La Commission européenne constate une deuxième baisse consécutive du sentiment économique en octobre 2026, à 96,9 points dans la zone euro. Les anticipations d’emploi se redressent légèrement, tandis que la consommation, les services et le commerce de détail restent sous pression.
Zone euro : la confiance économique recule à 96,9 points, les intentions d’embauche résistent

La confiance économique s’est de nouveau dégradée dans la zone euro en octobre 2026. Selon les enquêtes harmonisées publiées le 29 octobre par la Commission européenne, l’indicateur de sentiment économique (ESI) perd 0,6 point et s’établit à 96,9 points, comme dans l’ensemble de l’Union européenne. Il s’agit de son deuxième recul mensuel consécutif.
Cette mesure agrège les réponses d’entreprises et de ménages sur leur situation et leurs perspectives. Sa référence de long terme est fixée à 100 : le niveau d’octobre traduit donc un climat inférieur à sa moyenne historique. Il ne mesure ni directement la croissance du produit intérieur brut ni les ventes effectivement réalisées.
La consommation et les services pèsent sur le climat européen
Le repli concerne la plupart des secteurs interrogés. La confiance des consommateurs se détériore, les ménages se montrant plus réservés sur leurs finances et sur les achats importants. Les services, le commerce de détail et la construction enregistrent également une baisse de leurs indicateurs, tandis que l’industrie connaît une légère amélioration.
Le compte rendu de Reuters diffusé le 29 octobre précise que l’indicateur sectoriel des services passe à 5,3 points, contre 5,9 en septembre, alors que celui de l’industrie s’améliore de −3,9 à −3,4 points. Ces soldes d’opinion ne sont pas exprimés dans la même échelle que l’indicateur économique composite.
Parmi les principales économies de l’Union, les trajectoires divergent. Le sentiment se dégrade notamment aux Pays-Bas, en Allemagne et en Espagne, tandis qu’il s’améliore en Italie. En France, la variation est limitée, d’après les données comparatives de la Commission reprises dans les analyses publiées le même jour.
Les perspectives d’emploi évoluent en sens inverse
Le tableau est moins défavorable pour l’emploi. L’indicateur européen des anticipations d’embauche (EEI) gagne 0,6 point, à 98,9, et progresse de 0,7 point dans la zone euro, à 98,2 points. Il demeure néanmoins inférieur à sa moyenne de long terme.
Cette divergence mérite d’être distinguée d’une reprise effective des recrutements. Les enquêtes recueillent les intentions déclarées des employeurs, qui peuvent évoluer avant de se traduire dans les embauches. Elles suggèrent ici que le pessimisme général ne s’accompagne pas, dans les mêmes proportions, d’une détérioration des projets d’emploi.
Une pression persistante sur les décisions économiques
Les attentes de prix de vente des entreprises se renforcent dans plusieurs secteurs, alors que le niveau de confiance des ménages demeure faible. Pour les distributeurs et les prestataires de services, cette combinaison complique la lecture de la demande à venir : les entreprises anticipent des coûts et des prix plus élevés, face à des consommateurs plus prudents.
La nouvelle livraison européenne intervient après la publication par l’Insee d’indicateurs français d’octobre montrant un climat des affaires à 98 points, légèrement supérieur à celui de septembre, mais toujours sous sa référence de long terme. Les deux enquêtes utilisent des méthodes et des périmètres différents ; leurs niveaux ne se comparent pas directement.
La Commission publiera sa prochaine estimation rapide de la confiance des consommateurs le 20 novembre. Elle permettra de vérifier si le recul des anticipations des ménages se prolonge à l’entrée de l’hiver.