Le gouvernement envisage une revalorisation anticipée du SMIC, pendant que la dette publique française s'accélère dangereusement et que l'État pique dans les caisses de l'Unédic. Trois signaux qui, mis bout à bout, dessinent le portrait d'une France qui n'a décidément pas compris que l'addition finira par arriver.
2 milliards €
C'est la somme que l'État compte prélever dans les caisses de l'Unédic en 2027, une caisse gérée par les partenaires sociaux et financée par les cotisations des entreprises et des salariés.
Hausser le SMIC : le réflexe pavlovien qui coûte des emplois
Force est de constater que chaque fois que la France se retrouve dans une impasse politique, le réflexe est toujours le même : sortir le SMIC du chapeau. Voilà que le gouvernement étudie une revalorisation anticipée du salaire minimum. Une bonne nouvelle pour le pouvoir d'achat ? Sur le papier, oui. Dans les faits, la réalité est plus cruelle.
Chaque hausse du SMIC non justifiée par les gains de productivité se répercute mécaniquement sur les coûts des entreprises, en particulier les TPE et les PME, qui n'ont pas les reins suffisamment solides pour absorber ces chocs à répétition. Résultat : gel des embauches, recours à l'automatisation, ou pire, fermetures. Nos voisins allemands le savent bien : quand ils ont introduit leur salaire minimum en 2015, ils l'ont fait progressivement, en concertation étroite avec les partenaires sociaux et les organisations patronales, après avoir sanctuarisé leur compétitivité industrielle. La France, elle, improvise.
Je ne suis pas contre le pouvoir d'achat des Français — qui le serait ? Mais agiter le SMIC comme un hochet électoral sans réfléchir aux conséquences sur l'emploi, c'est mentir aux travailleurs qu'on prétend défendre.
L'État squatteur : il se sert dans votre frigo
L'image est savoureuse, et elle vient des syndicats eux-mêmes. Le gouvernement envisage de prélever 2 milliards d'euros dans les caisses de l'Unédic en 2027. Le mot "ponction" est policé. "Racket" serait plus juste. L'Unédic, rappelons-le, est financée par les cotisations des salariés et des employeurs. Ce n'est pas de l'argent de l'État. Ce n'est pas de l'argent du contribuable au sens large. C'est de l'argent mis de côté par les acteurs économiques pour faire face aux accidents de la vie professionnelle.
Quand l'État plonge la main dans cette tirelire parce qu'il est incapable de maîtriser ses propres dépenses, il envoie un signal désastreux : personne n'est à l'abri d'une nationalisation rampante de ses économies. Les Pays-Bas ou la Suisse, eux, ont des règles constitutionnelles strictes sur les équilibres budgétaires. En France, la règle d'or, c'est qu'il n'y a pas de règle.
La "tempête parfaite" : quand les mots commencent à ressembler à la réalité
"Tempête parfaite" : c'est l'expression qu'emploient désormais des économistes sérieux pour décrire la situation française. Croissance molle, déficit qui dérape, dette qui s'accélère, compétitivité en berne. Ajoutez à cela des velléités de hausses de SMIC non financées et des prélèvements sur des caisses paritaires, et vous obtenez la recette parfaite d'une crise à retardement.
Ce qui m'inquiète davantage encore, c'est que certains commencent à agiter l'idée d'une annulation de la dette détenue par la BCE comme si c'était une solution sérieuse. C'est une illusion dangereuse qui dispense de faire les réformes structurelles indispensables : réduction du périmètre de l'État, simplification fiscale, allègement des charges sur les entreprises.
La France n'a pas besoin d'un tour de passe-passe monétaire. Elle a besoin d'un gouvernement qui lui dise la vérité : on ne peut pas continuer à dépenser ce qu'on n'a pas. Vos enfants, eux, le savent déjà.

