Les nouvelles réglementations européennes, notamment l’interdiction de la destruction des invendus et le déploiement du passeport numérique des produits (DPP), transforment le secteur du retail. Les entreprises doivent adopter des solutions intelligentes d’IA, de répartition des stocks et de traçabilité numérique pour répondre à ces exigences et transformer ces obligations en opportunités commerciales.
Du gaspillage à la valeur : s’adapter à la nouvelle ère du retail responsable en Europe

Le secteur européen de la distribution s'apprête à connaître une transformation majeure. De nouvelles réglementations marquent la fin de certaines pratiques génératrices de gaspillage et ouvrent la voie à une économie plus transparente et circulaire. Pendant des décennies, la destruction des invendus, notamment dans les secteurs de la mode et du luxe, a représenté un coût important tant pour les entreprises que l'environnement.
Depuis le 19 juillet, l'Union européenne interdit cette pratique pour les vêtements et les chaussures. Cette nouvelle réglementation, associée au déploiement progressif du passeport numérique des produits (DPP), instaure de nouvelles exigences de responsabilité qui nécessitent une gestion plus intelligente des stocks et une meilleure maîtrise de l'ensemble du cycle de vie des produits.
La fin de la destruction comme outil de gestion des invendus
La pratique consistant à détruire des produits parfaitement utilisables pour préserver l'image de marque et gérer les surstocks est de plus en plus remise en question. Rien qu'en France, environ 630 millions d'euros de produits invendus seraient détruits chaque année. À l'échelle européenne, les études estiment qu'entre 4 % et 9 % des textiles mis sur le marché sont détruits avant même d'atteindre un consommateur, générant environ 5,6 millions de tonnes de CO₂ par an.
Les nouvelles règles européennes s'attaquent directement à cette problématique et obligent les entreprises à trouver des alternatives plus durables pour leurs invendus, en privilégiant une gestion plus efficace des stocks, explorer la revente et le reconditionnement, ou encore faciliter les dons.
Privilégier des prévisions et une répartition plus intelligentes
Le moyen le plus efficace de limiter la destruction des invendus consiste à éviter leur accumulation. Or, la surproduction résulte souvent d'un décalage entre l'offre et la demande, amplifié par les cycles rapides de la fast fashion et la diversité des gammes de produits. Les prévisions basées sur l'IA offrent une réponse en permettant de mieux anticiper la demande et de produire et stocker les articles réellement recherchés par les consommateurs.
Les systèmes de répartition intelligente permettent ensuite d'acheminer les produits vers les magasins où leurs chances d'être vendus sont les plus élevées, ou d'utiliser les stocks excédentaires pour honorer directement des commandes digitales. Cette approche optimise les ventes à meilleure marge, accélère l'écoulement des stocks et fluidifie l'expérience client. Pour les marques de luxe traditionnellement réticentes aux remises, la tarification dynamique tout au long du cycle de vie permet également de gérer des prix spécifiques sans diluer le prestige de la marque.
L'avènement du passeport numérique des produits
En parallèle se profile l'entrée en vigueur du passeport numérique des produits (DPP). Le règlement européen sur l'écoconception des produits durables (ESPR) prévoit la création d'un dossier numérique structuré pour la quasi-totalité des produits physiques commercialisés dans l'Union européenne.
Accessible via un identifiant scannable, ce passeport contiendra des données vérifiées sur la composition, l'origine, l'empreinte carbone, la réparabilité et les instructions relatives à la fin de vie des produits. Pour le textile et la mode, le déploiement du DPP devrait débuter en 2027, et évoluer progressivement vers un modèle pleinement circulaire d'ici 2033.
L'accès à ces informations nécessite de créer un lien entre le produit physique et ses données numériques. De nombreuses entreprises pourront s'appuyer sur un identifiant scannable, souvent un code 2D reposant sur la norme GS1 Digital Link. Le consommateur peut ainsi accéder aux informations du DPP depuis son smartphone, tandis que les commerçants peuvent utiliser ce même code lors du passage en caisse.
Se préparer au DPP suppose donc de créer une source unique et fiable d'informations produits, de centraliser les données, d'aligner les fournisseurs sur de nouvelles exigences et de déployer les technologies permettant de relier chaque produit physique à son jumeau numérique. Cartographier les chaînes d'approvisionnement et constituer des données conformes étant complexe, anticiper peut constituer un véritable avantage concurrentiel.
Une nouvelle réalité pour le secteur du retail
Ces nouvelles exigences nécessitent un socle d'opérations intelligentes, permettant aux entreprises de s'appuyer sur de solutions matérielles, logicielles et d'automatisation conçues pour les équipes terrain afin d'atteindre le niveau de précision des stocks pour réduire le gaspillage. Une visibilité en temps réel, des équipes terrain connectées et des workflows optimisés, associées à l'automatisation intelligente et à la visibilité des actifs permettent de fournir les capacités nécessaires pour suivre précisément les produits, de leur fabrication jusqu'à leur éventuelle revente.
S'appuyer sur des décennies d'expertise dans les solutions de capture de données permet d'atteindre le niveau de transparence désormais attendu par les régulateurs et les consommateurs. En combinant innovation et engagement envers les clients, les entreprises peuvent ainsi transformer ces nouvelles responsabilités en opportunités et améliorer le travail quotidien des collaborateurs et des communautés.
