APL revalorisées mais franchises médicales en hausse dès octobre

À compter du 1er octobre 2026, plusieurs changements majeurs affectent le quotidien des Français. Les APL connaissent une revalorisation de 1,15 %, soit environ 2,50 euros de plus par mois, tandis que les franchises médicales augmentent sensiblement, portant le plafond annuel de 100 à 140 euros. Parallèlement, le prix du gaz flambe de 6,3 % et les protections hygiéniques réutilisables deviennent remboursables pour les moins de 26 ans.

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By Nicolas Egon Published on 28 septembre 2026 10h55
APL revalorisées mais franchises médicales en hausse dès octobre
APL revalorisées mais franchises médicales en hausse dès octobre - © Economie Matin
140 euros Le plafond annuel des franchises médicales va passer de 100 euros à 140 euros à partir du 1er octobre

APL, franchises médicales et prix du gaz : impact sur votre budget au 1er octobre

À partir du 1er octobre 2026, plusieurs ajustements dans les dispositifs sociaux et économiques affecteront le quotidien de nombreux Français. Les APL seront légèrement revalorisées, les franchises médicales augmenteront, et le prix du gaz continuera de grimper. Malgré une inflation en léger recul depuis les pics de 2023 et 2024, le gouvernement s'efforce de trouver un équilibre entre le soutien aux ménages modestes et la gestion d'une dette publique qui dépasse 110 % du PIB, selon l'INSEE.

Les aides au logement augmentent de 1,15 %

Les APL verront une hausse de 1,15 % dès le 1er octobre 2026, dépassant légèrement l'augmentation de 1,04 % de l'année précédente. Cette revalorisation, calculée selon l'indice de référence des loyers du deuxième trimestre, concerne environ 5,6 millions de foyers en France.

Le montant moyen des aides au logement passera ainsi de 219 euros à 221,52 euros par mois, soit un gain de 2,52 euros mensuels et 30,24 euros annuels. Toutefois, chaque bénéficiaire verra son montant ajusté selon une formule complexe, prenant en compte le loyer, les ressources, la composition familiale et la localisation du logement.

Initialement, cette revalorisation n'était pas assurée, le gouvernement envisageant de geler les prestations sociales en 2026 pour limiter les dépenses publiques. Un amendement parlementaire a permis de maintenir l'augmentation automatique, évitant ainsi une perte de pouvoir d'achat pour les locataires modestes. La Caisse d'allocations familiales et la Mutualité sociale agricole appliqueront ce changement automatiquement, mais il est conseillé de vérifier le nouveau montant sur son espace personnel en ligne à la réception du versement d'octobre. Pour plus d'informations, consultez notre analyse sur la prime d'activité versus retraites.

Un gel en 2027 suscite des inquiétudes

Vincent Jeanbrun, ministre du Logement, a annoncé le 19 septembre sur franceinfo que les APL ne seraient pas augmentées en 2027. « Elles ne seront pas diminuées, mais pas revalorisées non plus », a-t-il précisé, soulignant la nécessité d'un « petit effort collectif ».

Ce gel permettrait d'économiser environ 54 millions d'euros, une somme modeste comparée aux 54 milliards d'euros de réductions budgétaires prévues pour 2027. Cette décision reste à valider par le Parlement lors des discussions sur le projet de loi de finances pour 2027. Les associations de défense des locataires s'inquiètent, car l'inflation réduit le pouvoir d'achat des ménages modestes, et un gel des APL en valeur constante équivaudrait à une diminution réelle. La Fondation Abbé Pierre estime que 4,2 millions de personnes sont mal logées en France, un chiffre en hausse continue. Pour en savoir plus, lisez notre article sur le gel des APL annoncé pour 2027.

Les franchises médicales augmentent

En parallèle, le reste à charge pour les patients sur certains actes médicaux et médicaments augmentera. Le plafond annuel des franchises médicales passera de 100 à 140 euros à partir du 1er octobre 2026, selon un décret officiel.

Cette hausse se divise en deux parties. D'une part, le plafond pour les franchises médicales augmentera de 50 à 70 euros par an. D'autre part, le plafond des participations forfaitaires s'élèvera aussi de 50 à 70 euros annuels. Au total, un assuré social pourrait payer jusqu'à 140 euros par an pour ces deux dispositifs, contre 100 euros auparavant, ce qui pénalisera surtout les personnes atteintes de maladies chroniques nécessitant des soins réguliers. La ministre de la Santé, Stéphanie Rist, précise que 18 millions de Français, notamment les mineurs, les femmes enceintes et les bénéficiaires de la Complémentaire santé solidaire, sont exonérés de ces franchises.

