Décarbonation : le Trésor appelle à doubler les investissements bas carbone d’ici 2030

Une étude de la direction générale du Trésor publiée le 29 octobre estime que la France doit accélérer fortement ses investissements bas carbone pour tenir sa trajectoire climatique. Elle distingue les normes, les prêts et garanties et les aides ciblées selon les obstacles financiers rencontrés par les entreprises et les ménages.

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By Published on 29 octobre 2026 19h37
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Décarbonation : le Trésor appelle à doubler les investissements bas carbone d’ici 2030 - © Economie Matin

La direction générale du Trésor estime que la France devra accélérer ses investissements bas carbone et réduire d’au moins un tiers ses investissements carbonés pour respecter ses objectifs climatiques à l’horizon 2030. Dans une étude Trésor-Éco publiée le 29 octobre 2026, ses économistes précisent les conditions de financement de cette transformation, entre réglementation, crédit et soutiens publics.

Les investissements bas carbone représentaient 102 milliards d’euros en 2024, contre 107 milliards d’euros pour les investissements carbonés. Le Trésor juge nécessaire de porter les premiers à un niveau proche du double d’ici 2030 et de diminuer les seconds d’au moins un tiers. Ces montants décrivent des investissements dans l’ensemble de l’économie, publics et privés, et non des crédits budgétaires que l’État aurait déjà engagés.

Un rythme de réduction des émissions à accélérer

La France a réduit ses émissions territoriales de gaz à effet de serre de 33 % entre 1990 et 2024, selon le Trésor. Pour atteindre une baisse de 50 % en 2030 par rapport à 1990, le rythme annuel moyen de diminution devrait atteindre environ 5 % entre 2026 et 2030, contre 2,5 % en moyenne sur 2024 et 2025. Cette comparaison mesure l’ampleur de l’effort supplémentaire, et non une prévision de réduction déjà acquise.

L’objectif de 2030 figure dans la troisième Stratégie nationale bas-carbone (SNBC 3), adoptée en juillet. La stratégie fixe également des budgets carbone et des orientations sectorielles. L’étude du Trésor examine plus précisément les moyens économiques nécessaires pour rendre cette trajectoire réalisable.

Normes, garanties ou subventions : des instruments selon les obstacles

Les auteurs distinguent trois situations. Lorsque les acteurs disposent des ressources nécessaires pour investir, les normes et les signaux de prix peuvent orienter leurs décisions. Lorsque le projet est pertinent mais que l’accès au crédit constitue le frein principal, les prêts et les garanties sont privilégiés. Enfin, des aides ciblées peuvent être nécessaires lorsque les capacités de financement restent insuffisantes.

Cette approche met l’accent sur le diagnostic des obstacles, financiers ou non, avant le choix de l’intervention publique. Elle concerne notamment les investissements de décarbonation des entreprises, la rénovation des bâtiments et l’électrification des usages, dont les coûts initiaux et les horizons de rentabilité diffèrent.

Un financement qui dépend largement du secteur privé

La stratégie pluriannuelle de financement de la transition écologique publiée le 9 octobre évaluait à près de 82 milliards d’euros par an l’augmentation des investissements bas carbone nécessaire d’ici 2030 par rapport à 2024. Elle rappelait aussi que le secteur privé représente environ 80 % de l’investissement total en France : la transition ne peut donc reposer sur le seul budget de l’État.

Le Trésor relie enfin la décarbonation à la souveraineté énergétique, en soulignant qu’une moindre dépendance aux combustibles fossiles importés peut réduire l’exposition de l’économie française aux chocs d’approvisionnement. La stratégie de financement publiée en octobre évaluait à 46 milliards d’euros la contribution des importations d’énergies fossiles au déficit commercial français en 2025. L’enjeu est désormais de faire converger les décisions d’investissement des entreprises, des ménages et des pouvoirs publics avec la trajectoire climatique déjà adoptée.

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La Fédération des centres de gestion agréés (FCGA) regroupe près de 300 000 petites entreprises (TPE) et 103 Centres de Gestion Agréés (CGA). 50 % des TPE imposées au BIC sont adhérentes à un CGA.

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