Bâtiments tertiaires : à -26 %, le parc français a fait la moitié du chemin vers 2030

Le bilan publié cet été place la consommation d’énergie du parc tertiaire français 26 % sous son niveau de référence. L’obligation réglementaire, elle, est fixée à 40 % en 2030. Pour les entreprises propriétaires de leurs locaux, l’écart ne se comble pas en construisant ailleurs : il se joue sur le bâtiment qu’elles occupent déjà.

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By La rédaction Last modified on 1 octobre 2026 15h26
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@shutter - © Economie Matin

Le chiffre vient du bilan OPERAT 2024-2025, publié le 20 juillet 2026 par l'ADEME et le ministère de la Transition écologique. Au 31 janvier 2026, la plateforme comptait 1 145 000 déclarations de consommation validées, correspondant à près de 340 000 bâtiments assujettis, soit une progression de 52 % des déclarations depuis le bilan 2022-2023. Le parc déclaré a donc réduit sa consommation d'un quart. Il lui reste quatorze points à gagner en quatre ans.

Une obligation qui vise l'existant, pas les projets neufs

Le dispositif Éco Énergie Tertiaire, issu du décret n° 2019-771 du 23 juillet 2019, s'applique selon l'article R174-22 du code de la construction et de l'habitation à « tout bâtiment hébergeant exclusivement des activités tertiaires sur une surface de plancher supérieure ou égale à 1 000 m² ». Les objectifs sont de 40 % de réduction en 2030, 50 % en 2040 et 60 % en 2050.

Ces objectifs peuvent être modulés, notamment en cas de contraintes techniques, architecturales ou patrimoniales, de changement d'activité, ou de coûts manifestement disproportionnés. Mais une modulation se justifie dossier à l'appui : elle ne se décrète pas depuis un tableau de bord. Beaucoup d'entreprises découvrent cette exigence au moment où elles doivent la documenter.

Le coût de la construction n'est plus l'argument

Une idée reçue veut que l'arbitrage entre construire neuf et reprendre l'existant se joue sur le prix du neuf, supposé en hausse continue. Les données de l'Insee disent autre chose : l'indice du coût de la construction s'établit à 2 084 au premier trimestre 2026, en hausse de 1,26 % sur un trimestre, mais en baisse de 2,89 % sur un an.

Autrement dit, le coût de construction n'est pas ce qui a bougé. Ce qui a bougé, c'est l'obligation attachée au bâtiment que l'entreprise possède déjà, et le calendrier qui va avec. Un dirigeant propriétaire de ses murs ne se demande plus seulement s'il doit s'agrandir : il doit d'abord savoir ce qu'il fait de son bâti actuel, et dans quel ordre.

Ce qui fait déraper un projet sur un site en activité

Trois causes reviennent dans les opérations qui dérapent. La première est un diagnostic mené trop tard : état de la structure, des réseaux, des fondations, présence d'amiante ou de plomb, autant de sujets qui coûtent beaucoup plus cher découverts en cours de chantier qu'avant de le lancer. La deuxième est un phasage mal préparé lorsque le site reste exploité pendant les travaux. La troisième est la dispersion des intervenants, qui dilue la responsabilité sur les délais au moment où ils comptent le plus. Réhabiliter un bâtiment d'entreprise en exploitation suppose donc de traiter le diagnostic, les autorisations et le phasage avant d'engager la moindre dépense de travaux.

C'est la logique du contractant général, qui porte l'ensemble de la chaîne, du diagnostic de l'existant à la livraison, sous un engagement unique de prix et de délai. Des acteurs comme Axess interviennent sur ce périmètre, y compris lorsque le bâtiment doit changer de destination ou rester partiellement occupé.

Quatre exercices budgétaires

L'échéance de 2030 représente quatre exercices. Les opérations qui pèsent réellement sur la consommation, reprise de l'enveloppe, remplacement des systèmes de chauffage et de ventilation, pilotage des installations, ne se décident pas l'année où elles doivent produire leurs effets : elles se programment, se financent et s'exécutent sur plusieurs exercices.

Le parc tertiaire a parcouru la moitié du chemin en quatre ans. La seconde moitié sera plus difficile, parce qu'elle porte sur les bâtiments les moins simples à traiter. Pour les entreprises concernées, la fenêtre de décision n'est pas 2030.

----- SOURCES DES CHIFFRES -----

Baisse de 26 %, 1 145 000 déclarations validées, près de 340 000 bâtiments assujettis au 31/01/2026, +52 % de déclarations : bilan OPERAT 2024-2025, communiqué ADEME et ministère de la Transition écologique du 20 juillet 2026.

Seuil de 1 000 m² : article R174-22 du code de la construction et de l'habitation (Légifrance).

Décret n° 2019-771 du 23 juillet 2019 et objectifs 2030 / 2040 / 2050 (Légifrance).

Indice du coût de la construction, 2 084 au 1er trimestre 2026, +1,26 % sur un trimestre et -2,89 % sur un an : Insee, Informations rapides n° 156.

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