La chaleur de 2026 plombe l’économie européenne de 113 milliards

Les vagues de chaleur qui ont frappé l’Europe en 2026 ont engendré un coût économique de 113 milliards d’euros, selon l’assureur Allianz Trade. L’Italie, l’Allemagne et la France concentrent à elles seules près des deux tiers de ces pertes, avec des impacts dépassant les seuls dommages matériels pour englober la baisse de productivité et l’inflation.

Paolo Garoscio
By Paolo Garoscio Published on 28 septembre 2026 5h47
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La chaleur de 2026 plombe l’économie européenne de 113 milliards - © Economie Matin
451 MILLIARDS $Un El Niño "très intense" pourrait coûter 451 milliards de dollars

Une facture de 113 milliards d'euros pour l'Europe en 2026

En 2026, les vagues de chaleur qui ont balayé l'Europe ont engendré un coût économique de 113 milliards d'euros, selon une étude d'Allianz Trade publiée vendredi. L'assureur a examiné l'impact économique de ces canicules dans 30 pays européens, aboutissant à un chiffre représentant environ 0,46 % de leur PIB combiné. Ce montant illustre l'ampleur des dommages causés par les températures extrêmes sur les économies européennes.

Pour établir cette estimation, Allianz Trade a adopté une méthodologie complète, prenant en compte non seulement les dommages matériels directs, mais aussi les pertes de production industrielle, la baisse de productivité des travailleurs et l'impact sur le pouvoir d'achat des ménages en raison de l'inflation causée par la chaleur extrême. Cette approche permet de saisir pleinement l'impact de la canicule sur l'économie, au-delà des destructions visibles.

L'Italie, l'Allemagne et la France concentrent les deux tiers des dégâts

Les pertes économiques se répartissent inégalement en Europe. L'Italie est la plus touchée avec 27,8 milliards d'euros de coûts, suivie de l'Allemagne (25 milliards) et de la France (20,1 milliards). Ces trois pays concentrent à eux seuls près des deux tiers des dommages subis par l'Europe. La France, déjà sous pression budgétaire, doit faire face à cette charge climatique supplémentaire.

Malgré une économie plus petite que celle de l'Allemagne, l'Italie enregistre des pertes plus importantes, affectant sa croissance de 1,19 point de pourcentage, contre 0,54 point pour l'Allemagne. Cette différence s'explique par la vulnérabilité économique accrue de l'Italie aux températures extrêmes, notamment dans les secteurs agricole et touristique.

La Belgique et les Pays-Bas complètent la liste des pays les plus touchés, avec respectivement 9,4 milliards et 9,2 milliards d'euros de coûts. Ensemble, ces cinq pays représentent 81 % de la facture totale en Europe, selon le rapport d'Allianz Trade.

Des pertes invisibles mais bien réelles dans l'industrie

L'étude se distingue par sa capacité à évaluer des impacts économiques souvent invisibles. Selon Allianz Trade, "la chaleur peut réduire la production sans endommager visiblement les infrastructures". Un phénomène subtil échappe souvent aux évaluations traditionnelles focalisées sur les dommages matériels.

Allianz Trade s'appuie sur des données du secteur manufacturier indien pour démontrer le lien entre chaleur intense et baisse de productivité, ainsi qu'une hausse de l'absentéisme. L'impact sur la santé des salariés se traduit par des arrêts de travail plus fréquents et une baisse de rendement.

Les mécanismes incluent la réduction de la capacité de travail dans les ateliers non climatisés, le ralentissement de la production pour préserver la santé des employés, et les arrêts temporaires d'activité lors des pics de chaleur. Ces facteurs se sont manifestés en Europe en 2026.

2027 pourrait battre tous les records de chaleur

Allianz Trade avertit que 2026 pourrait ne pas être une année isolée. "Il est probable que 2027 soit marquée par une chaleur exceptionnelle à l'échelle mondiale", estime l'assureur.

Cette prévision s'appuie sur les données de l'Organisation météorologique mondiale (OMM), qui anticipe des températures moyennes annuelles mondiales de 1,3°C à 1,9°C au-dessus des niveaux de 1850-1900 pour la période 2026-2030. Ce réchauffement dépasse les objectifs de l'Accord de Paris.

El Niño menace l'économie mondiale de 451 milliards de dollars

En plus de la tendance au réchauffement, un El Niño "très intense" pourrait coûter 451 milliards de dollars à l'économie mondiale, soit 0,24 % du PIB des 144 économies analysées, selon l'étude.

Contrairement aux effets immédiats des canicules, les principaux impacts d'El Niño se produiront en 2027, affirme Allianz Trade. Les mécanismes de ce phénomène océanique modifient progressivement les régimes climatiques mondiaux.

Pour l'Union européenne, la perte liée à El Niño pourrait atteindre 24 milliards de dollars, soit 0,09 % du PIB, sans compter les sécheresses et incendies qui pourraient aggraver ce bilan. L'assureur note aussi un effet inflationniste sur les prix alimentaires en raison des perturbations agricoles.

L'adaptation devient un impératif de compétitivité

Allianz Trade souligne l'urgence pour les entreprises européennes d'intégrer le risque climatique dans leur stratégie. Les secteurs vulnérables incluent l'agriculture, la construction, le tourisme, la logistique et l'industrie manufacturière.

Investir dans la climatisation des espaces de travail, réorganiser les horaires en période de canicule, adapter les chaînes d'approvisionnement et développer des produits résistants à la chaleur deviennent essentiels. Plusieurs grandes entreprises françaises prévoient des investissements climatiques de plusieurs milliards d'euros sur cinq ans.

Paolo Garoscio

Rédacteur en chef adjoint. Après son Master de Philosophie, il s'est tourné vers la communication et le journalisme. Il rejoint l'équipe d'EconomieMatin en 2013.   Suivez-le sur Twitter : @PaoloGaroscio

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