Renault : l’Alpine A390 ne séduit pas les automobilistes

La Manufacture Alpine de Dieppe connaît un démarrage commercial catastrophique avec son SUV électrique A390. Seulement 1 041 ventes au premier semestre 2026 et 60 commandes en août ont contraint Renault à diviser par deux la production, passant de 30 à 15 exemplaires par jour dès fin septembre 2026. Un prix de 67 500 à 78 000 euros et une architecture 400V face à des concurrents en 800V expliquent cette débâcle qui remet en question la stratégie Dream Garage d’Alpine.

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By Cédric Bonnefoy Published on 14 septembre 2026 11h17
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Renault : l’Alpine A390 ne séduit pas les automobilistes - © Economie Matin
60 commandesEn août 2026, Alpine a enregistré que 60 commandes pour son A390

La Manufacture Alpine de Dieppe rencontre de sérieuses difficultés avec le lancement de son SUV électrique l'Alpine A390. Au premier semestre 2026, seulement 1 041 unités ont été vendues, dont 610 en France. Face à une chute drastique des commandes, Renault a décidé de réduire la production de moitié dès la fin septembre 2026, passant de 30 à 15 véhicules par jour. Cet ajustement signale l'échec commercial d'un modèle crucial pour le renouveau électrique de la marque Alpine.

Réduction drastique de la production en réponse à l'échec commercial

Les ventes de l'Alpine A390 illustrent un écart préoccupant entre les ambitions et le marché. Seulement 1 041 exemplaires ont été vendus au premier semestre 2026, dont 610 en France. Lancé en novembre 2025, ce modèle devait incarner la montée en gamme de Renault, mais le bilan est alarmant. La version GT, première à être commercialisée, n'a attiré que 276 clients, avec seulement 56 particuliers. La version GTS, disponible depuis juin 2026, n'a pas redressé la situation. L'A390 est largement devancé par ses concurrents sur le marché des SUV électriques premium, dominé par les modèles allemands et chinois.

Le mois d'août 2026 a été un tournant, avec seulement 60 commandes enregistrées, selon Numerama. Christophe Réal, délégué CGT, confirme : « Il y a eu à peine une soixantaine de commandes au mois d'août 2026. » Une situation qui a forcé Renault à réagir rapidement. La direction reconnaît que « l'A390 n'a pas encore trouvé son public », une manière d'admettre la gravité de la situation.

En réaction, Renault a annoncé réduire de 50 % la production. Dès la fin septembre, l'usine de Dieppe ne produira plus que 15 véhicules par jour, contre 30 précédemment. Ce site, initialement prévu pour 50 unités par jour, fonctionne désormais à 30 % de sa capacité maximale. Cette sous-utilisation affecte la rentabilité des investissements réalisés pour adapter les chaînes de production à l'électrique. De plus, cet ajustement vise à aligner la production sur la demande réelle, évitant ainsi l'accumulation de stocks invendus.

Les raisons économiques de l'échec : prix élevé et technologie dépassée

Le prix de l'Alpine A390, de 67 500 à 78 000 euros, constitue un frein majeur à sa vente. Ce positionnement premium ne séduit pas une clientèle comparant performances et équipements. Face à la fin des bonus écologiques et à une inflation persistante en Europe, ces tarifs semblent prohibitifs. Les SUV électriques chinois, notamment, sont proposés à des prix 20 à 30 % inférieurs avec des équipements similaires.

L'architecture électrique de l'A390 repose sur une plateforme 400 volts, alors que la concurrence, surtout allemande et chinoise, utilise la technologie 800 volts. Automotiv Press souligne que cette différence impacte les temps de recharge, un critère décisif pour les acheteurs de véhicules électriques. Le choix d'une batterie LG, après des retards de production chez Verkor, a également ajouté des coûts au projet.

Avec un poids de 2,1 tonnes, l'A390 s'éloigne des valeurs historiques d'Alpine, connues pour leur légèreté. Cela affecte les performances et l'autonomie, et déçoit les clients attachés à l'image sportive d'Alpine. Sur le marché des SUV électriques, il existe déjà de nombreuses alternatives plus en adéquation avec un usage familial.

Conséquences pour la stratégie Dream Garage et les investissements de Renault

La sous-utilisation de l'usine de Dieppe, capable de produire 50 unités par jour mais fonctionnant à 30 %, soulève des questions économiques. Les investissements pour moderniser le site doivent être amortis sur des volumes suffisants. Actu.fr rapporte que cette situation engendre des inquiétudes parmi les salariés, mettant en péril la viabilité du projet si les commandes ne remontent pas rapidement.

Le projet « Dream Garage » d'Alpine, annoncé en 2021, prévoyait trois modèles électriques pour revitaliser la marque. Après le succès modeste de la citadine A290, l'A390 devait améliorer les marges pour financer l'A110 électrique. Face à l'effondrement des commandes, cette stratégie est remise en question. Renault devra décider s'il maintient le cap, ajuste les prix ou reconsidère plus profondément la place d'Alpine dans son portefeuille de marques.

Cedric.bonnefoy

Cédric Bonnefoy est journaliste en local à la radio. À côté, il collabore depuis 2022 avec Économie Matin.

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