L'inflation est remontée à 3,1% en septembre, la taxe foncière a doublé en vingt ans, et la moitié du secteur du jeu vidéo français termine l'année dans le rouge. Pendant ce temps, nos élus se disputent sur les niches fiscales des retraités. Bienvenue dans la France de 2026, où l'on discute de la couleur des rideaux pendant que la maison brûle.
3,1 %
Le taux d'inflation en France en septembre 2026, au plus haut depuis près de trois ans, selon l'INSEE — pendant que les salaires, eux, stagnent.
Quand l'État prend d'une main ce qu'il rend de l'autre
Commençons par les faits, crus et sans anesthésie. L'inflation atteint donc 3,1% sur un an en septembre 2026. Ce chiffre, publié par l'INSEE, ne tombe pas du ciel : il est en partie la conséquence directe d'une politique budgétaire qui tourne en rond depuis des années. L'État dépense trop, emprunte trop, et quand la facture devient insoutenable, c'est le portefeuille des ménages qui trinque via la hausse des prix.
Et pendant ce temps-là, que fait-on à l'Assemblée nationale ? On se bat avec acharnement pour conserver l'abattement fiscal des retraités. Pas pour réformer l'État. Pas pour tailler dans les 57% de dépenses publiques dans le PIB — un record absolu parmi les grandes économies développées. Non : on protège des niches, on ménage des électeurs, et on reporte à demain les réformes que tout le monde sait nécessaires.
Force est de constater que ce n'est pas un manque de recettes fiscales qui plombe la France. La pression fiscale y est déjà parmi les plus élevées du monde. C'est un excès chronique de dépenses que personne n'ose véritablement couper. Nos voisins allemands, eux, ont su faire le choix inverse. Friedrich Merz, à Bruxelles, réclame des coupes dans les dépenses européennes. Chez nous, Macron veut augmenter les recettes. Le symbole est édifiant.
Le jeu vidéo, miroir d'une France qui décourage les créateurs
Passons à un secteur que l'on cite peu dans les grands médias mais qui mérite toute notre attention : le jeu vidéo. La France était fière de ses studios, de ses talents, de ses licences mondiales. Elle avait même mis en place un crédit d'impôt dédié, l'un des rares outils fiscaux réellement efficaces pour attirer et retenir les créateurs sur le territoire.
Résultat en 2026 ? La moitié des entreprises françaises du secteur ont terminé l'année 2025 dans le rouge. "Impossible de dire si on a touché le fond", confie un acteur du secteur aux Échos. Ce n'est pas une crise conjoncturelle mondiale qui explique seule ce naufrage. C'est aussi le coût du travail, les charges sociales parmi les plus lourdes d'Europe, la complexité administrative qui étouffe les PME, et une réglementation qui s'accumule couche après couche comme un mille-feuille indigeste.
Je pense que ce secteur est le miroir de ce qui arrive à toute l'économie créative française : on attire les talents, puis on les décourage à coups de cotisations et de formulaires.
Le courage politique, cette denrée introuvable
La taxe foncière a quasiment doublé en vingt ans, selon Ouest-France. L'inflation grignote les salaires. Les entreprises souffrent. Et une courte majorité de Français soutient encore l'adoption du budget 2027 "malgré ses défauts", selon un sondage des Échos. "Malgré ses défauts" : voilà un aveu de résignation collective qui en dit long sur notre rapport à la dépense publique.
La Suisse, les Pays-Bas, l'Allemagne n'ont pas résolu leurs problèmes économiques avec plus d'impôts et plus de dépenses. Ils les ont résolus avec plus de rigueur, plus de liberté économique, et moins de clientélisme politique.
La France ne manque pas d'intelligence ni de talents. Elle manque de dirigeants capables de dire la vérité aux Français et d'agir en conséquence. En 2027, les électeurs auront leur mot à dire. La question est de savoir si les candidats oseront, enfin, leur proposer autre chose que le statu quo coûteux qui nous a menés là.

