Galp : après l’échec du rapprochement avec Moeve, le Portugal envisage de renforcer sa participation

Lisbonne étudie la possibilité d’accroître sa participation dans Galp, actuellement proche de 8 %, après l’abandon du projet de rapprochement avec l’espagnol Moeve. Au cœur des discussions : le contrôle de la raffinerie de Sines, infrastructure stratégique pour l’approvisionnement énergétique portugais.

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By Published on 1 novembre 2026 14h50
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Galp : après l’échec du rapprochement avec Moeve, le Portugal envisage de renforcer sa participation - © Economie Matin

Le Portugal pourrait accroître son poids dans Galp. Le ministre de l’Économie Manuel Castro Almeida n’a pas exclu, dimanche 1er novembre, une augmentation de la participation publique dans le groupe énergétique, après l’échec des négociations entre Galp et l’espagnol Moeve. Cette possibilité, rapportée par Reuters, reste à l’étude : aucune acquisition supplémentaire ni calendrier n’ont été annoncés.

L’État portugais détient actuellement environ 8 % du capital de Galp, notamment par l’intermédiaire de la holding publique Parpública. La question de sa place au capital prend une dimension particulière parce que Galp exploite à Sines la seule raffinerie encore en activité au Portugal.

Pourquoi le rapprochement entre Galp et Moeve a échoué

Le 26 octobre, Galp a officiellement annoncé la fin des négociations engagées avec les actionnaires de Moeve. Les discussions, ouvertes après un accord non contraignant présenté le 8 janvier, n’ont pas débouché sur un compromis satisfaisant pour les parties.

Le projet devait rapprocher les activités de raffinage, de chimie, de distribution de carburants et de mobilité des deux groupes. Il prévoyait deux ensembles distincts : une plateforme industrielle réunissant notamment la raffinerie portugaise de Sines et les raffineries espagnoles de Huelva et d’Algésiras, et une plateforme commerciale rassemblant environ 3 500 stations-service, principalement dans la péninsule Ibérique.

Les installations de raffinage concernées représentaient ensemble une capacité proche de 700 000 barils par jour. Mais la forte volatilité des marges de raffinage, sur fond de perturbations énergétiques liées à la guerre impliquant l’Iran, a compliqué l’évaluation des actifs, selon les informations recueillies par Reuters le 26 octobre. Galp assure que la rupture des discussions ne modifie pas ses opérations courantes.

La raffinerie de Sines au centre des choix de Lisbonne

Pour le gouvernement portugais, l’enjeu dépasse la valorisation boursière d’un groupe coté. Sines constitue un maillon essentiel de la chaîne nationale d’approvisionnement en produits pétroliers. Dans le montage envisagé avec Moeve, Galp aurait conservé une participation minoritaire dans la nouvelle société industrielle, tandis que les actionnaires de Moeve auraient détenu la majorité.

Les autorités portugaises avaient déjà exprimé leurs préoccupations au sujet de cette évolution. Début octobre, le média économique portugais ECO rapportait que Manuel Castro Almeida souhaitait préserver le caractère stratégique de Sines, tout en reconnaissant la nature privée de l'opération alors envisagée.

Après l’abandon du rapprochement, le ministre laisse désormais ouverte la piste d’un renforcement de la participation publique. Il s’agit d’une option politique et financière, non d’une nationalisation décidée. Son éventuelle mise en œuvre dépendrait des modalités retenues, du coût d’acquisition et des décisions des autorités compétentes.

Lisbonne a parallèlement renforcé sa présence au capital de REN, l’opérateur portugais des réseaux énergétiques. Ce mouvement éclaire l’intérêt croissant du gouvernement pour les infrastructures jugées stratégiques, sans préjuger de la décision qui sera prise sur Galp.

Un dossier à suivre pour les marchés énergétiques européens

La question intéresse aussi les entreprises françaises qui suivent le raffinage, la distribution de carburants et les investissements énergétiques en Europe. L’opération avortée aurait constitué un rapprochement industriel majeur dans la péninsule Ibérique, à un moment où les marges de raffinage et la sécurité d’approvisionnement influencent les stratégies des groupes pétroliers.

La France et le Portugal participent au même marché européen de l’énergie, mais les circuits d’approvisionnement, les infrastructures et les contrats restent spécifiques à chaque pays. À ce stade, aucune conséquence chiffrée sur les prix des carburants en France ne peut être attribuée à la réflexion du gouvernement portugais.

Galp entend poursuivre de manière autonome ses activités de raffinage et de distribution, ainsi que ses projets de transition énergétique à Sines, notamment dans l’hydrogène renouvelable et les biocarburants avancés. Le prochain élément déterminant sera une éventuelle décision de Lisbonne sur le niveau et les modalités de sa participation dans l’entreprise.

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