Avec 56% des électeurs plaçant le pouvoir d’achat en priorité absolue, Marine Le Pen domine les intentions de vote pour la présidentielle 2027. Trois sondages majeurs d’octobre convergent : la candidate du Rassemblement national obtiendrait 67 à 68% au second tour face à Jean-Luc Mélenchon. L’enjeu économique redessine les équilibres électoraux, tandis que la division du bloc central fragilise les candidats modérés.
Le Pen à 67% face à Mélenchon selon trois sondages d’octobre 2026

Avec 56% des électeurs considérant le pouvoir d'achat comme leur priorité, les principaux sondages d'octobre 2026 prévoient un duel présidentiel où Marine Le Pen devance largement Jean-Luc Mélenchon au second tour, avec 67 à 68% des voix contre 32 à 33%. L'économie prime sur les autres considérations politiques. Trois instituts de sondage (Odoxa, Ifop-Fiducial, Toluna-Harris Interactive) anticipent ce scénario, malgré leurs méthodologies variées. La candidate du Rassemblement national tire parti des préoccupations financières des ménages français, tandis que le leader insoumis peine à élargir son électorat.
Le pouvoir d'achat, priorité des sondages présidentiels
Le sondage Toluna-Harris Interactive mené du 5 au 8 octobre 2026 auprès de 2 004 personnes montre que le pouvoir d'achat est la principale préoccupation électorale. La santé suit avec 40%, l'immigration à 34% et les impôts à 33%. Cette hiérarchie modifie l'analyse habituelle de l'élection présidentielle française, traditionnellement dominée par des questions de sécurité et d'immigration.
Malgré les efforts de la Banque centrale européenne, l'inflation persistante explique cette priorité. Les ménages français, confrontés à une inflation plus élevée qu'attendu en septembre 2026, ajustent leurs choix électoraux en fonction de critères budgétaires concrets. Le coût du carburant, des produits alimentaires et des factures énergétiques pèse davantage que les débats institutionnels ou géopolitiques.
Les sondages et leurs scénarios économiques
Les trois instituts ont testé divers scénarios pour évaluer l'impact des programmes économiques. Odoxa (12 005 personnes interrogées du 24 septembre au 7 octobre, marge d'erreur de 0,6 à 1,2 point) a comparé différentes configurations du bloc central. Ifop-Fiducial (1 390 inscrits sur les listes électorales, 12-14 octobre) a inclus des hypothèses d'union ou de division des centristes. Toluna-Harris Interactive a mesuré la crédibilité économique perçue de chaque candidat.
Les résultats montrent que Marine Le Pen recueille 37 à 38% au premier tour selon Odoxa, et 35 à 37% selon Toluna-Harris Interactive. Jean-Luc Mélenchon obtient entre 18 et 18,5% dans tous les scénarios. Édouard Philippe, ancien Premier ministre, oscille entre 17 et 18% s'il rassemble seul le bloc central, et 13% s'il partage l'espace avec Gabriel Attal. Public Sénat note que cette tendance s'inscrit depuis mai 2026.
Philippe vs Attal : enjeux économiques du bloc central
Un paradoxe stratégique apparaît dans l'arithmétique électorale. Si Édouard Philippe mène seul le bloc central, il obtient 18% au premier tour (sondage Ifop-Fiducial), réduisant l'écart avec Mélenchon à 2 points (16% pour Mélenchon). Cependant, si Philippe et Attal se présentent, Mélenchon atteint 18% tandis que Philippe chute à 13%, un écart de 5 points favorable à la gauche radicale.
Pour les électeurs centristes, la division du bloc est un risque d'inefficacité démocratique. Face à Marine Le Pen au second tour, Philippe obtiendrait 47% des voix selon Toluna-Harris Interactive, contre 32% pour Mélenchon. La fragmentation du centre favorise le scénario le plus défavorable aux électeurs modérés sur le plan économique.
Le Pen-Mélenchon : visions économiques opposées
Au second tour, Marine Le Pen obtiendrait 67% face à Mélenchon selon Odoxa, et 68% selon Toluna-Harris Interactive. Cet écart reflète une adhésion à son programme économique, axé sur la baisse de la TVA sur l'énergie et les produits de première nécessité. Sa popularité croissante est confirmée par 56% des Français qui estiment qu'elle serait une bonne présidente, en hausse de 6 points selon CNews.
Jean-Luc Mélenchon, malgré son socle électoral, ne dépasse pas 33%. Son projet de planification écologique et de bifurcation productive attire les jeunes urbains diplômés, mais inquiète les classes moyennes périurbaines et rurales. Ces clivages géographiques et sociologiques s'accompagnent d'un clivage économique : salariés du public contre travailleurs indépendants, locataires contre propriétaires.
Environ 30% des électeurs du second tour restent indécis entre les deux finalistes, selon Odoxa. L'institut avertit : « L'incertitude est grande, car une partie des électeurs est encore indécise. » Les reports de voix restent une inconnue majeure. Si Philippe est éliminé au premier tour, ses électeurs centristes se tourneront-ils vers Le Pen ou choisiront-ils l'abstention ? Les sondages n'ont pas encore précisé ces mécanismes. La primaire sociale-démocrate remportée par Raphaël Glucksmann le 13 octobre 2026 ajoute un facteur supplémentaire non inclus dans le sondage Odoxa réalisé avant cette date.
À six mois de l'élection, les Français attendent des réponses concrètes sur le pouvoir d'achat, la fiscalité et l'emploi. Les sondages d'octobre 2026 offrent une photographie électorale, pas une certitude. Ils confirment une tendance : l'économie du quotidien est désormais au cœur de l'élection présidentielle française, bien plus que les récits politiques traditionnels.
