L'INSEE l'a confirmé cette semaine : le PIB français a reculé de 0,1% au troisième trimestre 2026. La récession frappe à notre porte. Et que font nos députés en réponse à cette urgence ? Ils votent 48 milliards d'euros de dépenses supplémentaires et de nouvelles taxes sur les grandes entreprises. Bienvenue dans le monde à l'envers.
48 milliards €
C'est le montant des dépenses supplémentaires votées par les députés en commission des finances dans le cadre du budget 2027, alors que l'économie française est en contraction.
L'économie recule, le Parlement dépense
Force est de constater qu'il existe à l'Assemblée nationale une forme de déconnexion totale avec la réalité économique du pays. Cette semaine, pendant que l'INSEE annonçait un recul surprise du PIB au troisième trimestre, les députés, eux, s'activaient avec une générosité confondante : 48 milliards d'euros de dépenses supplémentaires votées en commission des finances, des enveloppes "écologie" élargies sans compter, et des amendements de la gauche taxant davantage les grandes entreprises — adoptés contre l'avis même du gouvernement.
Ce n'est pas de la politique économique, c'est du somnambulisme budgétaire.
Je veux bien entendre que ces amendements sont "à relativiser", comme s'y emploient certains commentateurs, parce que le budget final sera différent. Mais le signal politique, lui, est réel. Il dit aux entreprises françaises, aux investisseurs étrangers, aux chefs d'entreprise qui hésitent à embaucher : en France, quand ça va mal, on tape dans la caisse des entreprises. Réflexe pavlovien, immuable, et dévastateur.
Roland Lescure, le président de la commission des Affaires économiques, a eu le mérite de dire tout haut ce que beaucoup pensent tout bas : "L'économie française est à l'arrêt et ira dans le mur" sans redressement budgétaire sérieux. Que cet avertissement vienne d'un élu, c'est déjà remarquable. Qu'il soit ignoré par ses propres collègues l'instant d'après, c'est édifiant.
Le remède qui aggrave la maladie
Taxer les grandes entreprises quand la croissance recule, c'est exactement le genre de politique qui transforme un rhume en pneumonie. Les grandes entreprises, ce sont aussi des chaînes de sous-traitance, des PME qui travaillent pour elles, des emplois indirects par dizaines de milliers. Quand Total, Sanofi ou Stellantis voient leur facture fiscale s'alourdir, ce n'est pas l'actionnaire qui trinque en premier — c'est le fournisseur breton ou normand qu'on presse un peu plus fort.
Regardons nos voisins. L'Allemagne, malgré ses propres difficultés structurelles, a engagé une réforme de sa fiscalité des entreprises pour rester compétitive. Les Pays-Bas ont consolidé leur attractivité pour les sièges sociaux européens. La Suisse, elle, affiche un taux d'imposition des sociétés autour de 15% qui attire les talents et les capitaux comme un aimant. Et nous ? Nous débattons sérieusement d'ajouter une couche fiscale supplémentaire sur nos champions nationaux dans un moment de contraction économique.
J'appelle cela une faute. Une faute économique, documentée, prévisible, et pourtant répétée avec une constance qui laisse sans voix.
La récession n'attend pas les débats parlementaires
Deux trimestres consécutifs de recul du PIB, et c'est officiellement la récession. Nous en sommes à un. L'horloge tourne. Dans ce contexte, chaque euro de taxe supplémentaire votée à l'Assemblée est une erreur stratégique. Chaque milliard de dépense publique non financée est une dette que nos enfants porteront.
Je ne demande pas à nos élus de faire de la magie. Je leur demande simplement d'ouvrir les yeux sur ce que toute l'histoire économique contemporaine nous enseigne : on ne taxe pas un pays pour le sortir de la récession. On le libère.
La question n'est plus de savoir si la France peut se permettre une réforme courageuse de ses dépenses publiques. La vraie question, c'est : peut-elle encore se permettre de ne pas le faire ?

