Carburant : face au risque de pénurie, la vente du gasoil d’été prolongée en France

Face aux tensions d’approvisionnement liées à la crise au Moyen-Orient, le gouvernement autorise la vente de gazole d’été jusqu’au 15 novembre 2026 au lieu du 1er novembre. Une dérogation qui soulage les raffineries mais transfère les risques financiers vers les distributeurs et les automobilistes, particulièrement en zones froides où le carburant peut figer.

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By Cédric Bonnefoy Published on 22 septembre 2026 10h36
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Carburant : face au risque de pénurie, la vente du gasoil d’été prolongée en France - © Economie Matin
15 novembre 2026La vente du gasoil d'été est autorisé en France jusqu'au 15 novembre 2026.

Le prix du gazole atteint des sommets en France, avec un litre à 2,41 euros. En raison des tensions d'approvisionnement du carburant causées par la crise au Moyen-Orient, le gouvernement a décidé de prolonger la vente du gazole d'été jusqu'au 15 novembre 2026, au lieu du 1er novembre. Cette mesure soulage les raffineries, mais les distributeurs et les automobilistes doivent en assumer les risques financiers.

Motifs de la prolongation du gazole d'été

L'arrêté paru au Journal officiel le 22 septembre 2026 répond à des tensions géopolitiques au Moyen-Orient. Selon Le Monde, bien que la consommation française de gazoles routiers ait baissé de 6,7 % par rapport à 2025, les raffineries peinent à assurer un approvisionnement stable. Elles doivent faire face aux perturbations sur les marchés internationaux du pétrole.

D'après l'arrêté, les distributeurs peuvent exceptionnellement vendre du gazole dont la température limite de filtrabilité est de 0°C au lieu de −15°C après le 1er novembre 2026. Normalement, cette transition vers le gazole d'hiver intervient le 1er novembre, mais la dérogation accorde deux semaines supplémentaires aux opérateurs.

Blandine Ruty, secrétaire générale de l'Ufip, indique que maintenir le gazole d'été facilite la production en raffinerie, car le gazole d'hiver nécessite des additifs anti-gel coûteux et des processus de raffinage plus complexes. Avec le gazole à 2,41 euros et l'essence SP95 à 2,22 euros, alléger les contraintes de production est crucial pour gérer la pression économique et sociale liée à la hausse des prix des carburants, un enjeu majeur de la campagne présidentielle de 2027.

Conséquences économiques pour les ménages et distributeurs

La production du gazole d'été est moins coûteuse pour les raffineries, qui économisent sur les additifs et simplifient les opérations de raffinage. Cela permet de stabiliser les stocks et de limiter les ruptures. Pour les consommateurs, l'effet est indirect : en cas de difficultés à produire le gazole d'hiver, les prix pourraient augmenter encore plus. Toutefois, le coût du gazole reste à 2,41 euros le litre, pesant lourdement sur le budget des ménages. Un automobiliste parcourant 15 000 kilomètres par an dépense désormais 2 169 euros par an, contre environ 1 500 euros avant la crise énergétique.

L'arrêté impose aux distributeurs de prendre la responsabilité des incidents dus à l'utilisation du gazole d'été après le 1er novembre. En cas de panne liée au figeage du carburant, ils pourraient être tenus pour responsables. La Dépêche souligne que les stations-service doivent informer les clients des risques, notamment dans les zones froides.

Les risques financiers pour les consommateurs

Le gazole d'été est sensible au froid : en dessous de 0°C, les paraffines se solidifient, bouchant les filtres et empêchant le moteur de démarrer. Cela peut coûter entre 300 et 700 euros en remorquage, vidange et remplacement de filtre. Les régions montagneuses et exposées au gel, comme les Alpes, le Jura et le Massif central, sont particulièrement vulnérables dès fin octobre. Franceinfo rappelle que certains automobilistes se tournent vers des solutions illégales comme le gazole non routier, risquant des amendes entre 500 et 5 000 euros.

Les distributeurs doivent informer clairement les consommateurs des risques liés au gazole d'été, via des panneaux et autocollants. Les automobilistes doivent décider s'il vaut mieux payer le carburant plus cher ou risquer une panne coûteuse. Les habitants des plaines courent peu de risques, mais ceux des régions montagneuses devraient privilégier le gazole d'hiver, même si cela nécessite de trouver une station équipée. Le gouvernement a rendu le choix économique plus complexe, variant selon le profil de chaque conducteur.

Cedric.bonnefoy

Cédric Bonnefoy est journaliste en local à la radio. À côté, il collabore depuis 2022 avec Économie Matin.

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