Au Bangladesh, des manifestations pour une forte hausse des salaires ont entraîné la fermeture de 529 usines de confection, selon les industriels cités par Reuters. Le gouvernement a annoncé le 1er novembre une commission chargée de revoir les rémunérations, dans un secteur qui fournit une part importante des vêtements importés par l’Union européenne.
Bangladesh : 529 usines textiles fermées, un choc salarial surveillé par les enseignes européennes

Au Bangladesh, des manifestations pour une forte hausse des salaires ont entraîné la fermeture de 529 usines de confection, selon les industriels cités par Reuters. Le gouvernement a annoncé le 1er novembre une commission chargée de revoir les rémunérations, dans un secteur qui fournit une part importante des vêtements importés par l’Union européenne.
La crise salariale dans l’industrie textile bangladaise prend une dimension économique majeure. Dimanche 1er novembre 2026, les autorités ont annoncé la création d’une commission des salaires alors que des milliers de salariés manifestaient dans plusieurs zones industrielles, notamment à Dacca et Gazipur. D’après Reuters, citant l’association des fabricants et exportateurs de vêtements du Bangladesh, 529 usines avaient fermé dans le contexte de ces troubles, affectant temporairement près de 987 200 travailleurs.
Les salariés mobilisés réclament un salaire minimum mensuel de 30 000 takas, contre 12 500 takas actuellement. Cette demande représente une hausse de 140 %. Elle est motivée, selon les manifestants, par la progression des dépenses de logement, d’alimentation et de transport. Il s’agit à ce stade d’une revendication, et non d’un nouveau salaire légal adopté.
Une commission des salaires annoncée le 1er novembre
Le ministre du Travail, Ariful Haque Choudhury, a annoncé la constitution d’un organe de six membres chargé d’examiner les rémunérations dans le secteur de l’habillement. L’agence de presse nationale bangladaise BSS détaille sa composition, qui associe notamment des représentants des salariés, des employeurs et des personnalités désignées pour conduire les travaux.
Cette annonce n’a pas immédiatement mis fin aux mobilisations. Des blocages de routes et des affrontements avec les forces de l’ordre ont été signalés dans les zones de production. Le gouvernement appelle à la reprise du travail, tandis que les représentants des fabricants jugent la hausse réclamée difficile à absorber dans un secteur soumis à une forte concurrence internationale et à des coûts de production élevés.
La décision du 1er novembre ouvre donc une négociation. Le niveau de rémunération qui pourrait en sortir, son calendrier d’application et la reprise complète de la production restent à déterminer.
Pourquoi les distributeurs européens sont concernés
Le Bangladesh est l’un des grands centres mondiaux de confection de vêtements pour l’exportation. Selon les données Eurostat reprises par le quotidien économique bangladais The Daily Star, ses ventes d’habillement vers l’Union européenne ont atteint 19,41 milliards d’euros en 2025. Le pays représentait alors 21,57 % des importations européennes de vêtements et occupait la deuxième place des fournisseurs du marché européen derrière la Chine.
Cette dépendance commerciale explique pourquoi une perturbation prolongée des usines bangladaises intéresse les acheteurs et distributeurs opérant en France. Des arrêts de production peuvent décaler les calendriers de fabrication et de livraison des commandes passées par des enseignes internationales. Le ministre bangladais du Travail a lui-même averti, selon Reuters, qu’une crise durable pourrait retarder les expéditions et les paiements des clients étrangers.
À ce stade, aucune hausse générale des prix des vêtements en France n’est établie par ces annonces. Les conséquences dépendront de la durée des fermetures, des stocks disponibles, de la répartition des commandes entre fournisseurs et des accords commerciaux propres à chaque enseigne.
Entre pouvoir d’achat des ouvriers et prix de production
Le conflit met en évidence une tension structurelle de la chaîne mondiale de l’habillement : les ouvriers réclament une rémunération permettant de suivre le coût de la vie, tandis que les industriels invoquent la pression sur les marges et la concurrence entre pays producteurs. Reuters rappelle que le secteur emploie environ quatre millions de personnes et représente plus de 80 % des recettes d’exportation du Bangladesh.
Pour les entreprises françaises qui s’approvisionnent directement ou indirectement dans ce pays, les deux indicateurs à suivre sont désormais l’activité effective des usines et l’issue de la commission salariale. Les décisions prises à Dacca auront une portée au-delà du Bangladesh, dans un marché européen où l’habillement importé occupe une place considérable.