Dès 2028, le nouveau plafond sera ajusté annuellement en fonction de l'inflation, une première pour ces franchises, jusqu'alors modifiées discrétionnairement par le gouvernement.

Augmentation continue du prix du gaz

Après une hausse de 5,6 % en septembre, le prix repère de vente de gaz (PRVG) augmentera encore en octobre, passant de 172,05 à 182,88 euros TTC par mégawattheure, soit une hausse de 6,3 % en un mois, selon la Commission de régulation de l'énergie. Cette évolution affectera environ 6 millions de ménages français ayant des offres indexées sur ce prix, soit 60 % des abonnés résidentiels au gaz. Pour ces foyers, la facture d'octobre augmentera en moyenne de 5,28 euros TTC. Les contrats à prix fixe restent protégés de ces fluctuations jusqu'à leur échéance.

Ce nouvel accroissement survient dans un contexte géopolitique tendu, avec des prix du gaz naturel élevés en raison des incertitudes sur l'approvisionnement russe et de la forte demande asiatique. Cette situation pourrait perdurer durant l'hiver 2026-2027, période de consommation accrue.

Le gouvernement n'a pas encore annoncé de mesures spécifiques pour compenser cette hausse, contrairement aux dispositifs exceptionnels de l'hiver 2022-2023. Les foyers les plus précaires peuvent toutefois bénéficier du chèque énergie, dont le montant varie entre 48 et 277 euros en fonction des ressources, versé automatiquement au printemps.

Remboursement des protections hygiéniques réutilisables

Le 1er octobre marque également le début du remboursement des protections hygiéniques réutilisables pour certaines catégories de la population, une mesure inscrite dans la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2024.

Les femmes de moins de 26 ans, sans condition de ressources, et les bénéficiaires de la Complémentaire santé solidaire pourront se faire rembourser leurs coupes et culottes menstruelles. L'Assurance maladie prendra en charge entre 55 et 65 % du prix pour les moins de 26 ans, et à 100 % pour les bénéficiaires de la C2S.

Le remboursement est soumis à plusieurs conditions : il se limite à deux produits par an, et les protections doivent respecter des normes de sécurité. Seuls les produits achetés en pharmacie sont éligibles.

Les culottes menstruelles doivent absorber au moins 12 millilitres, et les coupes menstruelles doivent avoir une contenance spécifique. Ces exigences visent à garantir l'efficacité et la sécurité des produits remboursés.

Autres changements impactant le quotidien

Le 1er octobre apporte d'autres modifications dans divers aspects de la vie quotidienne. Les tarifs réglementés de la fourrière automobile augmentent, avec un enlèvement passant à 135 euros et une garde journalière à 7,15 euros. Pour une voiture immobilisée une semaine, la facture atteindra environ 185 euros.

Les contrats de location pour logements vides ou meublés évoluent également. Les nouveaux baux doivent inclure une clause permettant la résiliation en cas de non-paiement du loyer après un commandement de payer resté sans effet pendant six semaines.

Dans le secteur funéraire, une nouvelle obligation de transparence impose aux opérateurs de fournir une notice d'information standardisée précisant les droits et démarches des familles.

Un équilibre fragile entre soutien social et rigueur budgétaire

Ces mesures reflètent le défi du gouvernement de maintenir un filet de sécurité sociale tout en gérant des finances publiques dégradées. La revalorisation des APL montre une volonté de soutenir les locataires modestes, tandis que le remboursement des protections hygiéniques réutilisables représente une avancée symbolique contre la précarité menstruelle.

Néanmoins, l'augmentation des franchises médicales et le gel des APL en 2027 indiquent un resserrement des politiques sociales. Ces décisions s'inscrivent dans un plan d'économies visant à réduire le déficit public, prévu à 5,1 % du PIB en 2026.

Les syndicats et associations caritatives critiquent ce qu'elles perçoivent comme un désengagement de l'État. La CGT a qualifié l'augmentation des franchises médicales de « double peine pour les malades », tandis que le Secours catholique s'inquiète des impacts cumulatifs sur les ménages précaires, déjà affectés par une inflation élevée.

Le gouvernement défend ces choix au nom du réalisme budgétaire. « Nous ne pouvons pas continuer à vivre au-dessus de nos moyens », déclare le ministre de l'Économie. Cependant, cet argument peine à convaincre une opinion publique de plus en plus préoccupée par la justice sociale.

Les mois à venir détermineront si cet équilibre précaire peut être maintenu. Les discussions sur le budget 2027 au Parlement s'annoncent tendues, avec des oppositions de droite et de gauche déjà mobilisées contre certaines mesures. Le sort des APL et autres prestations sociales dépendra largement de ces débats parlementaires, où chaque groupe défendra sa vision de la solidarité nationale.

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