Le gouvernement reconduit l’indemnité carburant destinée aux grands rouleurs pour trois mois supplémentaires, d’octobre à décembre 2026. Le montant de cette aide double, passant de 50 à 100 euros, tandis que les critères d’éligibilité s’élargissent pour couvrir 5,5 millions de travailleurs contre 3 millions précédemment.
Grands rouleurs : l’indemnité carburant augmentée à 100 euros jusqu’en décembre

Le dispositif d'aide pour les grands rouleurs connaît une nouvelle extension. Initialement prévu pour se terminer fin septembre, il se prolonge de trois mois, couvrant ainsi la période d'octobre à décembre 2026. De plus, l'indemnité carburant double, passant de 50 à 100 euros. Cette mesure s'inscrit dans un contexte de tensions persistantes sur les prix à la pompe et élargit le nombre de bénéficiaires potentiels de 3 à 5,5 millions de travailleurs.
Une aide doublée à 100 euros
Le gouvernement a annoncé une revalorisation significative de l'aide aux travailleurs dépendants de leur véhicule. Lors de la première phase en mai, sur proposition de Sébastien Lecornu, l'indemnité était de 50 euros pour trois mois, soit environ 20 centimes par litre. Pour octobre à décembre, elle atteint 100 euros, soit 40 centimes par litre pour une consommation moyenne. Cette augmentation reflète les difficultés persistantes des ménages face à un budget carburant pesant sur leur pouvoir d'achat.
Le ministère de l'Économie souligne que les prix à la pompe ont beaucoup fluctué en 2026, justifiant le maintien du soutien financier. L'administration fiscale précise sur Service Public que « l'aide passe à 100 euros pour octobre à décembre », illustrant l'effort de l'État. Pour les travailleurs concernés, le dispositif s'ajoute à d'autres aides pour alléger la facture énergétique.
Versement sans démarche pour les anciens bénéficiaires
Cette reconduction simplifie les démarches administratives. Les bénéficiaires précédents recevront automatiquement les 100 euros à la mi-octobre sur le compte bancaire enregistré auprès de l'administration fiscale. Cette procédure concerne plusieurs millions de travailleurs déjà éligibles.
Pour les nouveaux demandeurs, le processus est progressif. À partir du 12 octobre 2026, un simulateur actualisé permettra de vérifier l'éligibilité selon les nouvelles conditions. Les demandes pourront être déposées dès le 22 octobre via l'Espace Finances publiques sur impots.gouv.fr. L'aide sera versée dans un délai d'une dizaine de jours ouvrés.
Critères élargis pour bénéficier de l'aide
L'extension la plus marquante réside dans l'élargissement des critères d'éligibilité. Le dispositif, initialement destiné à environ 3 millions de personnes, vise désormais 5,5 millions de travailleurs grâce à l'augmentation des plafonds de revenus, intégrant davantage de ménages de la classe moyenne inférieure.
Les conditions de base restent inchangées. Les candidats doivent résider fiscalement en France, avoir au moins 16 ans au 31 décembre 2024 et justifier de revenus d'activité professionnelle, incluant salaires, bénéfices industriels et commerciaux (BIC), bénéfices non commerciaux (BNC) ou agricoles (BA).
Définition des grands rouleurs
La définition repose sur deux critères alternatifs : parcourir au moins 15 kilomètres par trajet entre domicile et travail, soit 30 kilomètres aller-retour, ou effectuer au moins 8 000 kilomètres annuels pour son activité professionnelle, trajets domicile-travail inclus.
Ces seuils reflètent les réalités territoriales, notamment la périurbanisation et l'éloignement entre lieux de résidence et bassins d'emploi. Dans les zones rurales et périurbaines, l'absence de transports en commun contraint des millions de salariés à utiliser quotidiennement leur véhicule. Pour ces ménages, le carburant représente souvent 5 à 10 % du budget mensuel. Les tensions sur les prix à la pompe accentuent cette pression sur le pouvoir d'achat.
Quels véhicules sont éligibles ?
L'indemnité concerne les véhicules terrestres à moteur thermique ou hybride non rechargeable à deux, trois ou quatre roues. Les véhicules électriques et hybrides rechargeables sont exclus, l'aide visant à compenser la hausse des prix des carburants fossiles.
