critères environnementaux. Selon Olivier Sichel, directeur général de la Caisse des dépôts, Logivolt se donne les moyens d'investir davantage pour promouvoir la mobilité électrique auprès des particuliers.
Une infrastructure sans coût pour les copropriétés
Logivolt propose un modèle économique novateur en finançant intégralement l'infrastructure collective de recharge, sans frais pour les copropriétés. Les résidents doivent uniquement payer l'équipement individuel s'ils souhaitent installer une borne personnelle, tandis que Logivolt prend en charge les câblages et systèmes collectifs.
La rentabilité de Logivolt repose sur des abonnements des utilisateurs finaux. Ce modèle cible les copropriétés et logements sociaux, avec des économies d'échelle sur des milliers d'installations permettant de maintenir des tarifs compétitifs.
Depuis 2021, plus de 8 500 assemblées générales de copropriétés ont approuvé ce dispositif, confirmant son acceptation par les syndics et copropriétaires. Pierre Eymard, directeur général de Logivolt, prédit qu'à l'avenir, recharger sa voiture électrique à domicile deviendra aussi banal que recharger un téléphone.
Défis économiques pour atteindre les objectifs de 2030
En avril 2026, le ministre Roland Lescure a fixé l'objectif de 26 000 immeubles équipés d'ici 2030. Il reste à vérifier si les 500 millions d'euros suffiront pour atteindre cet objectif. Cela représente environ 19 200 euros par immeuble, mais les coûts réels varient selon la configuration et les besoins spécifiques des bâtiments. Des financements supplémentaires pourraient être nécessaires.
Les logements sociaux, bien que prioritaires pour Logivolt, posent un défi économique particulier. Le pouvoir d'achat limité des résidents risque de réduire le taux d'occupation des bornes, allongeant ainsi le retour sur investissement. Logivolt pourrait devoir ajuster son modèle économique ou obtenir des subventions pour assurer la viabilité de ces installations.
La recharge résidentielle, un nouveau secteur en croissance
La collecte de fonds de Logivolt révèle un potentiel d'investissement dans la transition énergétique. Contrairement aux bornes publiques, la recharge résidentielle offre un usage prévisible et régulier, attirant les investisseurs comme un actif stable à long terme. Alors que la France compte déjà 185 000 points de recharge publics et 1,6 million chez les particuliers, l'objectif est maintenant de rattraper le retard des copropriétés. La question reste de savoir si Logivolt pourra maintenir la gratuité promise aux copropriétés malgré des coûts d'installation potentiellement croissants.
