Le Royaume-Uni félicité par le FMI, l'Europe résiliente, et la France à contre-courant. Ce n'est pas une mauvaise passe conjoncturelle : c'est le résultat mécanique de décennies de mauvais choix économiques. Il est temps d'arrêter de faire semblant de ne pas voir le problème.
-0,4 %
L'écart de croissance entre la France et la moyenne européenne au troisième trimestre 2026, selon les premières estimations.
---
Le Royaume-Uni nous donne une leçon que personne ne veut entendre
Force est de constater que l'actualité économique de ce week-end tient en une image brutale : pendant que le FMI félicite le Royaume-Uni pour la résistance de son économie — croissance revue à la hausse, chômage en baisse, déficit qui se résorbe — la France, elle, navigue à contre-courant d'une Europe pourtant résiliente. Ce n'est pas une simple anecdote de tableau de bord. C'est un signal d'alarme que nos dirigeants s'obstinent à ignorer.
Rappelons le contexte. Le Royaume-Uni, que l'on nous avait présenté comme le grand perdant du Brexit, en condamné à l'insignifiance économique, redresse la tête. Comment ? Pas par miracle. Par des choix concrets : réduction du déficit public, maîtrise de la dépense, politique de compétitivité assumée. On peut débattre des méthodes, discuter des effets sociaux — c'est légitime. Mais les résultats sont là, chiffrés, vérifiés, salués par les institutions internationales.
Pendant ce temps, en France, on continue d'empiler les dispositifs, les guichets, les subventions, les niches et les contre-niches. La dépense publique française représente désormais plus de 57 % du PIB — un record mondial dans les grandes économies. Je ne dis pas que dépenser est toujours mauvais. Je dis qu'à ce niveau-là, sans résultats probants sur l'emploi ou la croissance, la question de l'efficacité devient incontournable.
La France : championne de la dépense, lanterne rouge de la croissance
Il y a quelque chose d'intellectuellement honnête à reconnaître que notre modèle ne délivre plus. Non pas parce qu'il serait fondamentalement mauvais dans ses intentions — qui peut être contre la protection sociale ou l'investissement public ? — mais parce qu'il est devenu si lourd, si complexe, si coûteux à financer qu'il étouffe la croissance qu'il est censé soutenir.
Les entrepreneurs que je rencontre ne se plaignent pas d'un manque d'aides ou de dispositifs. Ils se plaignent de ne plus savoir à quel saint se vouer entre les formulaires, les délais, les normes contradictoires et les charges qui grimpent à chaque budget. Un chef d'entreprise allemand ou néerlandais consacre en moyenne deux fois moins de temps aux obligations administratives que son homologue français. Deux fois. C'est du temps perdu, de l'énergie gaspillée, de la compétitivité qui part à la poubelle.
Et pendant ce temps, nos voisins avancent. L'Allemagne restructure douloureusement son industrie. Les Pays-Bas maintiennent une pression fiscale sur les entreprises bien inférieure à la nôtre. La Suisse affiche un excédent budgétaire. Ce ne sont pas des pays qui ont renoncé à protéger leurs citoyens. Ce sont des pays qui ont compris qu'on ne peut redistribuer que ce qu'on a d'abord créé.
Arrêtons le déni, commençons les réformes
Je ne demande pas l'impossible. Je ne réclame pas une révolution libérale du jour au lendemain. Je demande simplement qu'on cesse de traiter la compétitivité comme un gros mot, la réduction de la dépense publique comme une idéologie d'extrême droite, et la simplification administrative comme un dossier de seconde zone.
La France a des atouts réels : une démographie meilleure qu'en Allemagne, des ingénieurs de premier plan, des entreprises innovantes. Mais ces atouts s'épuisent à force d'être alourdis par un État qui veut tout contrôler et tout financer sans jamais se demander ce que ça rapporte vraiment.
Le décrochage d'aujourd'hui n'est pas une fatalité. C'est un choix. Le changer aussi.

