Le prix de gros du gaz européen a atteint 97 euros par mégawattheure lundi 26 octobre, un niveau inédit depuis 2022, sur fond de tensions d’approvisionnement et de retour du froid. Pour les ménages français, le risque porte surtout sur les prochains ajustements tarifaires et les renouvellements de contrat : la cotation du jour ne modifie pas immédiatement toutes les factures.
Gaz : le cours européen atteint 97 euros le MWh, nouvelle pression sur les factures françaises

Le marché européen du gaz a franchi un nouveau seuil lundi 26 octobre 2026. Les cours de gros ont atteint 97 euros par mégawattheure, un niveau qui n’avait plus été observé depuis 2022, selon les données de marché rapportées le jour même par The Guardian. Cette nouvelle tension intervient au moment où les températures baissent et où l’Europe aborde l’hiver avec des réserves de gaz inférieures à leurs niveaux saisonniers habituels.
Pourquoi les cours remontent à l’approche de l’hiver
Les acheteurs anticipent une demande de chauffage plus importante alors que l’approvisionnement reste exposé aux tensions au Moyen-Orient. Les risques de nouvelles perturbations des flux de gaz naturel liquéfié pèsent sur les prix des cargaisons disponibles. Le marché du pétrole subit lui aussi cette incertitude : le Brent évoluait encore au-dessus de 114 dollars le baril lundi, après un pic supérieur à 117 dollars vendredi, d’après le même reportage.
Le niveau des stocks réduit les marges de manœuvre. Dans une analyse publiée le 9 octobre, Gas Infrastructure Europe indiquait que les stockages souterrains de l’Union européenne étaient remplis à 72 % au 1er octobre, environ 11 points sous leur niveau de l’année précédente. Cette donnée décrit la situation au début du mois ; les estimations de marché reprises le 26 octobre situent désormais le remplissage européen autour de 75 %, contre environ 80 % habituellement à cette période.
La combinaison d’une demande hivernale croissante et de réserves moins confortables accroît la sensibilité des prix aux aléas climatiques et géopolitiques. Le prix de gros reflète donc à la fois le gaz disponible aujourd’hui et le coût du risque pour les prochains mois.
En France, le prix de gros n’est pas le prix payé sur la facture
Pour les consommateurs français, la distinction essentielle concerne le calendrier de répercussion. Les 97 euros par MWh correspondent à une cotation sur le marché de gros européen, hors abonnement, acheminement et taxes. Ce montant ne constitue pas un nouveau tarif résidentiel.
La Commission de régulation de l’énergie (CRE) publie chaque mois un prix repère de vente du gaz destiné à aider les particuliers à comparer les offres. Pour novembre 2026, son indicateur moyen est de 194,90 euros TTC par MWh, toutes catégories de consommateurs confondues. Il intègre plusieurs composantes que la seule cotation de gros ne mesure pas.
Les contrats à prix fixe protègent leur titulaire des variations de la part fourniture pendant la période garantie, selon les conditions contractuelles. Les offres indexées sur le prix repère peuvent, elles, évoluer à l’occasion des révisions mensuelles. Pour les offres à prix de marché variable, la formule inscrite au contrat détermine la vitesse et l’ampleur de transmission. Une hausse constatée le 26 octobre ne se traduit donc pas automatiquement par la même hausse sur la prochaine facture.
Les points à regarder avant de changer d’offre
Un ménage qui compare les contrats a intérêt à examiner séparément le prix du kilowattheure, le montant de l’abonnement, la durée de garantie éventuelle et les conditions de révision. La CRE rappelle que son prix repère est un indicateur de comparaison, et non une offre commerciale à laquelle souscrire.
La vigilance concerne aussi les entreprises consommatrices de gaz, notamment celles qui doivent renouveler un contrat d’approvisionnement à court terme. Les tensions sur les marchés de gros peuvent modifier leurs conditions d’achat avant même de se répercuter dans les statistiques de prix à la consommation. L’évolution des températures, des livraisons de gaz liquéfié et des stocks européens déterminera la suite de cette séquence hivernale.