Le baromètre Bonial d’octobre 2026 révèle un pessimisme record : 89% des Français expriment un sentiment négatif face à leur pouvoir d’achat. L’accumulation des dépenses en septembre pousse 60% des ménages à reporter leurs achats et 54% à y renoncer définitivement, tandis que 42% puisent dans leur épargne pour boucler leur budget.
Pouvoir d’achat : 89% des Français broient du noir

Les Français reportent leurs achats, renoncent à leurs projets, puisent dans leur épargne. Le baromètre Bonial de septembre 2026 dévoile une situation budgétaire tendue, avec 89% exprimant un pessimisme record concernant leur pouvoir d'achat.
Un pessimisme record sur le pouvoir d'achat
Le baromètre « Du pouvoir d'achat au vouloir d'achat » réalisé par OpinionWay pour Bonial entre le 9 et le 10 septembre 2026 révèle une dégradation inédite du moral économique. Avec 89% des Français exprimant un état d'esprit négatif, en hausse de 3 points depuis mai 2026, le moral des ménages chute à un niveau critique.
Septembre, un mois de fortes dépenses
Pour 54% des Français, septembre est le mois le plus coûteux de l'année. « Septembre n'est plus seulement la rentrée scolaire, c'est aussi le cumul des taxes, impôts, et autres dépenses », note le communiqué de Bonial. Les taxes et impôts sont mentionnés par 42% des sondés comme source principale de surcoût, suivis par l'alimentation, les frais de transport et les assurances. Une analyse du Monde souligne que cette accumulation crée un effet ciseau sévère pour les ménages modestes.
Stratégies pour faire face au choc budgétaire
Confrontés à cette pression financière, 60% des Français reportent leurs achats prévus en septembre, espérant des jours meilleurs ou des promotions. Les biens électroménagers, vêtements et projets de travaux sont les plus souvent différés. Cependant, ce report cache souvent un abandon définitif. Par ailleurs, 54% ont définitivement renoncé à certains projets, des vacances aux loisirs, affectant des besoins autrefois considérés essentiels. Selon Fabien Dutrieux, Directeur Marketing de Bonial, les Français doivent faire des choix budgétaires plus stricts, comme le confirme une étude de l'Insee relayée par Les Échos qui note un glissement vers une consommation de survie.
En dernier recours, 42% des Français ont puisé dans leur épargne pour couvrir les dépenses de septembre, signe d'une insuffisance des revenus courants.
La fin du « vouloir d'achat »
Selon le baromètre, seuls 57% des Français peuvent encore se permettre un plaisir occasionnel, un niveau historiquement bas. Le « vouloir d'achat », ou la capacité à consommer par envie, s'effondre, rendant les achats plaisir inaccessibles pour près de la moitié de la population. Les secteurs de la mode, de la culture et des loisirs voient déjà les effets de cette contraction, tandis que 63% des Français limitent leurs dépenses au strict minimum, concentrant leur budget sur l'essentiel comme l'alimentation, le logement et l'énergie.
Les disparités selon l'âge et la situation familiale
Les jeunes de 18-24 ans se montrent particulièrement réactifs face à la crise : 73% d'entre eux révisent leurs abonnements, contre 51% des 65 ans et plus. Ce groupe, souvent considéré comme dépensier, fait désormais preuve d'une gestion budgétaire stricte, entraînant une hausse des résiliations de services numériques. Les familles avec enfants, quant à elles, subissent fortement le coût de la rentrée scolaire, 67% des parents jugeant ces dépenses plus lourdes qu'auparavant. Chez les parents de deux enfants, ce chiffre monte à 75%, rendant l'accès à l'éducation et aux activités périscolaires de plus en plus inégalitaire.
Un signal d'alerte pour l'avenir de la consommation
Selon Bonial, les arbitrages budgétaires actuels sont un signe à surveiller pour les mois à venir. Si les reports se transforment en renoncements définitifs, la consommation des ménages, moteur principal de la croissance française, pourrait ralentir durablement. Les secteurs non essentiels risquent alors une spirale déflationniste, avec des répercussions sur l'emploi et l'investissement. Le quatrième trimestre 2026 sera crucial pour déterminer si les ménages retrouvent des marges de manœuvre ou si une crise de confiance plus profonde s'installe, compromettant la reprise économique attendue en 2027.
