Budget 2027 : taxer encore, vraiment ? Quelle originalité.

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By Agnès C.
Budget 2027 : taxer encore, vraiment ? Quelle originalité.
Budget 2027 : taxer encore, vraiment ? Quelle originalité. - © Economie Matin

54 milliards d'euros d'effort budgétaire annoncés pour 2027. Derrière ce chiffre impressionnant se cache une réalité bien moins glorieuse : une fois de plus, la France choisit la taxe plutôt que la réforme. Autoroutes, retraités, entreprises... Le gouvernement racle les fonds de tiroir plutôt que de s'attaquer aux vraies dépenses.

800 M€

C'est la ponction supplémentaire envisagée sur les exploitants d'autoroutes et d'aéroports dans le budget 2027. Une taxe de plus, faute de courage réformateur.

Taxer les uns, oublier de réformer : le grand classique

Jeudi 1er octobre, le gouvernement présentera en Conseil des ministres son projet de loi de finances pour 2027. 54 milliards d'euros d'effort. Le mot est choisi avec soin : "effort". Mais de qui ? Des contribuables, des retraités, des concessionnaires d'infrastructures. Pas vraiment de l'État lui-même.

Au menu : 800 millions d'euros de taxation supplémentaire sur les exploitants d'autoroutes et d'aéroports, une désindexation partielle des pensions de retraite, et une contribution accrue des entreprises. Voilà le logiciel budgétaire français dans toute sa splendeur : quand les comptes dérapent, on cherche de nouveaux prélèvements. On ne se demande jamais pourquoi la dépense publique atteint 58,2 % du PIB — du jamais vu chez nos voisins.

L'Allemagne ? 48 % du PIB. La Suède, souvent citée comme modèle social ? 49 %. La Suisse ? 34 %. Ces pays ne sont pas des jungles libérales sans protection sociale. Ils ont simplement compris qu'on peut protéger les citoyens sans asphyxier l'économie. En France, on préfère encore croire qu'une taxe de plus résoudra le problème créé par la taxe d'avant.

Retraités et concessionnaires : les nouveaux boucs émissaires

La désindexation des pensions fait beaucoup parler. L'Institut des politiques publiques l'a montré : cette mesure pèserait avant tout sur les retraités modestes. Ceux qui touchent 900 ou 1 100 euros par mois et qui n'ont aucune capacité d'ajustement. Pendant ce temps, les régimes spéciaux — ceux des agents de la RATP, de l'Opéra de Paris, des clercs de notaires — continuent d'exister dans un silence politique assourdissant.

Quant aux 800 millions ponctionnés sur les autoroutes et les aéroports : imaginez un instant que vous soyez chef d'entreprise, que vous ayez signé un contrat de concession sur trente ans avec l'État, planifié vos investissements en conséquence, et qu'un beau matin le même État décide unilatéralement de modifier les règles du jeu. Quel investisseur étranger observant la France pourra encore faire confiance à la parole publique française ? La compétitivité ne se décrète pas, elle se construit sur la prévisibilité juridique et fiscale. La France en est à l'opposé.

Le vrai sujet que personne ne veut toucher

France Travail manifeste ce mardi contre les coupes budgétaires. Les syndicats crient à l'austérité. Mais de quelle austérité parle-t-on ? La France compte 5,7 millions de fonctionnaires. Elle dépense chaque année l'équivalent de 800 milliards d'euros en dépenses publiques. Elle n'a pas voté un seul budget en équilibre depuis... 1974. Cinquante ans de déficits ininterrompus.

Le vrai courage budgétaire, il ne ressemble pas à une taxe sur les autoroutes. Il ressemble à une revue générale des dépenses publiques, mission par mission, opérateur par opérateur. Il ressemble à une réforme sérieuse du statut de la fonction publique, à une évaluation systématique des 1 200 niches fiscales, à une décentralisation réelle qui responsabilise les élus locaux sur leurs dépenses.

54 milliards d'effort annoncés. Combien proviennent de véritables économies structurelles ? La réponse à cette question dira tout sur la sincérité du redressement. Et à en juger par ce qui fuite, elle risque d'être décevante.

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Agnès C. est une économiste libérale qui conseille dans l'ombre une large partie du personnel politique français, proposant des solutions pragmatiques et courageuses pour redresser les comptes publics.

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