France décrochée : quand l’Europe avance et nous reculons

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By Jean-Baptiste Giraud
France décrochée : quand l'Europe avance et nous reculons
France décrochée : quand l'Europe avance et nous reculons - © Economie Matin

Le Royaume-Uni félicité par le FMI, l'Europe résiliente, et la France à contre-courant. Ce n'est pas une mauvaise passe conjoncturelle : c'est le résultat mécanique de décennies de mauvais choix économiques. Il est temps d'arrêter de faire semblant de ne pas voir le problème.

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L'écart de croissance entre la France et la moyenne européenne au troisième trimestre 2026, selon les premières estimations.

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Le Royaume-Uni nous donne une leçon que personne ne veut entendre

Force est de constater que l'actualité économique de ce week-end tient en une image brutale : pendant que le FMI félicite le Royaume-Uni pour la résistance de son économie — croissance revue à la hausse, chômage en baisse, déficit qui se résorbe — la France, elle, navigue à contre-courant d'une Europe pourtant résiliente. Ce n'est pas une simple anecdote de tableau de bord. C'est un signal d'alarme que nos dirigeants s'obstinent à ignorer.

Rappelons le contexte. Le Royaume-Uni, que l'on nous avait présenté comme le grand perdant du Brexit, en condamné à l'insignifiance économique, redresse la tête. Comment ? Pas par miracle. Par des choix concrets : réduction du déficit public, maîtrise de la dépense, politique de compétitivité assumée. On peut débattre des méthodes, discuter des effets sociaux — c'est légitime. Mais les résultats sont là, chiffrés, vérifiés, salués par les institutions internationales.

Pendant ce temps, en France, on continue d'empiler les dispositifs, les guichets, les subventions, les niches et les contre-niches. La dépense publique française représente désormais plus de 57 % du PIB — un record mondial dans les grandes économies. Je ne dis pas que dépenser est toujours mauvais. Je dis qu'à ce niveau-là, sans résultats probants sur l'emploi ou la croissance, la question de l'efficacité devient incontournable.

La France : championne de la dépense, lanterne rouge de la croissance

Il y a quelque chose d'intellectuellement honnête à reconnaître que notre modèle ne délivre plus. Non pas parce qu'il serait fondamentalement mauvais dans ses intentions — qui peut être contre la protection sociale ou l'investissement public ? — mais parce qu'il est devenu si lourd, si complexe, si coûteux à financer qu'il étouffe la croissance qu'il est censé soutenir.

Les entrepreneurs que je rencontre ne se plaignent pas d'un manque d'aides ou de dispositifs. Ils se plaignent de ne plus savoir à quel saint se vouer entre les formulaires, les délais, les normes contradictoires et les charges qui grimpent à chaque budget. Un chef d'entreprise allemand ou néerlandais consacre en moyenne deux fois moins de temps aux obligations administratives que son homologue français. Deux fois. C'est du temps perdu, de l'énergie gaspillée, de la compétitivité qui part à la poubelle.

Et pendant ce temps, nos voisins avancent. L'Allemagne restructure douloureusement son industrie. Les Pays-Bas maintiennent une pression fiscale sur les entreprises bien inférieure à la nôtre. La Suisse affiche un excédent budgétaire. Ce ne sont pas des pays qui ont renoncé à protéger leurs citoyens. Ce sont des pays qui ont compris qu'on ne peut redistribuer que ce qu'on a d'abord créé.

Arrêtons le déni, commençons les réformes

Je ne demande pas l'impossible. Je ne réclame pas une révolution libérale du jour au lendemain. Je demande simplement qu'on cesse de traiter la compétitivité comme un gros mot, la réduction de la dépense publique comme une idéologie d'extrême droite, et la simplification administrative comme un dossier de seconde zone.

La France a des atouts réels : une démographie meilleure qu'en Allemagne, des ingénieurs de premier plan, des entreprises innovantes. Mais ces atouts s'épuisent à force d'être alourdis par un État qui veut tout contrôler et tout financer sans jamais se demander ce que ça rapporte vraiment.

Le décrochage d'aujourd'hui n'est pas une fatalité. C'est un choix. Le changer aussi.

Photo Jean Baptiste Giraud

Jean-Baptiste Giraud est le fondateur et directeur de la rédaction d'Economie Matin.  Jean-Baptiste Giraud a commencé sa carrière comme journaliste reporter à Radio France, puis a passé neuf ans à BFM comme reporter, matinalier, chroniqueur et intervieweur. En parallèle, il était également journaliste pour TF1, où il réalisait des reportages et des programmes courts diffusés en prime-time.  En 2004, il fonde Economie Matin, qui devient le premier hebdomadaire économique français. Celui-ci atteint une diffusion de 600.000 exemplaires (OJD) en juin 2006. Un fonds economique espagnol prendra le contrôle de l'hebdomadaire en 2007. Après avoir créé dans la foulée plusieurs entreprises (Versailles Events, Versailles+, Les Editions Digitales), Jean-Baptiste Giraud a participé en 2010/2011 au lancement du pure player Atlantico, dont il est resté rédacteur en chef pendant un an. En 2012, soliicité par un investisseur pour créer un pure-player économique,  il décide de relancer EconomieMatin sur Internet  avec les investisseurs historiques du premier tour de Economie Matin, version papier.  Éditorialiste économique sur Sud Radio de 2016 à 2018, Il a également présenté le « Mag de l’Eco » sur RTL de 2016 à 2019, et « Questions au saut du lit » toujours sur RTL, jusqu’en septembre 2021.  Jean-Baptiste Giraud est également l'auteur de nombreux ouvrages, dont « Dernière crise avant l’Apocalypse », paru chez Ring en 2021, mais aussi de "Combien ça coute, combien ça rapporte" (Eyrolles), "Les grands esprits ont toujours tort", "Pourquoi les rayures ont-elles des zèbres", "Pourquoi les bois ont-ils des cerfs", "Histoires bêtes" (Editions du Moment) ou encore du " Guide des bécébranchés" (L'Archipel).

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