Booking.com : l’UE enquête sur les annonces et les commissions

Bruxelles enquête sur Booking.com : fausses annonces, faux paiements et classements favorisés par des commissions plus élevées. Quels enjeux pour les voyageurs et les hôtels ?

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By La rédaction Last modified on 22 octobre 2026 14h52
Illustration d’une plateforme de réservation hôtelière montrant une annonce mise en avant contre rémunération.
Booking.com : l’UE enquête sur les annonces et les commissions - © Economie Matin

Booking.com est dans le viseur de Bruxelles. Depuis le 21 octobre 2026, la Commission européenne examine les protections de la plateforme contre les arnaques, mais aussi la manière dont certains hébergements gagnent des places dans les résultats de recherche en contrepartie de commissions plus élevées.

Booking.com : quand une commission peut améliorer le classement d’un hôtel

La question est simple : un hôtel apparaît-il en tête parce qu’il correspond le mieux à la recherche, ou parce qu’il rémunère davantage l’intermédiaire ? Selon la Commission européenne, des hébergeurs peuvent accroître la visibilité de leur offre en acceptant une commission supérieure. Bruxelles veut déterminer si ces annonces mises en avant sont suffisamment identifiées comme des publicités.

Le Digital Services Act (DSA) impose d’informer clairement l’internaute du caractère publicitaire d’un contenu, de l’identité de son commanditaire et des raisons de son affichage. L’enjeu dépasse une simple mention à l’écran : il touche à la compréhension du classement, donc à la capacité du consommateur à comparer les offres.

Pour les hôteliers, cette pratique pose également la question de la visibilité payante sur les plateformes. Si Bruxelles établissait un défaut de transparence, Booking.com pourrait devoir adapter la présentation de ses résultats.

Fausses locations et faux paiements : le risque pour le portefeuille des voyageurs

Deux autres volets de l’enquête concernent directement les réservations. Le premier vise les annonces de logements inexistants, les usurpations d’identité et les offres d’hébergement non conformes. La Commission vérifiera si Booking.com repère correctement ces risques et retire efficacement les offres frauduleuses.

Le second cible l’hameçonnage : des escrocs peuvent chercher à obtenir des paiements frauduleux en exploitant des informations liées à une réservation. Les enquêteurs examineront le partage des données entre Booking.com et les hébergeurs, ainsi que le fonctionnement de la messagerie de la plateforme. L’objectif est de mesurer la robustesse des garde-fous, sans présumer d’une faille particulière.

Une enquête européenne, pas encore une sanction

La procédure repose sur des rapports d’évaluation des risques transmis par l’entreprise entre 2023 et 2026, ses rapports de transparence et des réponses à deux demandes officielles, datées du 23 septembre 2025 et du 26 mai 2026. Le groupe, filiale de Booking Holdings, a déclaré coopérer avec la Commission et faire de la sécurité des clients une priorité, selon Reuters.

Si des manquements au DSA étaient finalement démontrés, une amende pouvant atteindre 6 % du chiffre d’affaires annuel mondial du fournisseur serait juridiquement possible. Il s’agit d’un plafond, non d’une pénalité annoncée. Bruxelles peut aussi demander des changements ou accepter des engagements.

Pour les voyageurs, le réflexe le plus utile reste de se méfier des demandes de paiement inattendues, même lorsqu’elles semblent liées à une réservation réelle, et de vérifier leur authenticité par un canal officiel. Pour le marché, le dossier pose une question durable : la réservation en ligne peut-elle être à la fois une vitrine commerciale et un comparateur pleinement lisible ?

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