Logement neuf : les promoteurs prévoient encore moins de chantiers, selon l’Insee

Les perspectives de construction de logements neufs se dégradent à nouveau en octobre 2026, selon une enquête de l’Insee publiée le 23 octobre. Les promoteurs signalent une demande plus faible et des difficultés accrues de financement chez les acheteurs, deux signaux défavorables à une reprise rapide.

Photo Jean Baptiste Giraud
By Jean-Baptiste Giraud Published on 25 octobre 2026 18h29
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Logement neuf : les promoteurs prévoient encore moins de chantiers, selon l’Insee - © Economie Matin

Le marché du logement neuf aborde la fin de 2026 avec des perspectives encore dégradées. Dans son enquête trimestrielle publiée le 23 octobre, l’Insee relève un nouveau recul des intentions de mises en chantier des promoteurs immobiliers. La demande adressée à ces professionnels se détériore elle aussi, tandis que le financement des acquéreurs apparaît plus difficile.

Le solde d’opinion sur les perspectives de mises en chantier s’établit à −27 points en octobre, contre −20 en juillet. Celui portant sur la demande de logements neufs tombe à −43 points, après −37 trois mois auparavant. Il atteint son plus bas niveau depuis deux ans.

Moins de projets envisagés, y compris dans le logement locatif

Le recul touche plusieurs segments du marché. Pour les logements destinés à la vente, le solde d’opinion sur les futurs chantiers passe de −35 à −41 points. Dans l’habitat locatif, principalement social, il redescend de +1 à −8 points. La proportion de promoteurs envisageant de lancer l’étude de nouveaux programmes avec des architectes ou des bureaux d’études s’établit à 52 %, contre une moyenne de longue période de 62 %.

Ces résultats sont des soldes d’opinion : ils mesurent l’écart entre les réponses favorables et défavorables des entreprises interrogées, et non une variation en pourcentage du nombre de logements construits. Ils renseignent sur les intentions des promoteurs avant que les décisions se traduisent éventuellement dans les statistiques de chantiers.

L’enquête a recueilli les réponses des professionnels entre le 25 septembre et le 20 octobre. L’Insee souligne que son taux de réponse est habituellement plus faible que dans la plupart de ses autres enquêtes de conjoncture auprès des entreprises.

Le financement des acheteurs pèse sur les perspectives

Les promoteurs jugent également moins favorable l’évolution des moyens de financement de leur clientèle. Le solde correspondant recule à −39 points en octobre, après −35 en juillet. Celui consacré à l’évolution récente de l’apport personnel des candidats à l’achat atteint −26 points, son niveau le plus bas depuis janvier 2015.

Cette double dégradation compte pour les ménages qui envisagent d’acheter sur plan : les promoteurs décrivent à la fois une demande moins soutenue et des conditions de financement perçues comme moins favorables. Les stocks de logements invendus, dont le solde d’opinion reste stable à −10 points, demeurent par ailleurs nettement au-dessus de leur moyenne historique de −25.

Autre évolution : le solde d’opinion sur les prix moyens des logements mis en vente tombe à −24 points, contre −15 en juillet, au plus bas depuis avril 2015. Cet indicateur traduit une perception plus défavorable de l’évolution des prix chez les promoteurs ; il ne constitue pas une mesure des prix effectivement payés par les acheteurs.

Un signal à suivre avant les prochains chiffres de construction

Les résultats détaillés de l’Insee dessinent ainsi une conjoncture où la demande, les projets de construction et le financement des clients se fragilisent simultanément. Pour le secteur, l’enjeu est désormais de savoir si ces anticipations se traduiront par une baisse supplémentaire des ouvertures de chantiers au cours des prochains mois.

Les prochaines statistiques de construction et les données sur les ventes de logements neufs permettront de confronter ce pessimisme des professionnels à l’activité réellement observée.

Photo Jean Baptiste Giraud

Jean-Baptiste Giraud est le fondateur et directeur de la rédaction d'Economie Matin.  Jean-Baptiste Giraud a commencé sa carrière comme journaliste reporter à Radio France, puis a passé neuf ans à BFM comme reporter, matinalier, chroniqueur et intervieweur. En parallèle, il était également journaliste pour TF1, où il réalisait des reportages et des programmes courts diffusés en prime-time.  En 2004, il fonde Economie Matin, qui devient le premier hebdomadaire économique français. Celui-ci atteint une diffusion de 600.000 exemplaires (OJD) en juin 2006. Un fonds economique espagnol prendra le contrôle de l'hebdomadaire en 2007. Après avoir créé dans la foulée plusieurs entreprises (Versailles Events, Versailles+, Les Editions Digitales), Jean-Baptiste Giraud a participé en 2010/2011 au lancement du pure player Atlantico, dont il est resté rédacteur en chef pendant un an. En 2012, soliicité par un investisseur pour créer un pure-player économique,  il décide de relancer EconomieMatin sur Internet  avec les investisseurs historiques du premier tour de Economie Matin, version papier.  Éditorialiste économique sur Sud Radio de 2016 à 2018, Il a également présenté le « Mag de l’Eco » sur RTL de 2016 à 2019, et « Questions au saut du lit » toujours sur RTL, jusqu’en septembre 2021.  Jean-Baptiste Giraud est également l'auteur de nombreux ouvrages, dont « Dernière crise avant l’Apocalypse », paru chez Ring en 2021, mais aussi de "Combien ça coute, combien ça rapporte" (Eyrolles), "Les grands esprits ont toujours tort", "Pourquoi les rayures ont-elles des zèbres", "Pourquoi les bois ont-ils des cerfs", "Histoires bêtes" (Editions du Moment) ou encore du " Guide des bécébranchés" (L'Archipel).

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