Mardi 15 septembre 2026 à 3h du matin, une cinquantaine de camions-citernes ont bloqué le dépôt pétrolier de Fos-sur-Mer. Menée par des pêcheurs d’Occitanie, Paca et Corse, cette action révèle la crise économique profonde d’un secteur étranglé par la hausse du carburant et l’accumulation de contraintes réglementaires. La ministre Catherine Chabaud s’engage à recevoir les représentants, mais aucune date précise n’a été fixée.
Carburant : des pêcheurs en colère bloquent la raffinerie de Fos-sur-Mer

Aux premières heures du mardi 15 septembre, une cinquantaine de camions-citernes ont bloqué l'accès au dépôt pétrolier de Fos-sur-Mer. Cette action, orchestrée par des pêcheurs d'Occitanie, de Paca et de Corse, reflète une crise économique profonde pour le secteur. L'augmentation continue des prix du carburant menace la survie de nombreuses entreprises de pêche.
Une profession économiquement sous pression
Bien que la France soit le deuxième producteur européen de produits de la pêche, derrière l'Espagne, avec 477 000 tonnes capturées en 2024, la rentabilité du secteur s'effondre. Le carburant, représentant jusqu'à 40 % des coûts d'exploitation, grève lourdement les marges bénéficiaires à chaque hausse de prix. Ange Natoli, porte-parole des pêcheurs, a confirmé à l'AFP que le blocage avait débuté à 3 heures du matin, illustrant l'urgence de la situation.
Contrairement à d'autres secteurs, les pêcheurs ne bénéficient pas de compensations automatiques. Une augmentation de 10 centimes par litre peut alourdir significativement les charges financières, rendant la gestion budgétaire imprévisible. Pour un chalutier consommant 500 litres par sortie, l'impact annuel peut atteindre plusieurs dizaines de milliers d'euros.
En plus du coût du carburant, les pêcheurs sont confrontés à une accumulation de contraintes réglementaires. Quotas de capture, zones de pêche restreintes, et obligations de déclaration ajoutent des charges supplémentaires. Bernard Perez, président du comité régional des pêches d'Occitanie, a averti que le mouvement pourrait s'intensifier en l'absence de réponses concrètes.
Le blocage de Fos-sur-Mer : une mobilisation collective inédite
En ciblant le dépôt pétrolier de Fos-sur-Mer, qui alimente une partie importante des stations-service du sud-est de la France, les pêcheurs ont choisi un point névralgique. Cette mobilisation, lancée par les comités régionaux des pêches d'Occitanie, de Paca et de Corse, a réuni des organisations de producteurs et des syndicats de marins, illustrant une coordination interrégionale inédite.
Environ 50 camions ont bloqué le terminal, et un feu de palettes s'est déclaré sans incident majeur. Cette mobilisation massive témoigne de l'ampleur du mécontentement. Lundi 14 septembre 2026, des manifestations avaient éclaté à Sète et Port-Vendres, les pêcheurs réclamant une audience avec la ministre de la Pêche, Catherine Chabaud. L'échec des négociations a précipité la décision de bloquer Fos-sur-Mer.
Revendications et attentes envers le gouvernement
Les pêcheurs demandent un mécanisme de compensation pour le carburant, une simplification administrative et un moratoire sur les nouvelles contraintes réglementaires. Malgré la promesse de la ministre Catherine Chabaud de rencontrer les représentants du secteur prochainement, aucune date précise n'a été annoncée, ce qui renforce la méfiance des professionnels.
Les pêcheurs attendent des engagements budgétaires concrets pour assurer la viabilité de milliers d'entreprises familiales. Le blocage pourrait se prolonger plusieurs jours, jusqu'à l'obtention de garanties écrites. Dans un contexte de production pétrolière limitée par l'Arabie Saoudite, l'accès à un carburant à prix stable devient central pour l'économie, y compris la pêche.
Cette crise soulève également des questions sur les choix énergétiques à long terme. Alors que des solutions existent pour le transport routier, aucune alternative n'est encore disponible pour les navires de pêche professionnels, rendant la transition énergétique du secteur maritime un défi majeur.
