Retraite par capitalisation : la solution existante du PER

Lancé en octobre 2019, le Plan d’épargne retraite (PER) représente 150,4 milliards d’euros d’encours et compte 13 millions de titulaires. Cette solution d’épargne retraite offre flexibilité, avantages fiscaux et plusieurs possibilités de sortie adaptées à chaque situation personnelle.

Patrick Prugnaud Nb 1
By Patrick Prugnaud Published on 3 novembre 2026 5h19
Retraites : le Haut-commissariat au Plan envisage trois à quatre années de cotisation supplémentaires d’ici 2050. Quels enjeux pour les actifs ? ChatGPT
Retraites : le Haut-commissariat au Plan envisage trois à quatre années de cotisation supplémentaires d’ici 2050. Quels enjeux pour les actifs ? ChatGPT - © Economie Matin

Lancé en octobre 2019, le Plan d'épargne retraite fête aujourd'hui ses six ans. Alors que le financement des retraites fait l'objet de nombreuses interrogations, le Plan d'épargne retraite (PER) constitue déjà un dispositif d'épargne par capitalisation.

Un placement flexible associé à un avantage fiscal

Selon les dernières données publiées par la Direction générale du Trésor, les encours totaux (PER individuel, PER collectif, PER obligatoire) représentaient 150,4 milliards d'euros au 31 décembre 2025 et comptaient près de 13 millions de titulaires. Des chiffres qui témoignent de l'intérêt croissant pour cette nouvelle solution d'épargne retraite.

Si ce placement trouve donc son public, cet intérêt s'explique, notamment, par ses multiples points forts, à savoir sa flexibilité et son intérêt fiscal. Ainsi, outre la possibilité de déduire les versements de son revenu imposable (dans la limite du plafond indiqué sur son avis d'imposition), il est possible de l'abonder régulièrement. Versements mensuels, réguliers ou ponctuels - avec la possibilité de les arrêter ou de les reprendre à tout moment - toutes les combinaisons sont possibles avec un horizon d'investissement long, la retraite.

En outre, il n'est pas obligatoire de fermer son PER au moment de la retraite. Il peut continuer à être alimenté, même si depuis le 1er janvier 2026 (article 9 de la loi n°2026-103 du 19 février 2026), les versements réalisés après 70 ans ne sont plus déductibles fiscalement.

Le choix de la sortie en fonction de sa situation

Déblocage anticipé, sortie en rente ou en capital, transmission, etc. : il existe plusieurs façons d'utiliser les fonds épargnés. Tout d'abord, même si l'objectif d'investissement est la retraite, contrairement à ce que l'on pourrait croire, les fonds ne sont pas bloqués jusqu'à la cessation définitive de son activité professionnelle. Il existe des cas de déblocage anticipé comme l'achat de la résidence principale, l'invalidité, le décès du partenaire, etc. A noter, cependant qu'une sortie de fonds anticipée pour l'achat de la résidence principale ne permet pas d'éviter l'imposition sur les revenus de sortie des primes versées.

Ainsi, à l'heure de la retraite, trois possibilités co-existent donc : la sortie en rente, en capital ou une combinaison des deux, ce qui permettra de profiter pleinement du sursis d'imposition obtenu.

Le PER est notamment particulièrement intéressant pour les contribuables les plus imposés et dont la tranche marginale d'imposition (TMI) est amenée à s'abaisser à la retraite. Les sommes versées pendant la période d'activité n'obtiennent, en effet, qu'un sursis d'imposition, puisqu'elles seront imposables (sur les revenus) lors de leur sortie du Plan, en capital ou en rente. C'est pourquoi il pourra être fiscalement plus intéressant de sortir en rente ou via des versements échelonnés si l'option « capital » est retenue.

Réinvestir l'économie d'impôt pour profiter pleinement de l'avantage fiscal

En outre, pour que le PER soit réellement plus efficace qu'une assurance-vie, lorsque cela est possible, investir l'économie fiscale offerte par le PER est une idée judicieuse. Ces fonds supplémentaires placés permettront d'accroître son épargne... ce que ne permet pas une assurance-vie ordinaire.

Enfin, pour le PER assurantiel, il est possible de désigner un ou plusieurs bénéficiaires. Ainsi, en cas de décès du détenteur du PER avant la clôture du plan, les règles fiscales de transmission s'apparentent à celle de l'assurance-vie. A noter que dans ce cas de figure, c'est l'âge et non la date de souscription du contrat qui détermine la fiscalité de transmission. Cependant, en cas de sortie pour cause de décès de l'assuré, les primes versées ne sont pas soumises à l'impôt sur le revenu ce qui peut rendre la sortie pour cause de décès pas forcément moins avantageuse fiscalement qu'une assurance-vie.

Patrick Prugnaud Nb 1

ingénieur patrimonial à la Financière d'Uzès

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