États-Unis : attestation sanitaire obligatoire dès le 3 novembre

Dès le 3 novembre 2026, tous les passagers des vols internationaux vers les États-Unis devront présenter une attestation certifiant leur absence de présence en République démocratique du Congo durant les 21 jours précédents.

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By La rédaction Published on 30 octobre 2026 8h29
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États-Unis : attestation sanitaire obligatoire dès le 3 novembre - © Economie Matin
450 EUROSLe coût d'un vol aller-retour France–États-Unis varie en moyenne entre 450 et 750 euros

À partir du 3 novembre 2026, aucun passager ne pourra embarquer pour les États-Unis sans avoir signé une attestation certifiant son absence de présence en République démocratique du Congo au cours des 21 jours précédents. Cette nouvelle obligation, décidée par les Centers for Disease Control and Prevention (CDC), promet de compliquer les procédures d'embarquement et pourrait générer des surcoûts pour l'industrie aérienne mondiale. Face à l'épidémie d'Ebola qui frappe la RDC depuis mai 2026, avec 10.060 personnes infectées et 4.887 décès recensés au 27 octobre, Washington impose une mesure radicale qui inquiète autant les voyageurs que les compagnies.

À partir du 3 novembre : une attestation devient obligatoire

La directive entre en vigueur le 3 novembre 2026 à 23h59, heure de la côte Est américaine, soit le 4 novembre à 5h59, heure de Paris. Chaque passager doit désormais remplir un formulaire déclarant sur l'honneur qu'il n'a pas séjourné en République démocratique du Congo durant les 21 jours précédant son vol. Ce délai correspond à la période maximale d'incubation du virus Ebola, qui sévit actuellement sous sa forme Bundibugyo, pour laquelle aucun vaccin ni traitement homologué n'existe.

Qui est concerné exactement ?

La mesure s'applique sans exception à tous les passagers des vols internationaux, quelle que soit leur nationalité ou leur pays de départ. Même une simple correspondance dans un aéroport congolais, sans quitter la zone internationale, est considérée comme une présence en RDC. Les compagnies aériennes reçoivent la responsabilité de vérifier la possession et la signature du document avant l'embarquement. Sans cette attestation, l'accès à bord sera refusé, sans possibilité de remboursement ni de report garanti. Le Figaro rapporte que cette obligation universelle concerne aussi bien les voyageurs d'affaires que les touristes.

Quel est le coût réel de cette mesure pour les voyageurs ?

Au-delà du formulaire gratuit, les voyageurs devront anticiper des délais d'enregistrement allongés. Les aéroports risquent de connaître des engorgements, particulièrement durant les premières semaines d'application. Les passagers arrivant tardivement sans attestation remplie se verront refuser l'embarquement, perdant ainsi le montant de leur billet. Les compagnies aériennes, tenues de conserver ces documents pendant 42 jours minimum après l'arrivée du vol, devront également adapter leurs systèmes de gestion, un coût qui pourrait se répercuter sur les tarifs. L'Association internationale du transport aérien (IATA) estime que ces modifications structurelles représentent un investissement conséquent pour l'ensemble du secteur.

Comment remplir l'attestation : mode d'emploi pratique

Le formulaire exige des informations basiques : nom, prénom, date de naissance, numéro de passeport, numéro de vol et signature manuscrite ou électronique. La déclaration centrale porte sur l'absence de séjour en République démocratique du Congo durant les 21 jours précédant le voyage. Selon les autorités consulaires françaises à New York, le document peut être téléchargé sur le site du CDC ou fourni directement par la compagnie aérienne lors de l'enregistrement en ligne.

Format papier ou numérique : les deux options

Les voyageurs ont le choix entre une version imprimée et signée manuellement, ou un formulaire numérique complété sur smartphone ou tablette. Chaque compagnie aérienne détermine les modalités acceptées sur ses vols. Air France et Delta Airlines privilégient le format numérique intégré à leurs applications mobiles, tandis que d'autres transporteurs maintiennent le papier. Les passagers doivent vérifier auprès de leur compagnie avant le départ pour éviter toute mauvaise surprise au comptoir d'enregistrement.

Les pièges à éviter lors du remplissage

La fausse déclaration constitue un délit fédéral américain passible de cinq ans d'emprisonnement en vertu du 18 U.S.C. § 1001. Les juristes spécialisés en droit des transports insistent sur la gravité des sanctions. Un voyageur ayant transité par Kinshasa, même brièvement, doit cocher la case indiquant sa présence en RDC, sous peine de poursuites criminelles. L'oubli de signature, une date erronée ou des informations incohérentes avec le passeport entraînent également un refus d'embarquement immédiat.

L'impact sur les compagnies aériennes

L'IATA dénonce une mesure disproportionnée imposée avec un délai irréaliste. « Il est déraisonnable que le gouvernement américain exige de toutes les compagnies aériennes desservant le marché américain qu'elles modifient leurs procédures afin de permettre la collecte d'attestations auprès de chaque passager (et membre d'équipage) se rendant aux États-Unis dans moins de deux semaines », affirme l'organisation dans un communiqué officiel. Les systèmes informatiques mondiaux de réservation doivent intégrer cette nouvelle exigence en urgence, mobilisant des équipes techniques et générant des coûts imprévus.

Entre l'annonce de fin octobre et l'entrée en vigueur du 3 novembre, les compagnies disposent de moins de deux semaines pour adapter leurs infrastructures. « Les modifications à apporter aux systèmes d'enregistrement, aux signatures numériques, aux procédures aéroportuaires et à la formation ne peuvent pas être mises en œuvre facilement dans le délai imparti », poursuit l'IATA. Les transporteurs régionaux et les compagnies low-cost, disposant de moyens techniques limités, risquent des difficultés opérationnelles majeures durant les premières semaines. L'aviation d'affaires est également concernée, avec des jets privés devant appliquer la même procédure.

Risques de surcoûts et de retards aux aéroports

La vérification manuelle des attestations par le personnel au sol rallonge mécaniquement le temps d'enregistrement. Les aéroports européens et asiatiques, principaux points de départ vers les États-Unis, anticipent des files d'attente prolongées. Les compagnies devront embaucher du personnel temporaire ou réaffecter des effectifs, augmentant leurs charges d'exploitation. Ces coûts additionnels, estimés à plusieurs millions d'euros pour les grands transporteurs internationaux, pourraient se traduire par une hausse des tarifs ou des frais de dossier spécifiques. L'IATA souligne également l'incohérence de la mesure, appliquée uniquement aux vols aériens alors que les transports terrestres et maritimes échappent à cette obligation.

Que risquez-vous en cas de non-respect ?

Le refus d'embarquement constitue la sanction immédiate. Aucune compagnie aérienne ne peut déroger à cette règle fédérale américaine, sous peine de sanctions financières lourdes et de suspension de ses autorisations de vol vers les États-Unis. Pour le voyageur, la perte du billet s'accompagne de l'impossibilité de poursuivre son voyage, avec des conséquences professionnelles ou personnelles potentiellement graves. Les assurances annulation classiques ne couvrent généralement pas ce type de refus lié au non-respect des formalités administratives. En cas de fausse déclaration découverte à l'arrivée sur le sol américain, les autorités sanitaires peuvent placer le voyageur en quarantaine et engager des poursuites pénales fédérales, avec des peines allant jusqu'à cinq ans d'emprisonnement. La mesure, prévue jusqu'au 18 décembre 2026, pourrait être prolongée selon l'évolution de l'épidémie en République démocratique du Congo.

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