La Banque d’Israël a rejeté le 24 octobre l’idée de recourir aux cryptomonnaies pour contourner d’éventuelles sanctions bancaires internationales, évoquée par Benjamin Netanyahu. Le lendemain, 109 économistes et responsables économiques ont alerté sur les risques d’un isolement financier du pays, à quelques jours des élections israéliennes.
Sanctions financières : la Banque d’Israël contredit Netanyahu sur les cryptomonnaies

Une proposition du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu sur les cryptomonnaies a provoqué une réponse inhabituelle de la banque centrale. Samedi 24 octobre 2026, la Banque d’Israël a écarté l’idée que les actifs numériques puissent constituer une voie de contournement des sanctions internationales. Dimanche, 109 économistes, dirigeants d’entreprise et anciens responsables publics ont à leur tour exprimé leurs inquiétudes.
Le différend intervient alors que le gouvernement israélien redoute un durcissement des mesures économiques prises par certains partenaires occidentaux. Il met en lumière une question centrale pour les entreprises et les établissements financiers : comment continuer à recevoir des paiements et à commercer lorsque les circuits bancaires internationaux deviennent difficiles d’accès ?
Une solution envisagée par Netanyahu, rejetée par la banque centrale
Dans un entretien diffusé vendredi 23 octobre, Benjamin Netanyahu a expliqué avoir demandé l’étude de solutions alternatives en prévision d’éventuelles sanctions visant les banques israéliennes. Interrogé sur le recours à la blockchain et aux cryptomonnaies, il a confirmé que cette piste faisait partie des possibilités examinées. Aucun dispositif opérationnel, calendrier ou actif numérique précis n’a été annoncé, selon le compte rendu de The Block publié le 23 octobre.
La réaction de la Banque d’Israël a été nette. Dans une déclaration rapportée le 24 octobre par le quotidien économique israélien Globes, l’institution estime que les cryptomonnaies ne peuvent servir à contourner des sanctions. Elle appelle les autorités à préserver les relations avec les principaux partenaires commerciaux du pays et à éviter l’aggravation des restrictions.
La distinction est importante : une transaction enregistrée sur une blockchain ne remplace pas l’ensemble des services d’une banque. Les entreprises ont besoin de convertir des devises, de financer leurs achats, de régler des fournisseurs et d’accéder à des contreparties qui restent soumises à leurs propres obligations réglementaires. L’utilisation d’un actif numérique ne supprime pas ces contraintes.
109 signataires alertent sur les entreprises et l’emploi
Dimanche 25 octobre, un collectif de 109 économistes, entrepreneurs et anciens hauts responsables, parmi lesquels l’ancien gouverneur de la banque centrale Jacob Frenkel, a publié une prise de position critique. Les signataires redoutent qu’un isolement bancaire élargi pénalise les exportateurs, les investissements étrangers et le secteur technologique israélien. Leurs prévisions décrivent les conséquences possibles de sanctions supplémentaires, et non une situation déjà réalisée.
Le contenu de cet avertissement est détaillé par Globes, le 25 octobre, et recoupé par Reuters. La controverse prend une dimension électorale : les Israéliens sont appelés à voter le mardi 27 octobre, tandis que les principaux adversaires de Netanyahu critiquent son approche économique.
Pourquoi ce débat concerne aussi les partenaires européens
La France figure parmi les pays ayant annoncé en septembre leur intention de restreindre le commerce avec les colonies israéliennes en Cisjordanie. La déclaration conjointe du 8 septembre 2026 publiée par le ministère français des Affaires étrangères porte sur les biens provenant de ces colonies. Elle ne constitue pas, à elle seule, une annonce de sanctions générales contre les banques israéliennes.
Cette distinction explique la portée économique du débat actuel. Les restrictions commerciales ciblées et l’hypothèse de sanctions touchant le système bancaire n’ont ni le même périmètre ni les mêmes effets. Pour les entreprises françaises travaillant avec des partenaires israéliens, les obligations applicables dépendent des mesures effectivement adoptées, de leur champ et des opérations concernées.
Au-delà du cas israélien, cette controverse illustre les limites pratiques d’une solution technologique présentée comme une alternative aux infrastructures financières traditionnelles. Les cryptomonnaies peuvent transférer de la valeur, mais les échanges internationaux reposent également sur l’accès aux banques, aux marchés et aux partenaires commerciaux. C’est précisément sur ce terrain que la banque centrale israélienne appelle le gouvernement à agir.
