Star Catcher, start-up floridienne, a lancé en octobre 2026 son prototype Protostar pour tester la transmission d’énergie par laser entre satellites. Soutenue par 125 millions de dollars de financement (privé et gouvernemental), l’entreprise capitalise sur la crise énergétique terrestre qui pousse les data centers et l’IA vers l’orbite. Google teste déjà des puces IA en orbite tandis que le Texas gèle les permis de nouveaux data centers face à une demande qui devrait atteindre 945 térawattheures en 2030.
Énergie spatiale : Star Catcher obtient 125 millions pour alimenter l’IA par laser

Basée à Jacksonville, Star Catcher a lancé son prototype Protostar en octobre 2026 avec une fusée SpaceX depuis Vandenberg. L'enjeu est de montrer qu'un satellite peut alimenter un autre satellite grâce à un faisceau laser, sans câbles ni batteries. Cette mission teste un système concentrant la lumière solaire via des lentilles, la transformant en faisceau laser dirigé vers des panneaux photovoltaïques d'un satellite voisin. Protostar doit suivre un CubeSat après son déploiement pour diriger son laser et mesurer l'énergie reçue. Cette expérience pourrait révolutionner l'infrastructure énergétique spatiale et ouvrir un marché estimé à plusieurs dizaines de milliards de dollars.
Le Texas stoppe les data centers : une pénurie d'énergie pour l'IA
La consommation électrique mondiale des data centers devrait atteindre 945 térawattheures d'ici 2030, dépassant celle du Japon. Face à cette demande croissante, le Texas a suspendu en septembre 2026 tous les nouveaux permis pour auditer la consommation d'électricité et d'eau des data centers. Le Nouvel Économiste souligne que le numérique, autrefois perçu comme immatériel, se révèle énergivore.
Andrew Rush, PDG de Star Catcher, souligne qu'il n'existe pas de réseau électrique dans l'espace, obligeant chaque satellite à s'appuyer sur ses propres panneaux solaires et batteries, limitant ainsi sa puissance. « Toutes les grandes applications qui stimulent l'économie spatiale, de la sécurité nationale à l'informatique orbitale basée sur l'IA, sont limitées par leur consommation d'énergie », explique-t-il.
Star Catcher et le modèle économique du laser orbital
Star Catcher a levé 65 millions de dollars en financement privé et obtenu 60 millions de la US Space Force, totalisant 125 millions de dollars pour son projet d'énergie orbitale. Le programme STRATFI de la Space Force, combinant capitaux privés et publics, soutient cette technologie stratégique. Cette double validation, commerciale et gouvernementale, prouve que la transmission d'énergie par laser n'est plus de la science-fiction.
En octobre 2025, Star Catcher avait déjà transmis plus de 1,1 kilowatt à des panneaux solaires au centre spatial Kennedy, battant ainsi le record de la DARPA. La mission Sextant Alpha a validé en orbite le logiciel de suivi des satellites à alimenter. Protostar représente la troisième phase : prouver la transmission d'énergie en conditions réelles.
Les acteurs clés dans l'écosystème spatial
SpaceX assure les lancements via ses fusées Falcon 9, notamment avec la mission Transporter-18 qui a transporté Protostar. Google teste ses puces IA en orbite, cherchant ainsi à valider le marché des data centers spatiaux. La US Space Force finance Star Catcher, soulignant l'intérêt militaire pour une infrastructure énergétique spatiale indépendante. Andrew Rush dirige le projet avec son équipe basée à Jacksonville.
Parallèlement, l'Agence spatiale européenne développe SOLARIS, un projet utilisant des micro-ondes pour transmettre de l'énergie, traversant les nuages pour alimenter des stations terrestres. Cependant, cela nécessite des antennes massives. Star Catcher privilégie les lasers pour une transmission entre satellites, un marché plus immédiat et moins controversé.
Le seuil de rentabilité pour les data centers orbitaux
Google estime que la rentabilité des data centers orbitaux s'établirait autour de 200 dollars par kilogramme de charge utile lancée. Actuellement, SpaceX facture environ 2 000 dollars par kilogramme. Le Starship de SpaceX, avec sa réutilisabilité totale, pourrait atteindre ce seuil vers le milieu des années 2030.
À ce moment-là, Star Catcher prévoit d'avoir validé sa technologie, lancé ses premiers satellites commerciaux et constitué un réseau de clients. Le marché potentiel comprend les satellites de télécommunications, les constellations d'observation terrestre, les stations spatiales privées et les data centers orbitaux. Bien que le concept de centrales solaires orbitales date des années 1970, la réutilisabilité des lanceurs le rend enfin viable économiquement.