Corée du Sud : 200 milliards pour l’énergie américaine en échange de tarifs réduits

Le 1er octobre 2026, Donald Trump a dévoilé un accord prévoyant jusqu’à 200 milliards de dollars d’investissements sud-coréens dans les infrastructures énergétiques américaines. La Corée du Sud financerait notamment un pipeline de gaz naturel en Alaska pour 54 milliards, une centrale au Texas et huit réacteurs nucléaires.

Paolo Garoscio
By Paolo Garoscio Published on 1 octobre 2026 5h42
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Corée du Sud : 200 milliards pour l’énergie américaine en échange de tarifs réduits - © Economie Matin
54 MILLIARDS $54 milliards de dollars sont alloués au projet Alaska LNG

Le 1er octobre 2026, la Maison-Blanche a annoncé un accord d'investissement de 200 milliards de dollars entre les États-Unis et la Corée du Sud, redéfinissant la stratégie énergétique américaine. Derrière ces chiffres, se profile une négociation commerciale classique : Séoul injecte des fonds considérables, tandis que Washington réduit ses tarifs douaniers. Quelles seront les répercussions économiques pour l'Amérique ?

Un accord commercial géant masqué en plan d'investissement

Donald Trump a décrit cet accord comme « l'un des plus grands investissements dans les infrastructures énergétiques de l'histoire américaine ». La Corée du Sud s'engage à investir jusqu'à 200 milliards de dollars dans le secteur énergétique américain, en échange d'une baisse significative des tarifs douaniers américains sur ses produits. « Ils ont payé pour obtenir leur réduction, et une partie de cet argent va dans ce projet », a expliqué le président américain.

Les 200 milliards de dollars : répartition et objectifs

Ce montant se divise en trois parties : 54 milliards de dollars sont alloués au projet Alaska LNG pour un pipeline de 1 300 kilomètres, 120 milliards au secteur nucléaire pour construire huit réacteurs, dont 100 milliards pour la construction et 20 milliards en réserves, et 22,3 milliards pour une centrale électrique au gaz naturel de 6 472 mégawatts au Texas. Selon CNBC, cette répartition vise à diversifier les sources énergétiques américaines et à soutenir l'économie régionale.

La contrepartie tarifaire : comment Trump a négocié cet investissement

La stratégie repose sur un échange : les États-Unis avaient imposé des tarifs élevés sur les importations sud-coréennes, affectant l'économie de Séoul. En contrepartie d'une réduction de ces tarifs, la Corée du Sud investit dans les infrastructures américaines. Trump a expliqué que ce projet est si colossal qu'il aurait été difficile de mobiliser de tels fonds sans cet accord.

Impacts macroéconomiques : création d'emplois et prix de l'énergie

Les retombées économiques attendues se concentrent sur l'emploi et les tarifs énergétiques. Les projets promettent des milliers de postes dans la construction et l'exploitation des infrastructures. L'Alaska espère un essor économique considérable si le pipeline voit le jour. Toutefois, les analystes restent prudents face aux délais de création d'emplois, souvent retardés dans les projets d'infrastructure.

Secteurs bénéficiaires et dynamiques régionales aux États-Unis

L'Alaska nourrit de grands espoirs avec ce pipeline, le gouverneur Mike Dunleavy misant sur lui pour revitaliser l'économie locale. Le Texas, avec sa centrale au gaz, renforce sa position de pôle énergétique. Les réacteurs nucléaires, dont l'emplacement reste à déterminer, distribueront les retombées économiques sur plusieurs États. Brendan Duval, PDG de Glenfarne, affirme que le gaz pourrait atteindre les consommateurs alaskiens dans trois ans et les marchés d'exportation dans cinq ans.

Risques et incertitudes : la viabilité réelle de l'accord

Malgré l'enthousiasme, plusieurs incertitudes subsistent. L'absence de représentants sud-coréens lors de l'annonce à la Maison-Blanche a intrigué. Plus préoccupant, Séoul n'a pas encore officiellement finalisé son engagement envers le projet Alaska LNG, évaluant toujours sa rentabilité.

Pourquoi Séoul hésite encore sur le projet Alaska LNG

Le ministre sud-coréen de l'Industrie, Kim Jung-kwan, avait qualifié le projet Alaska LNG de « projet à haut risque », conditionnant toute participation à la rentabilité. AsiaOne rapporte que le gouvernement sud-coréen examine toujours sa viabilité avant de s'engager. Les investisseurs privés sud-coréens demandent des garanties sur la rentabilité à long terme, notamment concernant la demande mondiale de gaz naturel liquéfié. Les 54 milliards de dollars représentent un pari colossal pour un marché volatil.

Dépendance à la réforme fiscale de l'Alaska : un maillon faible

Le projet Alaska LNG dépend d'une réforme fiscale locale échouée en 2026. Glenfarne cherche une réduction d'impôt foncier et une modification de l'impôt sur le revenu des sociétés pour rendre le projet viable. La sénatrice républicaine de l'Alaska Cathy Giessel a exprimé ses réserves : « Que vont-ils exiger pour ces 54 milliards de dollars ? Cela devient compliqué quand une entité étrangère apporte l'essentiel du financement. » Glenfarne prévoit de relancer sa demande en janvier 2027, mais l'issue reste incertaine.

Paolo Garoscio

Rédacteur en chef adjoint. Après son Master de Philosophie, il s'est tourné vers la communication et le journalisme. Il rejoint l'équipe d'EconomieMatin en 2013.   Suivez-le sur Twitter : @PaoloGaroscio

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