LVMH affiche un chiffre d’affaires de 18,5 milliards d’euros au troisième trimestre en progression de 1 % en organique, mais la mode et maroquinerie reculent de 5 % en raison surtout de la faiblesse de la demande chinoise. Les autres régions et la diversification (Sephora, joaillerie, vins et spiritueux) offrent cependant des relais de croissance pour compenser cette faiblesse.
LVMH : la croissance résiste mais la mode recule

LVMH a réalisé un chiffre d'affaires de 18,5 milliards d'euros au troisième trimestre, en progression de 1 % en organique, après 3 % au deuxième trimestre. La croissance du groupe aux 75 marques continue de progresser, mais cette publication révèle surtout une reprise inégale.
Le principal point de vigilance concerne la mode et maroquinerie, dont les ventes reculent de 5 % en organique au T3, après une progression de 1 % au précédent. Cette division, qui représente environ 46 % du chiffre d'affaires sur neuf mois, a été impacté par le contexte géopolitique au Moyen-Orient mais surtout par le recul de la demande en Chine. Après les hausses de prix des dernières années, les consommateurs chinois se tournent de plus en plus vers des marques chinoises qui deviennent également plus crédibles, avec des produits culturellement proches et des prix souvent plus accessibles.
Cependant, les autres régions offrent des appuis. Les États-Unis progressent de 5 %, l'Europe de 4 % et le Japon de 6 %. L'amélioration européenne est encourageante, après un deuxième trimestre stable. Elle montre que les difficultés du luxe restent contrastées selon les marchés. Les bonnes performances de Dior et de Loro Piana montrent que des propositions attractives peuvent encore stimuler les achats. Pour LVMH, l'enjeu consiste à transformer l'intérêt pour les nouvelles collections en ventes régulières. Cela demande du temps, particulièrement lorsque les clients comparent davantage et espacent leurs achats.
La diversification joue pleinement son rôle d'amortisseur. La distribution sélective accélère à 8 %, portée par Sephora, tandis que les vins et spiritueux progressent de 6 %, tout comme les montres et la joaillerie. Cette dernière activité bénéficie notamment de Tiffany et Bvlgari. La joaillerie apporte un soutien complémentaire. Les matières précieuses peuvent renforcer la perception de valeur durable des produits, tandis que les collections emblématiques rassurent les acheteurs. LVMH dispose ainsi de plusieurs relais de croissance, capables de compenser une partie de la faiblesse de la maroquinerie.
Pour les investisseurs, la question centrale reste la capacité de la mode à repartir. Le problème logistique ponctuel signalé chez Louis Vuitton pourrait expliquer une partie du recul, sans que son impact soit précisé. Si la demande chinoise reste durablement affaiblie, la diversification pourrait amortir le choc sans suffire à sortir LVMH d'une longue période de croissance faible.
