Prime d’activité : gel confirmé pour 2027 sans indexation sur l’inflation

Le gouvernement gèle la prime d’activité en 2027, économisant 184 millions d’euros sur le dos de 4,5 millions de travailleurs modestes. Pendant que RSA, AAH et minimum vieillesse restent indexés à 1,8%, les actifs précaires perdront entre 180 et 372 euros annuels. Une asymétrie qui creuse les inégalités entre générations et catégories sociales.

Ade Costume Droit
By Adélaïde Motte Published on 1 octobre 2026 10h45
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Prime d’activité : gel confirmé pour 2027 sans indexation sur l’inflation - © Economie Matin
184 millions d'eurosLe gel de la prime d'activité pour 4,5 millions de travailleurs précaires représente une économie de 184 millions d'euros

Le gel de la prime d'activité pour 4,5 millions de travailleurs précaires représente une économie de 184 millions d'euros, reflétant les choix du gouvernement entre assainissement budgétaire et préservation du pouvoir d'achat des actifs modestes. Le 30 septembre 2026, Jean-Pierre Farandou, ministre du Travail et des Solidarités, a annoncé sur France 2 que la prime ne serait pas indexée sur l'inflation dans le projet de loi de finances 2027. Avec une inflation prévue de 1,8%, le gel entraînera un manque à gagner de 15 à 31 euros par mois, soit 180 à 372 euros annuels, selon la composition du foyer, alors que les retraites bénéficient d'une indexation partielle et que certaines allocations échappent au gel.

Quel gain pour l'État avec le gel de la prime d'activité ?

En 2024, les Caisses d'allocations familiales ont versé 10,3 milliards d'euros pour la prime d'activité, montant réduit à 10,20 milliards entre juillet 2025 et juin 2026. L'absence d'indexation sur l'inflation de 1,8% prévue pour 2027 permet à l'État d'éviter 184 millions d'euros de dépenses supplémentaires. Jean-Pierre Farandou a expliqué que cette décision vise à restaurer les comptes publics, confrontés à un déficit croissant et une dette en hausse.

Ce choix budgétaire affecte cependant 4,5 millions de bénéficiaires, en priorisant les allocations « fondamentales » comme le RSA, le minimum vieillesse et l'AAH, toutes indexées à 100%, au détriment des travailleurs modestes. Cette décision, à la fois politique et économique, révèle la volonté de préserver les plus démunis.

Impact du gel sur la consommation des ménages modestes

Bien qu'une perte mensuelle de 15 à 31 euros puisse sembler minime, elle devient significative lorsque multipliée par 4,5 millions de foyers. Selon Selectra, un foyer au Smic pourrait perdre entre 180 et 372 euros annuels. Les ménages modestes, qui utilisent l'intégralité de leurs revenus pour la consommation courante, verront chaque euro gelé se traduire par une baisse de leur contribution à l'économie réelle. Cette situation entraîne une diminution des dépenses dans les commerces locaux, une baisse du chiffre d'affaires des petites entreprises et une réduction des recettes fiscales.

En cherchant à restaurer les comptes publics, l'État compromet le pouvoir d'achat des travailleurs modestes, ce qui pourrait freiner la consommation et affecter les recettes fiscales futures dans un contexte de croissance faible.

Retraites indexées, salaires gelés : un fossé générationnel

Les allocations « fondamentales » comme le RSA, le minimum vieillesse et l'AAH, sont protégées par une indexation à 1,8% pour 4 millions de bénéficiaires du RSA, 600 000 du minimum vieillesse et 1,3 million de l'AAH, selon Jean-Pierre Farandou au Figaro. Cette protection vise à soutenir ceux qui ne peuvent travailler ou qui n'ont pas d'emploi, au détriment des travailleurs aux revenus modestes.

Concernant les retraites, une indexation totale jusqu'à 1.260 euros mensuels est prévue, mais le sort des pensions entre 1.260 et 2.034 euros reste flou. Les retraités modestes bénéficieront d'une protection que les actifs précaires n'auront pas, accentuant les inégalités générationnelles.

Conséquences du gel sur les actifs modestes

Pour un foyer au Smic (1.398 euros nets mensuels en 2026), le gel de la prime d'activité supprime une augmentation potentielle de 3,31 euros mensuels, soit 39,72 euros annuels pour un célibataire. Pour un couple avec deux enfants, la perte s'élèvera à 31 euros mensuels, soit 372 euros annuels. Ce manque à gagner oblige les familles à revoir leurs dépenses, impactant leur quotidien. Multiplé par 4,5 millions de bénéficiaires, le gel représente une ponction importante sur les foyers modestes.

Le gouvernement mise sur la discrétion de cette mesure, invisible dans les tableaux budgétaires, mais bien ressentie lors des fins de mois. Seuls les plus attentifs à leurs relevés CAF remarqueront l'absence de revalorisation. Par ailleurs, 3,4 millions de foyers éligibles ne réclament pas la prime, ce qui pourrait s'aggraver avec le gel, permettant au gouvernement d'économiser davantage sur le non-recours. Ce calcul économique néglige toutefois l'impact humain sur ceux qui peinent à joindre les deux bouts.

Ade Costume Droit

Diplômée en géopolitique, Adélaïde a travaillé comme chargée d'études dans un think-tank avant de rejoindre Economie Matin en 2023.

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