La flambée des cours du pétrole se poursuit ce jeudi 10 septembre 2026. Après le Brent, qui avait déjà dépassé la barre symbolique des 100 dollars, c’est désormais au tour du WTI américain de franchir ce seuil, sur fond de nouvelles tensions autour de l’approvisionnement mondial en brut.
Pétrole : le WTI franchit à son tour les 100 dollars le baril

À 15h14 heure de Paris, le baril de WTI s’échange à 100,22 dollars, en hausse de 4,17 dollars, soit 4,34 % sur la séance. Le Brent atteint de son côté 105,36 dollars, progressant de 4,15 dollars, soit 4,10 %.
Le passage du WTI au-dessus de 100 dollars intervient seulement un jour après celui du Brent. Mercredi, le Brent avait clôturé à 101,21 dollars, son plus haut niveau de clôture depuis le 22 mai, tandis que le WTI terminait encore la séance à 96,05 dollars.
Près de 10 % de hausse en une semaine
L’accélération des derniers jours est particulièrement spectaculaire. Le 3 septembre, soit une semaine auparavant, le Brent avait clôturé à 95,52 dollars et le WTI à 91,30 dollars.
Avec les niveaux observés ce jeudi après-midi, cela représente en seulement une semaine une progression d’environ :
- +10,3 % pour le Brent, soit 9,84 dollars supplémentaires par baril ;
- +9,8 % pour le WTI, soit une hausse de 8,92 dollars.
La progression du WTI sur la semaine est ainsi proche de 10 %, une accélération également relevée sur les marchés américains jeudi matin.
Plus de 20 % de hausse en un mois
Le mouvement apparaît encore plus impressionnant lorsqu’on élargit l’horizon à un mois. Le 10 août, le Brent avait terminé la séance à 87,72 dollars. Le WTI cotait alors autour de 82,13 dollars sur le contrat de référence. En un mois, le Brent s’est donc apprécié d’environ 20,1 %, tandis que le WTI gagne 22,0 %.
Autrement dit, un baril de Brent vaut aujourd’hui près de 18 dollars de plus qu’il y a un mois, et le WTI environ 18 dollars supplémentaires.
Reuters estime plus largement que les cours ont gagné près de 30 % depuis leur point bas du début du mois d’août, le regain des hostilités au Moyen-Orient ayant considérablement renforcé la prime de risque incorporée dans les prix.
Une progression de près de 75 % depuis le début de l’année
La comparaison avec le début de 2026 illustre encore davantage le changement de régime du marché pétrolier. Lors de la première séance de cotation de l’année, le 2 janvier, le Brent avait clôturé à 60,75 dollars. Le WTI terminait pour sa part à 57,32 dollars.
Aux cours de ce jeudi 10 septembre, cela correspond à une hausse de :
73,4 % pour le Brent depuis le début de l’année, avec un gain de 44,61 dollars par baril.
Le WTI affiche une progression encore légèrement supérieure, de 74,8 %, soit 42,90 dollars de hausse depuis le 2 janvier.
Le marché pétrolier a donc pratiquement gagné trois quarts de sa valeur en un peu plus de huit mois, même si cette progression n’a pas été linéaire et a été marquée par une volatilité exceptionnelle.
Il faut remonter au mois de mai pour retrouver de tels niveaux
Le retour au-dessus des 100 dollars ramène les deux références pétrolières sur des niveaux qui n’avaient plus été observés depuis près de quatre mois. Pour le Brent, le dernier passage autour des 105,36 dollars remonte au 22 mai 2026. Ce jour-là, le baril avait évolué entre 101,38 et 106,35 dollars, avant de clôturer à 103,54 dollars. Le WTI n’avait, lui, plus atteint son niveau actuel de 100,22 dollars depuis le 21 mai. Durant cette séance, il avait enregistré un plus haut à 102,66 dollars. Dès le lendemain, son plus haut n'était plus que de 99,43 dollars. Le marché efface ainsi une large partie du recul observé entre la fin du printemps et le début du mois d’août.
La production de l’OPEP recule
La situation géopolitique intervient alors même que l’offre disponible se contracte. Selon une enquête Reuters publiée ce jeudi, la production des onze pays membres de l’OPEP a diminué d’environ 640 000 barils par jour au mois d’août, pour tomber à 19,71 millions de barils quotidiens. Ce recul s’explique notamment par les perturbations touchant les exportations saoudiennes et iraniennes. Il est d’autant plus notable que plusieurs membres de l’OPEP+ avaient théoriquement prévu d’augmenter leur production. En parallèle, le redressement des achats chinois contribue à soutenir la demande physique de pétrole, ce qui renforce encore la pression sur un marché déjà confronté à des difficultés d’approvisionnement.
Le seuil des 100 dollars redevient une question économique majeure
Une hausse durable du pétrole se transmet progressivement aux prix des carburants, au transport, à la production industrielle et, plus largement, à l’inflation. Le retour du Brent au-dessus de 100 dollars avait déjà provoqué des tensions sur les marchés obligataires et ravivé les interrogations concernant les décisions à venir des grandes banques centrales. À court terme, le marché surveillera désormais la capacité du WTI à se maintenir au-dessus de 100 dollars et celle du Brent à consolider au-delà de 105 dollars.
Si les perturbations du détroit d’Ormuz et de la mer Rouge persistent, la prime géopolitique pourrait continuer à soutenir les prix. À l’inverse, toute amélioration significative de la circulation maritime ou détente diplomatique pourrait entraîner des prises de bénéfices rapides sur un marché qui vient de gagner environ 10 % en seulement une semaine.