Le CAC 40 décroche. Les grèves s'enchaînent. Le chômage remonte à 8,3%. Ce n'est pas une coïncidence : c'est le portrait fidèle d'une France qui fait fuir les investisseurs et qui peine à se réformer. Pendant ce temps, nos voisins européens avancent. Nous, nous manifestons.
8,3%
Le taux de chômage en France en octobre 2026 — au plus haut depuis plusieurs années, malgré 200 000 à 300 000 postes non pourvus.
Le CAC 40 ne ment pas
Les indices boursiers sont comme des thermomètres. Quand ils montent, c'est souvent bon signe. Quand ils dévissent, il faut s'interroger. Or le CAC 40 est dans le rouge depuis le début de l'année 2026, et ce n'est pas un caprice de traders new-yorkais. C'est un signal que les investisseurs — français, européens, américains, asiatiques — envoient clairement : la France leur fait peur.
Pourquoi ? Parce que la situation budgétaire est catastrophique. Parce que les taux d'intérêt restent élevés, rendant la dette publique française de plus en plus coûteuse à refinancer. Parce que les violences urbaines de cet automne ont rappelé, de façon brutale, que la cohésion sociale française se fissure. Et parce que les signaux politiques envoyés par Paris depuis des mois sont ceux d'un pays incapable de se réformer.
Force est de constater que les marchés ne votent pas, ne font pas de sentiment, ne regardent pas BFM TV. Ils arbitrent. Et aujourd'hui, ils arbitrent contre la France. Quand le spread entre nos obligations souveraines et celles de l'Allemagne s'élargit, c'est que nous payons le prix de notre propre inaction. Chaque point de base supplémentaire, c'est des milliards d'euros en plus à sortir des caisses — les vôtres, celles des contribuables.
Le paradoxe absurde du marché du travail français
Voici une équation qui devrait faire honte à tous ceux qui gouvernent ce pays depuis vingt ans : 8,3% de chômage ET entre 200 000 et 300 000 emplois non pourvus. Simultanément. Dans le même pays. À la même date.
Je le répète, parce que c'est proprement sidérant : des centaines de milliers d'entreprises cherchent désespérément des salariés, et des centaines de milliers de chômeurs ne trouvent pas de travail. Ce n'est pas un problème de conjoncture. C'est un problème structurel, institutionnel, réglementaire. C'est le résultat de décennies de rigidités accumulées, de formations inadaptées, d'aides sociales parfois plus attractives financièrement que certains bas salaires, et d'une géographie économique complètement déséquilibrée.
Le directeur général de France Travail le reconnaît lui-même, ce qui mérite d'être salué. Mais reconnaître le problème ne suffit plus. Il faut avoir le courage politique de le résoudre : réformer la formation professionnelle en profondeur, revoir les conditions d'indemnisation du chômage pour renforcer les incitations au retour à l'emploi, et surtout alléger le coût du travail pour que les entreprises puissent embaucher sans se ruiner en charges.
Grèves en novembre : qui paiera l'addition ?
Le 5 novembre, les syndicats appellent à une nouvelle journée de grève. Transports, éducation, santé : les secteurs mobilisés sont, sans surprise, ceux de la fonction publique. C'est leur droit le plus strict, je ne le conteste pas. Mais je pose la question que personne ne pose jamais : qui paie ?
Les grèves dans les transports pénalisent les salariés du privé qui ne peuvent pas télétravailler. Elles paralysent les PME et les artisans qui n'ont pas de filet de sécurité. Elles coûtent des dizaines de millions d'euros à une économie déjà à genoux. Et elles renforcent, chaque fois, l'image d'un pays ingouvernable aux yeux du monde.
La France a rendez-vous avec elle-même. Soit elle choisit la réforme, la compétitivité, et l'attractivité. Soit elle choisit le statu quo, les grèves et le décrochage. Les marchés, eux, ont déjà tranché.

