La France de l'automne 2026 ressemble à une cocotte-minute sans soupape : agriculture sinistrée, chômage en hausse, lycéens dans la rue, et une dette publique qui dévore tout sur son passage. Mais plutôt que de réformer, l'État choisit une fois de plus la solution de facilité : taxer davantage. Bienvenue dans la République des mauvaises nouvelles.
17 %
Le taux de prélèvement exceptionnel que l'État veut imposer sur les avoirs bancaires en déshérence — une ponction qui illustre la fébrilité fiscale du gouvernement.
La France qui craque n'est pas née par hasard
Force est de constater que le tableau dressé ce dimanche par la presse est accablant. Agriculteurs ruinés par des canicules répétées et des charges qui écrasent leurs marges, lycéens mobilisés, pouvoir d'achat en chute libre, marché du logement grippé. On pourrait croire à une accumulation de malchances. Ce serait trop commode. Ce que nous vivons en octobre 2026, c'est la facture d'une décennie de laxisme budgétaire et d'un État obèse qui a préféré emprunter plutôt que de se réformer.
Les taux d'intérêt ont explosé. Ce n'est pas une surprise : quand on accumule les déficits année après année, les marchés finissent par envoyer la note. Et quelle note. Le ministre des Comptes publics David Amiel parle lui-même de hausse « préoccupante » du coût de l'emprunt. Je veux bien saluer la lucidité du diagnostic, mais on aimerait aussi entendre parler de remèdes à la hauteur. Car appeler au « ressaisissement collectif » quand on présente un budget 2027 qui prévoit encore de nouvelles ponctions, ce n'est pas de la politique économique, c'est de la communication.
Taxer les avoirs dormants : le symbole d'un État à court d'idées
Le projet de prélèvement de 17 % sur les comptes et avoirs en déshérence dit tout sur l'état d'esprit de nos gouvernants. Certes, ces fonds n'appartiennent plus à personne d'identifiable — du moins, c'est l'argument avancé. Mais cette logique est redoutable : dès que l'État repère un gisement d'argent, même marginal, même justifié a minima, il plonge la main dedans.
Je pense que c'est là le symptôme le plus révélateur de notre époque. Plutôt que de réduire la dépense publique — qui représente encore près de 57 % du PIB, un record en Europe occidentale — on gratte les fonds de tiroir. En Allemagne, en Suisse ou aux Pays-Bas, on ne comble pas les déficits en taxant des comptes dormants. On commence par couper dans les budgets superflus.
Et pendant ce temps, Bernard Arnault sort du top 10 mondial des grandes fortunes. Ce n'est pas anecdotique. C'est le signal que la France n'est plus perçue comme un terrain favorable à la création et à la conservation de la richesse. Quand les grands patrimoines fuient ou s'érodent, c'est toute la base fiscale qui rétrécit — et ce sont les classes moyennes qui ramassent la mise.
La sortie de crise n'est pas un vœu pieux, c'est un choix politique
La bonne nouvelle — il en faut une — c'est que la France n'est pas condamnée. Ni la géographie, ni la démographie, ni notre tissu industriel ne justifient ce décrochage. Ce qui nous plombe, c'est un logiciel politique resté bloqué sur l'année 1981 : dépenser, emprunter, taxer.
La vraie réponse à la crise agricole, ce sont des charges allégées et des normes simplifiées. La vraie réponse au chômage, c'est un marché du travail moins rigide. La vraie réponse à la dette, c'est moins d'État, pas plus d'impôts.
Le ressaisissement que j'appelle de mes vœux, moi, n'est pas collectif. Il est politique. Et il commence par reconnaître que ce n'est pas le contribuable qui a le problème — c'est l'État qui ne sait plus vivre selon ses moyens.

