Les produits en vrac ont convaincu un tiers des ménages en 2025

Les habitudes de consommation évoluent, et les ménages français semblent redécouvrir les atouts du vrac et du réemploi. Portées par des préoccupations écologiques et économiques, ces pratiques gagnent à nouveau du terrain. Une étude récente souligne des chiffres encourageants et révèle un potentiel encore important pour transformer durablement les modes de consommation.

Paolo Garoscio
By Paolo Garoscio Published on 13 mars 2026 10h18
Vente En Vrac Produits Autorisation Interdiction Consommation Reglementation
Les produits en vrac ont convaincu un tiers des ménages en 2025 - © Economie Matin
71%71 % des Français se déclarent inquiets ou très inquiets face au changement climatique

Mars 2026 marque une nouvelle étape dans l’observation des tendances de consommation responsable en France. Selon l’étude « Vrac et réemploi – Des habitudes déjà bien ancrées et du potentiel pour aller plus loin », réalisée par NielsenIQ pour Réseau Vrac & Réemploi en 2026, les ménages français semblent progressivement renouer avec les pratiques d’achat en vrac et les systèmes de réemploi.

Les ménages redécouvrent le vrac, entre consommation responsable et écologie

Après plusieurs années de ralentissement, le vrac montre des signes de reprise. Selon l’étude publiée par NielsenIQ et Réseau Vrac & Réemploi en 2026, 32 % des ménages français ont acheté au moins un produit en vrac ou en consigne alimentaire au cours des douze derniers mois. Ce chiffre marque une stabilisation après une période de recul, tout en confirmant que ces modes de consommation restent solidement installés dans les pratiques.

Cette évolution s’inscrit dans un contexte économique particulier. L’inflation cumulée entre janvier 2022 et janvier 2024 a atteint 20 %, ce qui a fortement pesé sur les budgets des ménages. Aujourd’hui encore, 79 % des Français se déclarent fragilisés ou prudents face à leur situation financière. Malgré cela, l’intérêt pour des alternatives plus durables ne disparaît pas.

Parallèlement, les préoccupations environnementales continuent de jouer un rôle important dans les décisions d’achat. Ainsi, 71 % des Français se déclarent inquiets ou très inquiets face au changement climatique, selon l’étude NielsenIQ 2026. Dans ce contexte, le vrac apparaît pour beaucoup comme une solution concrète permettant de réduire les emballages et de limiter l’impact environnemental de la consommation.

Ménages et vrac : des catégories de consommation en forte progression

Si le vrac progresse globalement, certaines catégories de produits tirent particulièrement la croissance. Les épices et les biscuits figurent parmi les produits ayant enregistré les plus fortes progressions d’acheteurs. Selon l’étude NielsenIQ 2026, la pénétration des épices en vrac a progressé de 3,5 points entre 2024 et 2025, tandis que celle des biscuits a augmenté de 3,3 points.

Ces catégories présentent plusieurs avantages pour les consommateurs. Elles sont faciles à acheter en petite quantité, limitent le gaspillage et s’intègrent facilement dans les habitudes d’achat. De plus, elles correspondent souvent à des produits consommés régulièrement, ce qui favorise leur adoption dans les rayons vrac.

Cependant, l’étude souligne que l’accès au vrac dépend encore largement de facteurs pratiques. Le magasin habituel reste le premier critère d’achat pour 43 % des consommateurs. La proximité du point de vente et la présence d’une offre suffisante de produits en vrac jouent également un rôle déterminant dans la décision des ménages.

Réemploi et consommation : les ménages adoptent déjà de nombreux gestes
Au-delà du vrac, les pratiques de réemploi sont déjà bien présentes dans le quotidien des Français. L’étude NielsenIQ 2026 met en lumière un comportement particulièrement répandu : la réutilisation des emballages pour l’envoi de colis. Selon l’étude, 91 % des Français déclarent réutiliser des emballages conservés lors d’achats précédents lorsqu’ils expédient un colis. Dans de nombreux foyers, conserver des cartons ou des emballages devient un réflexe.

Plus largement, les comportements de seconde main continuent de se développer. Une part importante des consommateurs revend, donne ou réutilise des objets encore fonctionnels. L’étude NielsenIQ 2026 souligne qu’une proportion significative de produits pourrait encore être réparée ou réemployée, ce qui montre que le potentiel de développement du réemploi reste important.

Pouvoir d’achat et consommation : les conditions pour convaincre davantage de ménages

Malgré ces avancées, plusieurs obstacles freinent encore l’adoption plus large du vrac et du réemploi. Le principal frein reste le prix. Selon l’étude NielsenIQ 2026, 32 % des consommateurs estiment que les prix au kilo des produits en vrac sont plus élevés que ceux des produits emballés.

D’autres facteurs interviennent également. Le manque de produits disponibles, le temps nécessaire pour faire ses courses ou encore la nécessité de s’organiser constituent autant de freins pour certains ménages. Dans le cas de la consigne alimentaire, la complexité perçue du système ou la contrainte de rapporter les emballages sont également évoquées.

Pour encourager davantage de consommateurs, plusieurs leviers apparaissent essentiels. L’étude NielsenIQ 2026 souligne notamment l’importance de proposer des offres adaptées au budget des ménages, d’améliorer la praticité des dispositifs et d’augmenter la variété des produits disponibles. Le développement de promotions et d’incitations financières pourrait également favoriser l’adoption de ces pratiques.

Paolo Garoscio

Rédacteur en chef adjoint. Après son Master de Philosophie, il s'est tourné vers la communication et le journalisme. Il rejoint l'équipe d'EconomieMatin en 2013.   Suivez-le sur Twitter : @PaoloGaroscio

No comment on «Les produits en vrac ont convaincu un tiers des ménages en 2025»

Leave a comment

* Required fields