Ce lundi 21 septembre 2026, 17% des stations-service françaises manquent d’au moins un carburant, avec 91% des ruptures concentrées chez TotalEnergies. Le plafonnement des prix instauré par le groupe depuis mars crée une distorsion de marché : les stations indépendantes perdent entre 20 et 40% de leurs ventes, tandis que le gouvernement envisage des aides coûteuses à partir du 1er octobre 2026.
Carburant : 17% des stations en pénurie, Bercy se montre rassurant

Ce lundi 21 septembre 2026, 17% des stations-service françaises sont à court d'au moins un type de carburant. Cette situation préoccupante dissimule une réalité économique complexe : 91% de ces ruptures concernent les stations du réseau TotalEnergies, conséquence du plafonnement des prix appliqué par le groupe depuis mars 2026. Cette distorsion de marché a d'importantes répercussions financières pour les concurrents et l'État.
Une pénurie concentrée chez TotalEnergies
Roland Lescure, ministre de l'Économie, a confirmé sur France Inter que 17% des stations-service manquent d'au moins un carburant. Cela représente environ 2 500 stations sur les 9 900 du territoire. Cependant, cette pénurie est très inégalement répartie. D'après le gouvernement, la quasi-totalité des ruptures touche TotalEnergies.
Selon le ministre, 91% des pénuries concernent TotalEnergies. Le plafonnement des prix instauré en mars 2026 visait à protéger le pouvoir d'achat face à la flambée des prix mondiaux. Résultat : les conducteurs affluent vers les stations Total, où le prix du litre reste compétitif, mais le réseau peine à répondre à la demande accrue. Le prix moyen du gazole atteignait 2,41 euros le litre dimanche 20 septembre, selon Le Parisien, accentuant l'attractivité des tarifs de Total.
L'impact économique sur les stations indépendantes
Francis Pousse, président du syndicat Mobilians représentant 5 600 stations-service en France, indique que les stations indépendantes, obligées de pratiquer des prix plus élevés, voient leur chiffre d'affaires chuter de 20 à 40%. Sur Franceinfo, il explique que les stocks sont disponibles mais peinent à trouver preneurs.
Le syndicat dénonce une concurrence déloyale créée par le plafonnement de TotalEnergies. Les conducteurs privilégient les stations Total, dans l'espoir d'un réapprovisionnement rapide, tandis que les stations indépendantes, malgré leurs stocks pleins, perdent leurs clients. Ainsi, bien que l'offre soit globalement suffisante, la demande se concentre sur TotalEnergies.
Le coût budgétaire pour l'État
Face à la pression sociale, le gouvernement envisage plusieurs aides. Roland Lescure a mentionné la possibilité de réduire les taxes sur les carburants, mais cela coûterait 10 milliards d'euros pour une baisse de 20 centimes par litre, un montant élevé alors que l'exécutif cherche à économiser 50 milliards pour l'année prochaine. Actu.fr souligne que l'arbitrage budgétaire sera délicat.
Le ministre propose plutôt des aides ciblées à partir du 1er octobre, destinées aux gros rouleurs, pêcheurs et associations comme Emmaüs France. Un prêt à taux zéro pour les professionnels de la pêche est également à l'étude. Deux réunions se sont tenues ce lundi à Matignon, dirigées par le Premier ministre Sébastien Lecornu, pour discuter des approvisionnements en énergie et de l'accompagnement financier des Français. L'objectif est de concevoir des mesures moins coûteuses qu'une réduction généralisée des taxes.
Visibilité gouvernementale à court terme
Roland Lescure se montre rassurant quant à l'approvisionnement immédiat, affirmant qu'il n'y a pas d'inquiétude pour les deux mois à venir, grâce à des stocks stratégiques pleins et des raffineries en activité maximale. Toutefois, il admet que la situation dépend du conflit au Moyen-Orient entre les États-Unis et l'Iran, ce qui pourrait engendrer des problèmes si le conflit persiste.
Au-delà de cette période, l'incertitude augmente. La stratégie de TotalEnergies, bien qu'avantageuse à court terme pour les consommateurs, montre ses limites économiques. Entre distorsion de marché, pertes pour les concurrents et coût des mesures compensatoires, le modèle actuel est remis en question. Les semaines à venir détermineront si le gouvernement parvient à équilibrer pouvoir d'achat, concurrence et finances publiques, ou si un ajustement s'impose.
