Le taux de passage à l’action des Français double en dix ans

Le Baromètre du pouvoir d’agir 2026 révèle que 39% des Français transforment désormais leurs idées en actions concrètes, contre 20% en 2016. Cette progression spectaculaire ouvre un marché considérable pour l’économie sociale et solidaire, notamment auprès des moins de 28 ans dont 54% se déclarent prêts à créer une structure d’impact.

Ade Costume Droit
By Adélaïde Motte Published on 15 septembre 2026 10h28
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Le taux de passage à l’action des Français double en dix ans - © Economie Matin

Le nombre de Français transformant leurs idées en actions concrètes a presque doublé en dix ans, passant de 20% à 39%. Cette évolution marque l'émergence d'un marché dynamique : celui des entrepreneurs sociaux qui redéfinissent la création de valeur en France. Le Baromètre du pouvoir d'agir 2026, réalisé par Ticket for Change et le cabinet Occurrence, met en lumière cette tendance significative pour l'économie sociale et solidaire (ESS).

Un marché en croissance : 180 000 personnes accompagnées en douze ans

Depuis 2014, Ticket for Change a aidé plus de 180 000 personnes à se lancer dans l'entrepreneuriat à impact, illustrant l'importance du vivier de talents pour l'ESS. Une enquête menée du 17 au 23 avril 2026 auprès de 1 501 Français montre que 39% ont déjà pris des mesures pour répondre à un enjeu de société. "Le pouvoir d'agir est la capacité réelle d'une personne ou d'un groupe à transformer des idées en actions concrètes pour la société", expliquent les auteurs du baromètre.

Les freins économiques au passage à l'action

Malgré une dynamique positive, 61% des Français restent en retrait ou s'engagent ponctuellement. Le baromètre distingue quatre profils : les Engagés (28%), les Intentionnistes (13%), les Participants (14%) et les En retrait (45%). Les écarts entre intention et réalisation sont notables, les obstacles étant à la fois économiques et psychologiques.

Financement : un obstacle majeur pour les entrepreneurs sociaux

Le manque de financement est un frein majeur pour lancer une activité à impact. Bien que 42% des Français citent le manque de temps comme principal obstacle, les ressources financières sont également une problématique récurrente. Les structures de l'ESS ont du mal à accéder aux financements traditionnels, et les dispositifs publics sont souvent méconnus. Les nouvelles charges pesant sur les ménages réduisent aussi la capacité d'autofinancement des porteurs de projet. Créer des instruments financiers adaptés à l'ESS pourrait libérer ce potentiel entrepreneurial.

Manque de temps et d'accompagnement : les barrières à l'action

Au-delà du financement, le manque de confiance en soi et l'absence d'accompagnement structuré freinent le passage à l'action. "Il faut se sentir capable, disposer du temps, être entouré et savoir comment trouver sa place", souligne Joséphine Bouchez. "Ce baromètre montre que le pouvoir d'agir existe, mais qu'il reste à libérer." Pour l'économie française, ces freins sont un coût d'opportunité majeur, avec de nombreux projets viables qui ne voient jamais le jour. Les acteurs qui investiront dans l'accompagnement capteront une partie croissante de ce marché émergent.

Perspectives : capitaliser sur la dynamique de l'ESS

Le doublement du taux d'action en dix ans trace une voie prometteuse pour l'ESS. Les préoccupations majeures des Français, telles que la santé (64%), la sécurité (56%) et la paix (53%), offrent des opportunités aux entrepreneurs sociaux. À l'approche de l'élection présidentielle de 2027, la question du pouvoir d'agir interroge la capacité de l'économie française à mobiliser ses talents différemment. Les structures qui surmonteront les freins financiers, temporels et psychologiques bénéficieront d'un avantage compétitif sur ce marché en expansion. L'entrepreneuriat social devient un véritable moteur de création de valeur.

Ade Costume Droit

Diplômée en géopolitique, Adélaïde a travaillé comme chargée d'études dans un think-tank avant de rejoindre Economie Matin en 2023.

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