Plus de 160 travailleurs des plateformes pétrolières Apache en mer du Nord déclenchent une grève de 24 heures mercredi 22 octobre, menaçant 30% de la production pétrolière du Royaume-Uni. Cette action syndicale, suivie d’une seconde grève le 4 novembre, risque de faire grimper les prix à la pompe de 5 à 8 pence par litre et d’amplifier l’inflation énergétique pour des millions de ménages britanniques et européens.
Royaume-Uni : la grève en mer du Nord menace 30% de la production pétrolière

Alors que 160 travailleurs des plateformes pétrolières d'Apache entament une grève le mercredi 22 octobre, le Royaume-Uni se prépare à faire face à une menace sur 30 % de sa production pétrolière nationale. Cette situation pourrait fortement affecter le budget des ménages britanniques et européens, d'autant plus que le prix du diesel dépasse déjà les 2 livres sterling par litre. L'arrêt du pipeline Forties pourrait transformer ce conflit salarial en une crise économique touchant des millions de foyers.
Production pétrolière réduite : quels impacts pour les ménages ?
Le pipeline Forties (FPS) transporte près d'un tiers du pétrole britannique. Dès 5 heures du matin ce mercredi, sept actifs d'Apache liés aux champs de Forties et Beryl seront à l'arrêt. D'après AOL UK, cette infrastructure alimente directement les raffineries responsables de la production de carburant pour 33 millions de véhicules britanniques. Steve Davies, représentant syndical d'Unite, a averti : « Toute action pourrait entraîner une perturbation significative du pipeline Forties, affectant gravement l'approvisionnement en carburant du Royaume-Uni. »
Face à une offre d'augmentation salariale de 4 % d'Apache, jugée insuffisante par les syndicats en raison de l'inflation, les travailleurs offshore réclament une hausse à la mesure des profits exceptionnels du secteur pétrolier. Une seconde grève est prévue le 4 novembre, augmentant la pression sur un marché déjà tendu.
Les transporteurs routiers seront les premiers touchés par une pénurie pétrolière. Les coûts d'exploitation des camions britanniques, qui transportent 89 % des marchandises, augmenteront, entraînant une hausse des prix des produits tels que les fruits, légumes et viandes. Les ménages, déjà confrontés à une inflation alimentaire, verront leurs dépenses augmenter à nouveau.
Le fioul domestique, utilisé par 1,5 million de foyers en zones rurales, est également menacé. Une baisse de 30 % de l'offre pétrolière pourrait entraîner une augmentation des factures de chauffage de 15 à 20 %.
Conséquences à la pompe : qu'attendre ?
Les experts estiment que si la grève dépasse 48 heures, le prix du carburant pourrait augmenter de 5 à 8 pence par litre. Pour un automobiliste parcourant 12 000 km par an, cela équivaudrait à un surcoût annuel de 42 à 67 livres, soit 50 à 80 euros. Avec 33 millions de véhicules concernés, l'impact économique pourrait atteindre plusieurs milliards de livres.
Bien que les stations-service disposent de stocks pour 3 à 5 jours, une interruption du pipeline Forties pourrait provoquer un achat panique, comme en septembre 2021. Bien qu'Apache assure avoir des plans de contingence, les économistes craignent un effet psychologique amplifiant la hausse des prix.
Leçons de 2022 : perspectives d'amélioration ?
La crise énergétique de 2022, exacerbée par l'invasion de l'Ukraine, avait fait grimper les prix du carburant à des niveaux records. Quatre ans après, les prix restent élevés, et la nouvelle grève d'Apache se produit dans un contexte économique fragile. L'économie britannique, déjà sous pression, dispose de peu de marges de manœuvre.
La fiscalité pétrolière, avec un taux de 78 % sur les profits exceptionnels, pousse Apache à se retirer progressivement de la mer du Nord d'ici 2029. Ce retrait réduit la capacité productive britannique, rendant le pays plus dépendant des importations et vulnérable aux fluctuations tarifaires internationales. Les prix pourraient ainsi rester élevés, même après la fin du conflit social.
Deux grèves programmées : une escalade en vue
La première grève d'Apache débutera le 22 octobre à 5 heures pour 24 heures. D'autres travailleurs, comme ceux du groupe Wood Group, ont planifié une grève de 48 heures début octobre. Une troisième grève est prévue le 3 novembre, risquant de perturber durablement la production pétrolière britannique.
Les discussions se poursuivent via le service de conciliation Acas, mais Steve Davies reste pessimiste quant à une résolution rapide : « Nous voulons que les discussions aboutissent, mais Apache n'a pas montré de volonté de résoudre le conflit. » Apache affirme de son côté que, grâce à ses plans de contingence, l'action syndicale ne devrait pas affecter la capacité des autres producteurs à continuer d'utiliser le pipeline Forties.
La situation est suivie avec inquiétude par les consommateurs britanniques et européens. Chaque jour de grève resserre l'offre, tend les marchés et alimente la spéculation. La question reste de savoir combien et pendant combien de temps les prix continueront d'augmenter.
