France à bout : quand l’État nous fait les poches jusqu’à l’os

Photo Jean Baptiste Giraud
By Jean-Baptiste Giraud
France à bout : quand l'État nous fait les poches jusqu'à l'os
France à bout : quand l'État nous fait les poches jusqu'à l'os - © Economie Matin

La France de l'automne 2026 ressemble à une cocotte-minute sans soupape : agriculture sinistrée, chômage en hausse, lycéens dans la rue, et une dette publique qui dévore tout sur son passage. Mais plutôt que de réformer, l'État choisit une fois de plus la solution de facilité : taxer davantage. Bienvenue dans la République des mauvaises nouvelles.

17 %

Le taux de prélèvement exceptionnel que l'État veut imposer sur les avoirs bancaires en déshérence — une ponction qui illustre la fébrilité fiscale du gouvernement.

La France qui craque n'est pas née par hasard

Force est de constater que le tableau dressé ce dimanche par la presse est accablant. Agriculteurs ruinés par des canicules répétées et des charges qui écrasent leurs marges, lycéens mobilisés, pouvoir d'achat en chute libre, marché du logement grippé. On pourrait croire à une accumulation de malchances. Ce serait trop commode. Ce que nous vivons en octobre 2026, c'est la facture d'une décennie de laxisme budgétaire et d'un État obèse qui a préféré emprunter plutôt que de se réformer.

Les taux d'intérêt ont explosé. Ce n'est pas une surprise : quand on accumule les déficits année après année, les marchés finissent par envoyer la note. Et quelle note. Le ministre des Comptes publics David Amiel parle lui-même de hausse « préoccupante » du coût de l'emprunt. Je veux bien saluer la lucidité du diagnostic, mais on aimerait aussi entendre parler de remèdes à la hauteur. Car appeler au « ressaisissement collectif » quand on présente un budget 2027 qui prévoit encore de nouvelles ponctions, ce n'est pas de la politique économique, c'est de la communication.

Taxer les avoirs dormants : le symbole d'un État à court d'idées

Le projet de prélèvement de 17 % sur les comptes et avoirs en déshérence dit tout sur l'état d'esprit de nos gouvernants. Certes, ces fonds n'appartiennent plus à personne d'identifiable — du moins, c'est l'argument avancé. Mais cette logique est redoutable : dès que l'État repère un gisement d'argent, même marginal, même justifié a minima, il plonge la main dedans.

Je pense que c'est là le symptôme le plus révélateur de notre époque. Plutôt que de réduire la dépense publique — qui représente encore près de 57 % du PIB, un record en Europe occidentale — on gratte les fonds de tiroir. En Allemagne, en Suisse ou aux Pays-Bas, on ne comble pas les déficits en taxant des comptes dormants. On commence par couper dans les budgets superflus.

Et pendant ce temps, Bernard Arnault sort du top 10 mondial des grandes fortunes. Ce n'est pas anecdotique. C'est le signal que la France n'est plus perçue comme un terrain favorable à la création et à la conservation de la richesse. Quand les grands patrimoines fuient ou s'érodent, c'est toute la base fiscale qui rétrécit — et ce sont les classes moyennes qui ramassent la mise.

La sortie de crise n'est pas un vœu pieux, c'est un choix politique

La bonne nouvelle — il en faut une — c'est que la France n'est pas condamnée. Ni la géographie, ni la démographie, ni notre tissu industriel ne justifient ce décrochage. Ce qui nous plombe, c'est un logiciel politique resté bloqué sur l'année 1981 : dépenser, emprunter, taxer.

La vraie réponse à la crise agricole, ce sont des charges allégées et des normes simplifiées. La vraie réponse au chômage, c'est un marché du travail moins rigide. La vraie réponse à la dette, c'est moins d'État, pas plus d'impôts.

Le ressaisissement que j'appelle de mes vœux, moi, n'est pas collectif. Il est politique. Et il commence par reconnaître que ce n'est pas le contribuable qui a le problème — c'est l'État qui ne sait plus vivre selon ses moyens.

Photo Jean Baptiste Giraud

Jean-Baptiste Giraud est le fondateur et directeur de la rédaction d'Economie Matin.  Jean-Baptiste Giraud a commencé sa carrière comme journaliste reporter à Radio France, puis a passé neuf ans à BFM comme reporter, matinalier, chroniqueur et intervieweur. En parallèle, il était également journaliste pour TF1, où il réalisait des reportages et des programmes courts diffusés en prime-time.  En 2004, il fonde Economie Matin, qui devient le premier hebdomadaire économique français. Celui-ci atteint une diffusion de 600.000 exemplaires (OJD) en juin 2006. Un fonds economique espagnol prendra le contrôle de l'hebdomadaire en 2007. Après avoir créé dans la foulée plusieurs entreprises (Versailles Events, Versailles+, Les Editions Digitales), Jean-Baptiste Giraud a participé en 2010/2011 au lancement du pure player Atlantico, dont il est resté rédacteur en chef pendant un an. En 2012, soliicité par un investisseur pour créer un pure-player économique,  il décide de relancer EconomieMatin sur Internet  avec les investisseurs historiques du premier tour de Economie Matin, version papier.  Éditorialiste économique sur Sud Radio de 2016 à 2018, Il a également présenté le « Mag de l’Eco » sur RTL de 2016 à 2019, et « Questions au saut du lit » toujours sur RTL, jusqu’en septembre 2021.  Jean-Baptiste Giraud est également l'auteur de nombreux ouvrages, dont « Dernière crise avant l’Apocalypse », paru chez Ring en 2021, mais aussi de "Combien ça coute, combien ça rapporte" (Eyrolles), "Les grands esprits ont toujours tort", "Pourquoi les rayures ont-elles des zèbres", "Pourquoi les bois ont-ils des cerfs", "Histoires bêtes" (Editions du Moment) ou encore du " Guide des bécébranchés" (L'Archipel).

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