L’Italie envisage d’intégrer au budget 2027 un livret de prévoyance pour chaque nouveau-né, doté de 1 000 euros en versement unique ou 50 euros mensuels pendant trois ans. Inspiré du modèle allemand mais avec un capital initial supérieur, ce dispositif de capitalisation retraite vise à compenser le déclin démographique et les fragilités du système par répartition.
L’Italie crée un livret de prévoyance pour préparer les retraites

L'Italie s'apprête à transformer discrètement le financement des retraites. À partir de 2027, chaque nouveau-né pourrait bénéficier d'un livret de prévoyance doté de 1 000 euros ou de 50 euros mensuels pendant trois ans, financé par l'État. Ce mécanisme de capitalisation, inspiré du modèle allemand, vise à constituer un complément de revenu pour la retraite, tout en étant adapté aux défis économiques italiens.
Un livret de prévoyance pour chaque nouveau-né
Le gouvernement de Giorgia Meloni envisage d'intégrer dès 2027 un dispositif inédit au budget national. Chaque enfant né en Italie se verrait attribuer un livret de prévoyance géré par l'INPS et supervisé par la COVIP. L'objectif est de faire fructifier ce capital sur les marchés financiers pendant plusieurs décennies afin d'assurer un complément de revenus à la retraite, fixée à 67 ans en Italie.
Comme l'indique Le Figaro, le projet a de fortes chances d'être adopté, en raison de l'urgence démographique que connaît l'Italie. En 2025, le pays a vu sa natalité chuter à 355 000 naissances, soit une baisse de 3,9% par rapport à l'année précédente. Avec un taux de fécondité de 1,14 enfant par femme, un minimum historique est atteint, prévoyant une population de 55 millions d'habitants en 2050, avec 34,5% de plus de 65 ans.
Modalités de financement et capitalisation
Deux options d'abondement initial par l'État sont proposées par le dispositif italien. La première consiste en un versement unique de 1 000 euros à la naissance, tandis que la seconde prévoit 50 euros mensuels pendant trois ans, totalisant 1 800 euros. Cette dernière formule, plus avantageuse de 80%, permettrait une capitalisation progressive dès l'enfance.
Les deux options visent à favoriser un effet boule de neige financier. Sur 60 ans, avec un rendement annuel moyen de 5%, 1 000 euros initiaux pourraient se transformer en 18 000 euros. Avec 1 800 euros et des versements progressifs, le capital final pourrait dépasser 30 000 euros.
Participation volontaire des familles
En plus de la dotation publique, les parents, grands-parents et proches peuvent volontairement alimenter le livret. Le titulaire lui-même peut continuer à épargner durant sa vie active, transformant ainsi le dispositif en un outil patrimonial transgénérationnel.
Un exemple illustre ce potentiel : si les parents ajoutent 50 euros par mois pendant 18 ans (soit 10 800 euros), puis que le jeune adulte épargne 100 euros par mois de 25 à 40 ans (18 000 euros), le capital à 67 ans atteindrait 180 000 euros avec un rendement de 5% par an, complétant ainsi une pension par répartition fragilisée.
Une inspiration allemande adaptée à l'Italie
L'Italie s'inspire du modèle allemand, adopté en 2026. Selon France Info, l'Allemagne verse 10 euros par mois aux enfants scolarisés entre 6 et 18 ans, soit un total de 1 440 euros, l'argent étant bloqué jusqu'à la retraite à 67 ans.
Le modèle allemand conditionne les versements à la scolarisation. Avec un rendement de 5% par an sur 49 ans, ces 1 440 euros pourraient atteindre environ 13 000 euros. Bien que modeste, cette somme marque une rupture idéologique où la capitalisation devient un pilier complémentaire du système de retraite.
Impact budgétaire et projections
Le financement reste une question clé. Avec 355 000 naissances en 2025, l'option de 1 000 euros représenterait 355 millions d'euros par an. La seconde option, à 1 800 euros, s'élèverait à 639 millions d'euros annuels, soit 213 millions par an répartis sur trois ans.
Pour le budget 2027, le gouvernement Meloni doit choisir entre ces deux scénarios, le premier minimisant l'impact budgétaire immédiat, tandis que le second étale la charge budgétaire.
Le succès du dispositif italien repose sur les performances des marchés financiers. Historiquement, un portefeuille diversifié rapporte entre 5% et 7% de rendement annuel moyen. Sur 67 ans, 1 000 euros placés à 5% pourraient devenir 28 000 euros. Néanmoins, des facteurs comme les crises financières et l'inflation pourraient influencer ces rendements.
Malgré ses limites, cette initiative italienne marque un tournant idéologique en Europe. Rome, après l'Allemagne, assume l'importance de la capitalisation dans le système de retraite, tandis que la France observe attentivement, avant un débat crucial prévu pour la présidentielle de 2027.