Le véhicule doit être assuré à la date de la demande et utilisé dans le cadre professionnel. Une seule demande par véhicule est acceptée pour éviter les doublons, même si le véhicule est partagé par plusieurs membres d'un foyer.
Plafonds de revenus adaptés à la composition familiale
Le revenu fiscal de référence est crucial pour l'éligibilité. Pour octobre à décembre 2026, le plafond est fixé à 16 880 euros par part pour l'année fiscale 2024. Une personne seule peut gagner jusqu'à 2 035 euros net par mois tout en restant éligible. Pour un couple avec un enfant, le seuil est de 4 070 euros de revenus nets cumulés, et avec deux enfants, il atteint 6 100 euros.
Ces montants visent à cibler les ménages modestes et moyens, pour qui les contraintes budgétaires liées aux déplacements professionnels sont les plus lourdes. Selon l'INSEE, les 30 % de ménages aux revenus les plus faibles consacrent deux fois plus de leur budget aux déplacements que les 30 % les plus aisés, surtout dans les zones peu denses.
Un dispositif complémentaire mais temporaire
L'indemnité carburant pour grands rouleurs complète d'autres mesures comme la prime de transport et les avantages fiscaux du barème kilométrique. Contrairement à des aides généralisées comme la remise de 18 centimes par litre de 2022, ce mécanisme est ciblé sur les plus exposés.
Le coût pour les finances publiques reste modéré. Avec 5,5 millions de bénéficiaires potentiels et une aide de 100 euros, le budget global est d'environ 550 millions d'euros pour le dernier trimestre 2026, une somme modeste comparée à d'autres dépenses sociales ou fiscales.
Quelle pérennité après décembre ?
Si l'aide jusqu'à fin 2026 soulage les travailleurs concernés, des questions demeurent sur sa continuité. Le gouvernement n'a pas encore annoncé de prolongation au-delà du 31 décembre 2026. Les tensions énergétiques et les enjeux de transition écologique suggèrent une volatilité persistante des prix des carburants.
Certains économistes préconisent une transformation structurelle des aides à la mobilité, intégrant davantage d'enjeux environnementaux. Plutôt que des soutiens conjoncturels, ils suggèrent d'investir dans les transports collectifs en zones périurbaines, l'acquisition de véhicules moins consommateurs et le covoiturage. Toutefois, ces solutions nécessitent des investissements lourds et du temps, peu compatibles avec l'urgence sociale actuelle.
Comment faire sa demande ?
Pour ceux n'ayant jamais demandé l'aide, la procédure est simple. Dès le 22 octobre, il suffit de se connecter à son Espace Finances publiques sur impots.gouv.fr et de remplir le formulaire dédié. Les informations à fournir incluent la distance domicile-travail ou le kilométrage annuel, ainsi que les caractéristiques du véhicule.
Le simulateur disponible le 12 octobre permet d'anticiper l'éligibilité avant de faire une demande formelle. Accessible sans authentification, il nécessite des informations sur la situation familiale, les revenus et les déplacements. L'administration fiscale recommande de préparer les justificatifs nécessaires, notamment l'attestation d'assurance du véhicule et, si besoin, un justificatif de distance domicile-travail.
L'indemnité carburant illustre les défis auxquels font face les pouvoirs publics pour équilibrer soutien au pouvoir d'achat, contraintes budgétaires et objectifs de transition écologique. Dans un pays où près de 70 % des actifs utilisent leur voiture pour aller au travail selon le ministère des Transports, la mobilité reste une question centrale. Pour les grands rouleurs, ces 100 euros sont un coup de pouce, mais ne résolvent pas la question de fond : comment permettre à chacun de se déplacer sans que cela devienne un fardeau financier insoutenable ?
La reconduction de l'aide jusqu'à la fin de l'année offre un répit temporaire. Reste à voir si 2027 apportera des solutions plus structurelles aux défis de mobilité des Français les plus dépendants de leur véhicule. En attendant, les 5,5 millions de bénéficiaires potentiels peuvent se préparer à leur demande dès le 22 octobre. Pour plus d'informations, le site Service-Public.fr détaille toutes les conditions et modalités pratiques.