Récession et nouvelles taxes : la France court au désastre

Photo Jean Baptiste Giraud
By Jean-Baptiste Giraud
Récession et nouvelles taxes : la France court au désastre
Récession et nouvelles taxes : la France court au désastre - © Economie Matin

Le PIB recule, l'économie est à l'arrêt, et que font nos députés ? Ils votent 48 milliards d'euros de dépenses supplémentaires et de nouvelles taxes sur les entreprises. Bienvenue en France, le seul pays au monde qui accélère quand il voit le mur.

-0,1 %

Recul du PIB français au troisième trimestre 2026, selon l'INSEE — deuxième trimestre consécutif de stagnation ou de repli.

Le diagnostic est posé, mais le malade refuse le traitement

Les chiffres sont tombés cette semaine sans que personne ne semble vraiment s'en émouvoir. L'INSEE confirme un recul de 0,1 % du PIB au troisième trimestre 2026. Techniquement, deux trimestres consécutifs de contraction, c'est la définition d'une récession. Nous y sommes, ou nous en sommes à quelques encablures. Roland Lescure lui-même, pourtant pas connu pour son goût de l'alarmisme, lâche que « l'économie française est à l'arrêt » et qu'elle « ira dans le mur » sans redressement budgétaire. Fort bien. Mais pendant que les commentateurs s'alarment, que se passe-t-il au Palais-Bourbon ?

Les députés, dans leur sagesse collective, votent 48 milliards d'euros de dépenses supplémentaires en commission des finances. Quarante-huit milliards. Généreusement dépensés, refus catégorique des économies proposées, déficit creusé avec entrain. Ce n'est pas une politique budgétaire, c'est une thérapie de groupe où tout le monde se félicite de sa propre générosité avec l'argent des autres.

Force est de constater que nous avons atteint un niveau de déni collectif assez remarquable. On diagnostique le mal, on en décrit les symptômes avec précision, et on prescrit exactement le contraire du remède.

Taxer les entreprises en récession : le grand classique français

Comme si cela ne suffisait pas, nos parlementaires de gauche ont profité du budget 2027 pour voter de nouvelles taxes sur les grandes entreprises. Contre l'avis du gouvernement, certes, ce qui tempère légèrement l'impact réel de ces amendements. Mais le signal envoyé, lui, est parfaitement clair : en France, quand l'économie va mal, on tape sur ceux qui produisent.

Je pose la question simplement : en Allemagne, aux Pays-Bas ou en Suisse, quand la croissance recule, est-ce qu'on convoque les chefs d'entreprise pour leur annoncer de nouvelles contributions ? La réponse est non. On réduit les charges, on simplifie les procédures, on accélère les investissements publics ciblés. On fait exactement l'inverse de ce que nous faisons.

La compétitivité française n'est pas une abstraction théorique. C'est la capacité concrète d'une entreprise à embaucher, à investir, à exporter. Chaque nouvelle taxe, même symbolique, envoie un message aux investisseurs étrangers : circulez, il n'y a rien à voir ici. Et ils circulent, effectivement. Les introductions en Bourse américaines progressent de 7,4 % en 2026. Pendant ce temps, Paris regarde passer les trains.

La seule question qui vaille : jusqu'où peut-on tomber ?

Je ne suis pas nihiliste. La France a des atouts réels — une infrastructure solide, des ingénieurs excellents, une position géographique enviable. Mais ces atouts ne résistent pas indéfiniment à l'accumulation de mauvaises décisions politiques.

La trajectoire actuelle est documentée, chiffrée, indiscutable : dépenses en hausse, recettes fragilisées, croissance en berne, dette qui s'alourdit. À un moment, les marchés financiers décideront à notre place, comme ils l'ont fait avec la Grèce, avec l'Italie en 2011. Ce jour-là, les 48 milliards de générosités votées cette semaine seront à rembourser, avec intérêts, par les contribuables et les entreprises que l'on taxe déjà à l'os.

La vraie question n'est plus de savoir si la France peut éviter la récession. Elle est de savoir si nos élus ont encore le courage politique de dire la vérité à leurs électeurs : on ne peut pas tout promettre, tout dépenser et tout taxer en même temps. Pas indéfiniment.

Photo Jean Baptiste Giraud

Jean-Baptiste Giraud est le fondateur et directeur de la rédaction d'Economie Matin.  Jean-Baptiste Giraud a commencé sa carrière comme journaliste reporter à Radio France, puis a passé neuf ans à BFM comme reporter, matinalier, chroniqueur et intervieweur. En parallèle, il était également journaliste pour TF1, où il réalisait des reportages et des programmes courts diffusés en prime-time.  En 2004, il fonde Economie Matin, qui devient le premier hebdomadaire économique français. Celui-ci atteint une diffusion de 600.000 exemplaires (OJD) en juin 2006. Un fonds economique espagnol prendra le contrôle de l'hebdomadaire en 2007. Après avoir créé dans la foulée plusieurs entreprises (Versailles Events, Versailles+, Les Editions Digitales), Jean-Baptiste Giraud a participé en 2010/2011 au lancement du pure player Atlantico, dont il est resté rédacteur en chef pendant un an. En 2012, soliicité par un investisseur pour créer un pure-player économique,  il décide de relancer EconomieMatin sur Internet  avec les investisseurs historiques du premier tour de Economie Matin, version papier.  Éditorialiste économique sur Sud Radio de 2016 à 2018, Il a également présenté le « Mag de l’Eco » sur RTL de 2016 à 2019, et « Questions au saut du lit » toujours sur RTL, jusqu’en septembre 2021.  Jean-Baptiste Giraud est également l'auteur de nombreux ouvrages, dont « Dernière crise avant l’Apocalypse », paru chez Ring en 2021, mais aussi de "Combien ça coute, combien ça rapporte" (Eyrolles), "Les grands esprits ont toujours tort", "Pourquoi les rayures ont-elles des zèbres", "Pourquoi les bois ont-ils des cerfs", "Histoires bêtes" (Editions du Moment) ou encore du " Guide des bécébranchés" (L'Archipel).

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