Face à la flambée historique des prix du carburant, qui atteint 2,41 euros le litre pour le gazole, le gouvernement annonce ce mardi de nouvelles aides ciblées pour les ménages et professionnels les plus exposés. Six ministres présenteront à Bercy les dispositifs d’accompagnement, dans un contexte de finances publiques tendues et de tensions géopolitiques durables au Moyen-Orient.
Le gouvernement annonce des aides face à la hausse du carburant

De nouvelles mesures pour contrer la hausse des prix du carburant
Le prix du gazole a atteint 2,41 euros par litre en moyenne nationale, et le SP95-E10 dépasse 2,17 euros. Face à cette hausse sans précédent, le Premier ministre Sébastien Lecornu a dirigé, ce lundi 21 septembre, deux conseils interministériels sur la crise. L'exécutif présentera ce mardi 22 septembre à 17 heures, lors d'une conférence de presse à Bercy, un ensemble de mesures pour soutenir les ménages et professionnels les plus touchés. Six ministres prendront la parole pour détailler les dispositifs : Maud Bregeon (porte-parole et Énergie), Roland Lescure (Économie), David Amiel (Comptes publics), Stéphanie Rist (Santé), Catherine Chabaud (Pêche) et Serge Papin (PME, Commerce). Chaque ministre exposera les aides de son domaine, suivant un ciblage sectoriel et social. « Nous n'abandonnerons pas les entreprises en difficulté ni les Français précaires qui travaillent », a promis Maud Bregeon sur LCI.
Records historiques impactant le pouvoir d'achat
Les chiffres sont frappants. D'après l'Agence France-Presse, le litre de gazole atteint en moyenne 2,41 euros, un niveau inédit en France. Le SP98 est à 2,28 euros, et le SP95 avoisine 2,22 euros. Ces tarifs dépassent largement ceux de 2022, lors des premières tensions énergétiques liées au conflit russo-ukrainien.
Pour les automobilistes qui dépendent de leur véhicule quotidiennement, l'impact est significatif. Abdel, habitant de La Tour-du-Pin en Nord-Isère, témoigne auprès d'ICI : « Je roule entre 450 et 600 kilomètres par semaine. Pour aller au travail, pour transporter les enfants. Cela coûte entre 150 et 200 euros par semaine. On est dans un gouffre financier. » Ce cas reflète celui de nombreux Français vivant en zones rurales ou périurbaines, où les transports en commun sont rares, rendant la voiture indispensable. L'augmentation des assurances auto alourdit encore leur budget.
Approvisionnement et tensions logistiques
Au-delà des prix, la disponibilité du carburant est préoccupante. Ce lundi 21 septembre, plus de 17 % des stations-service françaises manquaient d'au moins un type de carburant, selon le ministère de l'Économie. Les files d'attente s'allongent notamment devant les stations Total, qui ont plafonné leurs tarifs, créant ainsi une pression sur leurs stocks.
Pour y remédier, un arrêté exceptionnel permet aux distributeurs de vendre du gazole de qualité été jusqu'au 15 novembre, prolongeant de deux semaines la réglementation habituelle. Cette dérogation vise à augmenter les volumes disponibles, le gazole d'hiver étant plus coûteux à produire. Maud Bregeon a rassuré : « Nous avons trois mois de stocks stratégiques non utilisés. » Roland Lescure a confirmé sur France Inter : « Nous avons une visibilité de deux mois, donc pas d'inquiétude pour l'instant. » Il a précisé qu'un taux de pénurie de 17 % est « normal » après un week-end de forte affluence.
Des marges budgétaires limitées
L'état dégradé des finances publiques complique la situation pour l'exécutif. La dette française devrait atteindre un record en 2027, et les taux d'intérêt en hausse alourdissent le budget. Les marges pour financer des aides généralisées sont donc réduites.
Gabriel Attal, candidat Renaissance à la présidentielle, a exclu toute baisse généralisée des taxes sur le carburant. « La solution la plus simple et populaire serait de réduire toutes les taxes, mais ce n'est ni possible ni souhaitable », a-t-il déclaré sur BFMTV, soulignant la situation budgétaire tendue et un souci d'équité : « Les impôts des classes moyennes et populaires ne doivent pas financer des aides pour ceux qui n'en ont pas besoin. »
Privilégier les aides ciblées
Le gouvernement opte pour des aides ciblées, déjà mises en place depuis plusieurs mois. Les agriculteurs, le secteur du BTP et les pêcheurs bénéficient d'un soutien prolongé jusqu'à la fin de l'année. Roland Lescure a précisé qu'un prêt à taux zéro sera accessible aux pêcheurs dès le 1er octobre.
L'aide de 100 euros pour les « gros rouleurs » se termine le 30 septembre. Seule la moitié des trois millions de Français éligibles en ont profité. Le ministre de l'Économie souhaite maintenant une aide « supplémentaire » et « automatique » pour améliorer le taux de recours. La nouvelle version sera présentée ce mardi, avec la même approche ciblée, selon Maud Bregeon.
En dehors des professionnels et des grands rouleurs, d'autres secteurs alertent sur leur situation. Les infirmières libérales, qui visitent les patients à domicile, se déplacent désormais « à perte ». Selon Le Dauphiné Libéré, plusieurs secteurs nécessitant des déplacements fréquents sont en difficulté économique.
